JULIETTE GRÉCO

septembre 28, 2020

Cette semaine on pleure la disparition de la grande dame de la chanson française, Juliette Gréco. La chanteuse iconique est morte à l’âge de 93 ans.

L’incarnation musicale du mouvement existentialiste chantait depuis 70 ans. Elle a fait plusieurs tournées mondiales et, aussi incroyable que ça puisse paraître, sa dernière apparition sur scène était en mai 2017.

Vêtue de noir, avec ses mains expressives, son expression attendrissante et sa grosse voix, elle était immédiatement reconnaissable. « Ce dos, cette façon de bouger, je crois que je les reconnaîtrais n’importe où dans le monde » a dit Miles Davis qui l’a aimée mais qui ne l’a jamais épousée pour lui épargner le racisme inévitable de son Amérique natale.

Impossible de ne pas se livrer à du name-dropping en parlant de cette muse du Saint-Germain-des-Prés de l’après-guerre, l’interprète inoubliable de Brel, Gainsbourg, Vian, Prévert, Aznavour et bien d’autres. Selon Sartre “Gréco a des millions dans la gorge, des millions de poèmes qui ne sont pas encore écrits, on en écrira quelques-uns ». La chanteuse qui figure dans “Les Chemins de la Liberté” était basée sur Gréco.

Pendant les années 90, elle était présidente de l’association SOS Saint-Germain-des-Prés, le quartier, a-t-elle déclaré, qui l’avait rendue “commercialisable”.

Pour écouter Jolie Môme, une de ses chansons les plus célèbres, écrite par Léo Ferré: https://www.youtube.com/watch?v=8N-zGVcsW24

JULIETTE GRÉCO

This week we’re mourning the death of the great lady of French song, Juliette Gréco. The iconic singer has died aged 93.

The musical incarnation of the existentialist movement had been singing for 70 years. She made several world tours and, incredible as it may seem, her last stage appearance was in May 2017.

Dressed in black, with her expressive hands, her tender expression and her deep voice, she was immediately recognisable. “That back, that way of moving, I think I’d know them anywhere in the world” said Miles Davis who loved her but never married her in order to spare her the inevitable racism of his native America.

Impossible not to indulge in name-dropping when talking about this muse of post-war Saint-Germain-des-Prés, the unforgettable singer of Brel, Gainsbourg, Vian, Prévert, Aznavour and many others. According to Sartre, “Gréco has millions in her throat, millions of poems which haven’t yet been written, we’ll write some of them”. The singer who featured in his “The Roads to Freedom” was based on Gréco.

In the 90s, she was president of the SOS Saint-Germain-des-Prés preservation association, the district, she declared, which had made her “marketable”.

To listen to “Jôlie Mome” (Pretty Girl), one of her most famous songs, written by Léo Ferré:

Pour écouter Jolie Môme, une de ses chansons les plus célèbres, écrite par Léo Ferré: https://www.youtube.com/watch?v=8N-zGVcsW24


PANAME

avril 11, 2016

Un seul sujet a tenu les manchettes ces derniers jours: les Panama Papers.Tandis que les médias britanniques se concentrent, on le comprend, sur l’implication de David Cameron dans l’affaire, ce sont les activités des proches de Marine Le Pen et le patrimoine de son père qui intéressent les journalistes français, ainsi que la découverte de l’identité du propriétaire d’un Modigliani qui aurait été spolié pendant la seconde Guerre Mondiale. Aussi, il paraît que la plupart des milliers de français impliqués sont des citoyens lambda.

Le mot Paname évoque aussi le scandale du XIXe siècle, c’est-à-dire l’affaire de corruption liée à la construction du canal du Panama. Là aussi, plusieurs hommes politiques et industriels étaient impliqués et des centaines de milliers de petits investisseurs ont été ruinés.

Paname c’est aussi un surnom familier de Paris et sa banlieue. Au début du XXe siècle, les Parisiens se sont engoués pour les chapeaux de paille ‘panama’, mis en vogue par les travailleurs qui creusaient le canal américain. Porté à l’origine pour se protéger du soleil, le panama est devenu un symbole d’élégance et synonyme de la capitale.

Paname est aussi le titre d’une chanson de Léo Ferré, un des titres les plus célèbres de son album du même nom.

Pour une courte vidéo (2:50) qui vous explique très clairement l’affaire:

http://www.lemonde.fr/panama-papers/article/2016/04/04/evasion-fiscale-si-vous-n-avez-rien-suivi-aux-panama-papers_4895259_4890278.html

 

 

PANAMA

There’s been only one subject hitting the headlines over the last few days: the Panama Papers. Whereas the British media are concentrating, understandably, on David Cameron’s involvement, it’s the activities of people close to Marine Le Pen and her father’s holdings which are of interest to French journalists, along with the identification of the owner of a Modigliani said to have been stolen during the second World War. Also, apparently most of the thousands of French people implicated are ordinary citizens.

The word ‘Panama’ also brings to mind the scandal of the 19th century, i.e. the corruption linked with the construction of the Panama Canal. There too, politicians and industrialists were involved and hundreds of thousands of small investors were ruined.

‘Paname’ is also a familiar nickname for Paris and its suburbs. In the early 20th century, there was a craze amongst Parisians for panama straw hats, made fashionable by the workers who were digging the American canal. Originally worn as protection against the sun, the panama became a symbol of elegance and synonymous with the capital.

Paname is also the title of a song by Léo Ferré, one of the most famous tracks on his album of the same name.

For a short video (2:50) which explains the affair very clearly:

http://www.lemonde.fr/panama-papers/article/2016/04/04/evasion-fiscale-si-vous-n-avez-rien-suivi-aux-panama-papers_4895259_4890278.html