MARIÉS À LA MAIRIE DU XIIIe

mai 15, 2017

Cette expression date de l’époque où Paris ne comptait que douze arrondissements. Si un couple vivait en union libre, c’est-à-dire sans être marié, on disait qu’ils étaient mariés à la mairie du XIIIe qui, bien sûr, n’existait pas. À noter que, en 1860 à l’époque d’Haussmann, le nombre d’arrondissements a passé à vingt, donc la formule a perdu quelque peu son sens.

Mais de nos jours, quels mots emploient les Français pour décrire cette situation familiale? Si on cherche dans le dictionnaire le terme qui convient le mieux, on finit par tourner en rond. On trouve diversement petit ami, copain, concubin, époux, compagnon, pacsé, union libre, cohabitation et j’en passe.

Pourtant le nombre de couples qui vivent ensemble sans être mariés ne cesse de croître. Vivre en couple sous le même toit est toujours à la mode, mais le mariage n’est plus la référence absolue. Selon l’INSEE*, en 2015 deux adultes sur trois étaient en couple, dont 73% mariés, 4% pacsés et 23% en union libre. La monoparentalité n’est pas la règle mais elle devient de plus en plus ‘normale’.

Pour moi, la désignation compagnon ou compagne est la plus juste et résume en quelque sorte la nature de ces relations de couple, bien que ça semble quand même peu romantique. Qu’en pensez-vous? Quel mot préférez-vous, en anglais ou en français?

*Institut national de la statistique et des études économiques – équivalent à l’ONS (Office for National Statistics) britannique

MARRIED AT THE TOWN HALL IN THE 13th ARRONDISSEMNT

This expression dates from the time when Paris only had twelve arrondissements. If a couple were living together, i.e. without being married, people said that they had married at the town hall in the 13th which, of course, didn’t exist. Note that, in 1860 in Haussmann’s time, the number of arrondissements went up to twenty, so the saying lost its meaning somewhat.

But these days, what words do the French use to describe this marital status? If you look in the dictionary for the most suitable term, you end up going round in circles. You find variously petit ami, copain, concubin, époux, compagnon, pacsé, union libre, cohabitation (boyfriend, common law husband, husband, partner, civil partner, free union, cohabitation) and more.

And yet the number of couples living together outside marriage continues to rise. Living as a couple under the same roof is still fashionable, but marriage is no longer the benchmark. According to INSEE*, in 2015 two out of three adults were in a couple, 73% were married, 4% had civil partners and 23% were cohabiting. Single parenthood is not the norm, but is becoming more and more ‘normal’.

For me, the word compagnon (for a man) or compagne (for a woman) is the most apt and somehow summarises the nature of this couple relationship, even though it doesn’t seem very romantic. What do you think? Which word do you like best, in English or French?

*INSEE – National Institute for Statistics and Economic Studies – equivalent to the British Office for National Statistics

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LA BIÈVRE, UNE RIVIERE SECRÈTE

janvier 30, 2017

Tout le monde connaît la Seine, corps et âme de Paris, grand artère commercial, culturel et touristique. Peut-être avez-vous déjà prix un voyage en bateau-mouche pour mieux apprécier cette rivière bien-aimée? Mais saviez-vous que sa soeur cadette, la Bièvre, coulait en plein coeur de Paris jusqu’à son bannissement sous terre?

La Bièvre prend sa source dans les Yvelines et rejoint la Seine à la gare d’Austerlitz. Ce cours d’eau autrefois vibrant, qui tient son nom des castors qui habitaient ses bords (du Gallois bebros) était victime de l’industrialisation du centre de Paris. La rivière a été divisée en deux: son cours naturel a été nommé le bras mort et le cours construit par l’homme le bras vif.

Des bouchers, des tanneurs, des blanchisseurs, des bottiers, des meuniers, des fabricants de textiles et j’en passe l’ont traité de dépotoir, à tel point qu’elle est devenue un risque pour la santé. C’est notre cher vieux Baron Haussmann (voir mon article dans l’archive sous la rubrique Paris en date du 16 mai 2016), qui a fini par décider que la partie Parisienne de la Bièvre devait disparaître. Aujourd’hui elle fait partie des égouts de la capitale.

Mais la rivière a toujours ses défenseurs, notamment les Lézarts de la Bièvre, une association d’artistes qui s’organisent autour de la rivière cachée et s’installent dans des ateliers du quartier. Des plaques commémoratives enfoncées dans le trottoir rappellent le tracé des deux bras.

À propos, quelle est la différence entre une rivière et un fleuve? Il paraît qu’un fleuve se jette toujours dans la mer et est souvent de taille importante.

Des tanneries le long de la Bièvre à la fin du 19e siècle

Tanneries alongside the Bièvre at the end of the 19th century

THE BIÈVRE, A SECRET RIVER

Everybody knows the Seine, the heart and soul of Paris, the big commercial, cultural and tourist artery. Maybe you’ve been on a boat-ride in a ‘bateau-mouche’ (pleasure boat) to get a better view of this beloved river. But did you know that its younger sister, la Bièvre, flowed right through the heart of Paris until it was banished underground?

The Bièvre rises in the Yvelines and joins up with the Seine at the Gare d’Austerlitz. This previously vibrant waterway, which gets its name from the beavers who used to live in its banks (from the Gallic bebros), was the victim of the industrialisation of the centre of Paris. The river was divided into two: its natural course was called the ‘dead arm’ and the manmade course the ‘living arm’.

Butchers, tanners, launderers, shoemakers, millers, textile makers and many more besides treated it as a dumping ground, to the extent that it became a health hazard. It was dear old Baron Haussmann (see my article in the archive under the ‘Paris’ heading, dated 16 May 2016), who ended up deciding that the Parisian section of the river had to disappear. Nowadays it is part of the Paris sewage system.

But the river still has its advocates, notably the ‘Lézarts de la Bièvre’, a group of artists who are organising themselves in the area of the hidden river and setting up in workshops in the district. Commemorative plaques sunk into the pavement show you the route of the two ‘arms’.

By the way, what’s the difference between ‘une rivière’ and ‘un fleuve’? Apparently, ‘un fleuve’ always flows into the sea and is often of significant size.


HAUSSMANN: VANDALE OU URBANISTE DE GÉNIE?

mai 16, 2016

Nommé préfet de la Seine à Paris en 1853, le Baron Georges-Eugène Haussmann s’est mis à exécuter les projets de Louis Napoléon pour le nouveau Paris, inspiré par l’exil de l’Empereur à Londres (1836-40). En l’espace de seize ans, Haussmann a réussi à bouleverser plus de la moitié de la ville, détruisant les quartiers populaires dont la population était en croissance inexorable, malgré l’épidémie de choléra de 1832.

Haussmann a fait polémique jusqu’à nos jours. On l’accuse d’ingénierie sociale, d’être obsédé par la ligne droite, d’avoir littéralement mis Paris sens dessus dessous. Si vous aimez flâner sur les Grands Boulevards (à l’instar d’Yves Montand), sachez qu’ils ne sont pas tous attribuables à l’origine à Haussmann, mais ses rénovations au milieu du XIXe siècle les ont souvent amenés en plein coeur de Paris.

À la place des quartiers où les riches côtoyaient les pauvres, Haussmann a créé des arrondissements riches et d’autres beaucoup moins, les soi-disant quartiers populaires. Mais chaque quartier avait maintenant son square et la ville tout entière bénéficiait d’un vrai système d’égouts. Pour la première fois, des aqueducs amenaient de l’eau potable des réservoirs à la ville et les rues étaient dotées de lampadaires, de kiosques à journaux et kiosques à musique, et de grilles en fer, les ancêtres peut-être des entrées art nouveau de beaucoup de stations de métro.

Haussmann était sans aucun doute le “père” du métropole moderne qu’on connaît aujourd’hui et qu’on aime avec tous ses petits défauts.

Voir mon article Le Métro Parisien du 26 mai 2015 dans l’archive. Beaucoup d’autres articles sur Paris sous la rubrique Paris.

Boulevard Haussmann bordé de bâtiments typiquement Haussmann

HAUSSMANN: VANDAL OR BRILLIANT TOWN PLANNER?

Appointed as Seine prefect in Paris in 1853, Baron Georges-Eugène Haussmann began to carry out Louis Napoléon’s plans for “the new Paris”, inspired by the Emperor’s exile in London (1836-40). In the space of sixteen years, Haussmann succeeded in making radical changes to more than half the town, destroying the working class areas whose population was inexorably rising, despite the cholera epidemic of 1832.

Haussmann has been controversial and still is today. He’s accused of social engineering, of being obsessed with straight lines, of having literally turned Paris upside down. If you like strolling down the large boulevards (following Yves Montand’s example), note that they are not all originally attributable to Haussmann, but his renovations in the middle of the nineteenth century often brought them right into the heart of Paris.

In place of the parts of town where the rich rubbed shoulders with the poor, Haussmann created rich districts and others which were a lot less so, the so-called “quartiers populaires”. But each district now had its public garden and the whole town benefitted from a proper sewage system. For the first time, aqueducts brought drinking water from reservoirs into the town and the streets were endowed with lampposts, newspaper stands, bandstands and iron railings, perhaps the forerunners of the “art nouveau” entrances to underground stations.

Hausmann was without any doubt the “father” of the modern metropolis which we know today and which we love, warts and all.

See my article “The Paris Métro” dated 26 May 2015 in the archive. Lots of other articles on Paris under the heading “Paris”.


LES ARRONDISSEMENTS DE PARIS

novembre 22, 2013

L’organisation de Paris en les vingt arrondissements que l’on connaît aujourd’hui date de 1860. Un arrondissement est une division administrative, chapeautée par un maire élu. Les arrondissements numérotés de 1 à 20 forment une spirale partant du centre. On dit souvent que ça ressemble à un escargot.Chaque numéro évoque sa propre ambiance. Par exemple, on associe Paris 16e à l’ouest de la ville aux immeubles de grand standing et à ses citoyens typiquement bourgeois et riches. Par contre, les moins aisés se rassemblent plutôt dans les arrondissements du nord-est, les 18e, 19e et 20e . Paris 11e est très branché avec ses magasins bio, ses réparateurs de vélo et ses ateliers d’artistes.

Au moment de la création des arrondissements originaux en 1795, il n’y en avait que douze. Mais à l’époque des grands travaux de Haussmann, la ville s’est agrandie et on a réorganisé l’administration. Le premier schéma a donné le numéro 13 à l’actuel 16e, mais les bourgeois se sont plaints. Pourquoi ? Quand il n’y avait que douze arrondissements, on utilisait la phrase ‘mariés à la mairie du 13e’ pour les couples qui vivaient ensemble sans être mariés, puisque la mairie du 13e n’existait pas ! Le schéma de l’escargot a donné le numéro 13 à un quartier populaire du sud-est de la ville où on trouve aujourd’hui beaucoup de restos et de magasins asiatiques et chinois.

On a beaucoup parlé du Grand Paris, une initiative de Sarko pour élargir la ville de Paris et la relier à ses banlieues, mais il paraît que ça arrive à la vitesse d’un escargot.

Arrondissements of Paris

Arrondissements de Paris (Photo credit: Wikipedia)

THE DISTRICTS OF PARIS

The organisation of Paris into the twenty districts we know today took place in 1860. An ‘arrondissement’ is an administrative district, led by an elected mayor. The districts numbered 1 to 20 form a spiral from the centre. It’s often said that this looks like a snail.

Each number has its own atmosphere. For example, Paris 16e in the west of the city is associated with luxury blocks of flats and its bourgeois, rich citizens. On the other hand, the less well-off gather in the north-east districts numbered 18, 19 and 20. Paris 11e is very trendy with its organic shops, bike repairers and artists workshops.

When the original ‘arrondissements’ were created in 1795, there were only twelve of them. But at the time of Haussmann’s big building projects, the town grew bigger and the administration was reorganised. The first plan gave the number 13 to the current 16, but the ‘bourgeois’ complained. Why?When there were only 12 ‘arrondissements’, people talked about being ‘married at the town hall in the 13th’ for couples who lived together without being married, since the town hall of the 13th didn’t exist! The snail-shaped plan gave the number 13 to a working-class district in the south-east of the town where today you find a lot of Asian and Chinese restaurants and shops.

There’s been a lot of talk about ‘Big Paris’, an initiative of ex-President Sarkozy aimed at enlarging the town of Paris and linking it up with its suburbs, but it seems that this is happening at a snail’s pace.