LE BEAUJOLAIS NOUVEAU: COUP DE PUB PAR EXCELLENCE

novembre 12, 2018

Le troisième jeudi du mois de novembre, c’est la date du « déblocage » du Beaujolais nouveau à laquelle les vignerons font la course pour expédier leurs vins partout dans le monde. Ça vous étonnera peut-être mais, en dehors de la France, c’est le Japon qui consomme le plus de Beaujolais nouveau. À cause du décalage horaire, les Japonais peuvent déguster la nouvelle récolte avant même les Français.

C’est un vin de primeur fait à partir du cépage Gamay. La méthode de vinification donne naissance à un vin peu tannique aux arômes fruités. Mais le lancement médiatique est hors de toute proportion avec la qualité assez basse du vin qui se conserve mal et ne mérite pas tout le brouhaha. Pour citer la formule célèbre du chanteur Eddy Mitchell: «les bonnes années, il nettoie le carrelage, les mauvaises, il le raye» .

Le grand lancement du Beaujolais nouveau a commencé en 1975 quand un député de la région a convaincu l’Assemblée nationale de baptiser le nouveau millésime avec, comme parrains, Georges Brassens et Mireille Mathieu. Un énorme coup de pub qui continue d’aller de succès en succès.

Un moment de convivialité au début de l’hiver, d’accord, mais à quoi ça sert d’inonder le monde entier d’un vin qui, si ce n’est pas exactement du pinard, n’est certainement pas un des grands crus pour lesquels la France est connue, et à juste titre ? La commercialisation de masse a bien des comptes à rendre.

BEAUJOLAIS NOUVEAU : A BRILLIANT PUBLICITY STUNT

The third Thursday in November is the date when the Beaujolais nouveau is « unblocked » and winemakers race to send their wines all over the world. You may be surprised to learn that, outside of France, Japan is the largest consumer of Beaujolais nouveau. Because of the time difference, the Japanese are able to taste the new vintage even ahead of the French.

It’s an early wine made from the Gamay grape. The winemaking process gives rise to a low-tannin wine with a fruity flavour. But the media launch is out of all proportion to the fairly low quality of the wine which doesn’t keep well and isn’t worthy of all the fuss. As the singer Eddy Mitchell famously said : « in good years, it’s OK to clean the floor with, in bad years, it scratches it ».

The big publicity drive for Beaujolais nouveau began in 1975 when one of the region’s members of parliament persuaded the Assemblée nationale (French parliament) to christen the new vintage, with Georges Brassens and Mireille Mathieu as godparents. A huge publicity stunt which continues to go from strength to strength.

A convivial occasion at the start of winter, fine, but what’s the point of flooding the whole world with a wine which, if it isn’t exactly plonk, is definitely not one of the vintage wines for which France is famous and justifiably so ? Mass marketing has a lot to answer for.

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MADAME LE PRÉSIDENT

novembre 7, 2014

Comment devrait-on s’adresser à la Socialiste Sandrine Mazetier quand elle préside l’Assemblée Nationale ?

Au début octobre, le député UMP Julien Aubert a continué à l’adresser comme Madame le Président (au lieu de Madame la Présidente), malgré un rappel de l’inacceptabilité de cette forme d’adresse. Le coupable s’est défendu en rappelant que l’Académie Française s’oppose à la féminisation des professions et a tranché en faveur du titre Madame le Président. Claude Bartolone, Président de l’Assemblée, a déclaré que ce n’est pas l’Académie Française qui est responsable des règles de l’Assemblée et le provocateur Aubert a écopé d’une amende à hauteur de 1378 euros.

Ça ressemble à la polémique autour de la désignation de ‘chairperson’ en anglais. En France, certains métiers ont des versions masculines et féminines qui sont bien d’usage dans la langue courante : instituteur/institutrice, directeur/directrice, acteur/actrice, gérant/   gérante… Mais l’Académie Française s’oppose à la féminisation des titres professionnels.

Les arguments des académiciens (et académiciennes !) sont d’abord linguistiques : le masculin en français est l’équivalent du neutre, et ensuite politiques et sociologiques :  les femmes accèdent de plus en plus  à des positions de responsabilité et  il est important, pour l’égalité hommes/femmes, de ne pas marquer le genre du titulaire.

Il me semble que cette affaire n’est au fond qu’une tempête dans un verre d’eau. L’Assemblée Nationale n’a-t-elle pas d’autres chats à fouetter ?

 

HEMICYCLE 2

L’hémicycle de l’Assemblée Nationale

MADAME LE PRÉSIDENT

How should you address the Socialist Sandrine Mazetier when she’s chairing the National Assembly (Parliament)?

At the beginning of October, the UMP MP Julien Aubert kept on calling her Madame le Président (instead of  Madame la Présidente), despite being reminded that this form of address was unacceptable. The culprit defended himself by pointing out that the Académie Française is opposed to the feminisation of job titles and favours the title Madame le Président. Claude Bartolone, chairman of the Assembly, stated that the Académie Française isn’t in charge of the rules of the Assembly and the controversial Aubert got fined to the tune of 1378 euros.

This is like the controversy surrounding the designation ‘chairperson’ in English. In France, some professions have masculine and feminine versions which are in common usage: instituteur/institutrice (teacher), directeur/directrice (director), acteur/actrice (actor/actress), gérant/gérante (manager/manageress). But the Académie Française is opposed to the feminisation of professional titles.

The arguments of academy members (male and female!) are firstly linguistic: in French the masculine gender is equivalent to the neuter, and then political and sociological: women are gaining positions of responsibility more and more often and  it’s important, for gender equality, not to emphasise the gender of the incumbent.

It seems to me that this affair is basically nothing more than a storm  in a teacup. Hasn’t the National Assembly got other fish to fry?