SUR LES TOITS DE PARIS

décembre 2, 2019

Non, je ne parle pas du célèbre film de René Clair, pionnier en 1930 du genre de la comédie musicale, qui s’appelait Sous les toits de Paris, ni des bars branchés que l’on trouve perchés tout en haut de divers bâtiments parisiens.

Il s’agit en effet d’Agripolis, le nouveau maraîcher par excellence, qui a pris la devise Mangeons local en Île de France à la lettre.

Dans le XVe arrondissement, au sud-ouest de Paris, en haut d’un centre d’expositions, Agripolis est probablement la plus grande exploitation agricole urbaine de l’Europe. En haute saison, on compte produire plus de 1000 kg de fruits et légumes par jour. Les kilomètres alimentaires seront minimisés.

L’initiateur du projet, Pascal Hardy, vise un système de production de fruits et légumes en circuit fermé 100% durable. Il cultive une cinquantaine de variétés différentes, en utilisant une technique d’agriculture bio innovante: l’aéroponie. Ça se compose de colonnes reliées avec un système hydraulique qui verse de l’eau chargée en nutriments directement sur les racines et n’utilise que 10% de l’eau nécessaire en agriculture traditionnelle.

Les habitants du quartier auront aussi l’occasion de louer des petits lopins de terre pour cultiver leurs légumes eux-mêmes.

ON THE ROOFTOPS OF PARIS

No, I’m not talking about the famous René Clair film, a pioneer in 1930 of the musical comedy genre, which was called ‘Under the rooftops of Paris’, nor of the trendy bars you can find perched on top of various Parisian buildings.

In fact, it’s about Agripolis, the new market gardener par excellence, who’s taken the slogan ‘Eat local in the Île de France’ literally.

In the 15th arrondissement, in the south-west of Paris, on top of an exhibition centre, Agripolis is probably the largest urban farm in Europe. In the high season, they expect to produce more than 1000 kg of fruit and vegetables a day. ‘Food miles’ will be at a minimum.

The originator of the project, Pascal Hardy, is aiming at a closed circuit fruit and veg production system which is 100% sustainable. He’s growing around fifty varieties and different varieties, using an innovative organic agricultural technique: aeroponics. This consists of columns linked by a hydraulic system which delivers nutrient-rich water directly to the roots and only uses 10% of the water necessary in traditional agriculture.

Locals will also have the opportunity to rent plots to grow their own veg.


LE NOUVEAU BEAUJOLAIS NOUVEAU

novembre 25, 2019

Le Beaujolais nouveau, débloqué jeudi dernier comme le demande la tradition, a un nouveau goût.

Il est largement accepté que le Beaujolais, si ce n’est pas exactement du pinard, n’est pas un grand cru. Mais ces dernières années, le goût a changé, principalement à cause du changement climatique.

Les effets néfastes et potentiellement catastrophiques du réchauffement de la planète sont bien connus. Depuis la canicule de 2003, les intempéries sont devenues de plus en plus fréquentes. Selon RTL, un vigneron qui, du temps de son père, avait subi un problème climatique comme du gel ou de la grêle tous les 15 ans, est maintenant touché tous les 2 ans. Il ne faut pas oublier que, en 2019, la grêle a détruit les deux tiers de la récolte dans le sud du Beaujolais. Les sécheresses successives ont aussi tué de nombreux pieds de vigne.

Mais grâce au réchauffement climatique, les raisins d’aujourd’hui ont beaucoup plus de sucre qui masque l’acidité. L’arôme de banane caractéristique des Beaujolais d’autrefois est parti. À sa place, on sent les fruits rouges (framboises, mûres) et les épices.

À consommer avec modération … (l’expression consacrée mise sur les bouteilles pour déconseiller l’abus d’alcool)

THE NEW BEAUJOLAIS NOUVEAU

The Beaujolais nouveau, released last Thursday as tradition demands, has a new flavour.

It’s widely accepted that Beaujolais, if not exactly plonk, isn’t a great wine. But in recent years, the flavour has changed, mainly because of climate change.

The harmful and potentially catastrophic effects of planetary heating are well known. Since the heatwave of 2003, bad weather events have become more and more frequent. According to RTL, a winemaker who, in his father’s time, had suffered a climate problem such as frost or hail once every 15 years, is now affected every other year. We shouldn’t forget that, in 2019, hail destroyed two thirds of the harvest in the south of Beaujolais. Successive droughts have also killed numerous vines.

But thanks to global heating, today’s grapes contain a lot more sugar which masks the acidity. The characteristic banana smell of Beaujolais in the old days has disappeared. In its place, you can smell red fruits (raspberries, blackberries) and spices.

To be drunk in moderation … (the usual expression put on bottles to warn against alcohol abuse).


TOUS EN SELLE!

novembre 18, 2019

Un autre monde est possible? Comment sensibiliser les gens aux solutions écologiques déjà disponibles? Sur qui peut-on compter pour transformer notre société?

Par exemple sur Amory Piquiot. Jeune sportif qui rêve d’une société hyper développée en harmonie avec la nature, il a importé en France une idée des Pays-Bas. À Louviers dans l’Eure, à la place du bus scolaire polluant, des s’coolbus, espèce de vélobus à assistance électrique, ramassent et déposent les enfants.

Portant leurs casques et gilets jaunes fluo obligatoires, les citoyens de demain partent sur le bon pied et pédalent avec entrain. Ils sont contents de retrouver leurs copains et copines sur le vélo collectif, c’est vraiment cool! Et le service gratuit plaît beaucoup aux parents qui gagnent du temps, matin et soir.

Bravo à la collectivité de Louviers, la première en France, d’avoir signé un contrat pour financer ce projet écologique, pédagogique et social qui prône la pratique régulière du sport. On souhaite la meilleure des chances à Amory et ses amis qui espèrent agrandir la flotte des s’coolbus dans d’autres régions.

Pour en savoir plus: https://www.scool-bus.org/  Regarder la vidéo sur leur site ou sur Youtube, ça vaut la peine!   https://www.youtube.com/watch?v=gYVNxOYbe-0

SADDLE UP!

Is another world possible? How do we make people aware of the green solutions which are already available? Who can we look to to transform our society?

To Amory Piquiot, for one. A sporty young man who dreams of a very developed society in harmony with nature, he imported an idea from Holland to France. In Louviers, in the Eure department, instead of a polluting school bus, ‘s’coolbuses’, a type of electric-assisted cycle bus, pick up and drop off children.

Wearing their compulsory helmets and fluorescent yellow vests, tomorrow’s citizens are starting off on the right foot and pedalling with enthusiasm. They enjoy meeting up with their friends on the communal bike, it’s really cool! And parents like the free service which saves them time in the mornings and evenings.

Congratulations to the Louviers authorities, the first in France, for signing a contract to finance this green, educational and social project which encourages regular sporting activity. Good luck to Amory and his friends who hope to expand the ‘s’coolbus’ fleet in other areas.

To find out more: https://www.scool-bus.org/  Watch the video on their site or on Youtube, it’s worth it!    https://www.youtube.com/watch?v=gYVNxOYbe-0


ON M’EMPÊCHE DE PROTÉGER MA POPULATION

novembre 11, 2019

Jusqu’où s’étendent les pouvoirs d’un élu local? Un maire a-t-il le droit d’interdire les pesticides afin de protéger ses villageois de l’exposition aux produits toxiques? Il paraît que non.

Un arrêté municipal récent du maire de Langouët (Ille-et-Vilaine), Daniel Cueff, a été annulé par le tribunal administratif de Rennes. L’arrêté a imposé une distance d’éloignement de 150 mètres entre les zones d’habitation et l’épandage de pesticides.

L’État est en train de proposer de mettre en place une distance de 5-10 mètres. Monsieur Cueff trouve ça insuffisant et inutile. Il a poussé un coup de gueule en brandissant un bidon vide de 5 litres de fongicide. Même sur le bidon du produit, c’était indiqué de ne pas retourner au champ pendant 48 heures après la pulvérisation.

Une centaine de maires dans d’autres régions de la France (dont Paris et Lille) ont suivi son exemple et plusieurs se sont déplacés pour le soutenir au tribunal. Cependant le tribunal a jugé qu’un maire ne détient pas le pouvoir de police sanitaire. Ce pouvoir est réservé à l’État. Le rapporteur public a rappelé la différence entre légalité et légitimité.

La petite commune de 600 personnes accueille 14 agriculteurs. Monsieur Cueff souligne qu’il n’accuse pas les agriculteurs, mais les produits. Emmanuel Macron prétend soutenir dans ses intentions le maire breton, donc on attend la suite. Les conséquences pour les riverains restent à découvrir.

YOU WON’T LET ME PROTECT MY POPULATION

How far do the powers of a local representative extend? Does a mayor have the right to ban pesticides in order to protect his villagers from exposure to toxic products? Apparently not.

A recent municipal bye-law introduced by the mayor of Langouët (Ille-et-Vilaine), Daniel Cueff, was quashed by the Rennes administrative court. The bye-law imposed a distance of 150 metres between residential areas and the application of pesticides. The state is currently proposing the instigation of a 5-10 metre exclusion zone. Mr Cueff thinks this is insufficient and useless. He had a rant whilst brandishing an empty 5 litre container of fungicide. Even on the product’s container, there was a warning not to return to the field for 48 hours after spraying.

Around a hundred mayors in other parts of France (including Paris and Lille) have followed his example and many of them made the journey to support him at the court. However, the court ruled that the mayor doesn’t have the power to police sanitary matters. This power belongs solely to the state. The ‘public rapporteur’ pointed out the difference between legality and legitimacy.

The little ‘commune’ with 600 residents has 14 farmers. Mr Cueff emphasised that he’s not accusing the farmers, but the products. Emmanuel Macron claims to support the Breton mayor’s intentions, so we await developments. The consequences for the locals remain to be seen.


CONSTRUIT POUR DURER

novembre 4, 2019

En cette époque de surconsommation, de l’obsolescence programmée, d’articles à usage unique et de gaspillage, il est rafraîchissant de tomber sur des personnes qui résistent à la tendance.

Près de Lisieux dans le bocage normand, la nonagénaire Yvonne Abgrall conduit la même voiture depuis 65 ans. La fiabilité de son tacot ne peut pas être contestée. Elle a eu son permis en 1952 et, âgée maintenant de 95 ans, elle n’a eu ni accidents, ni accrochages dans sa Peugeot 203. “Croyez-moi” dit-elle “la conduite était totalement différente à l’époque par rapport à aujourd’hui”.

Encore une dame qui va à contre-courant, c’est Alice Dupuis, une grand-mère canadienne, qui a acheté son frigo Frigidaire en 1953. À l’époque, un tel appareil coûtait très cher, mais son propriétaire n’a jamais regretté son achat. Non seulement le frigo continue à marcher, mais pendant tout ce temps, aussi incroyable que ça puisse paraître, la seule réparation a été de remplacer le thermostat, et ça en 2016!

On dit que l’économie protège du besoin. Changer de voiture ou de frigo comme de chemise n’est pas pour ces dames qui doivent être le cauchemar des experts du marketing!

BUILT TO LAST

In these days of over-consumption, built-in obsolescence, single use articles and wastage, it’s refreshing to come across people who buck the trend.

Near Lisieux in the Normandy countryside, Yvonne Abgrall, who’s in her nineties, has been driving the same car for 65 years. You can’t argue with the reliability of her old banger. She passed her driving test in 1952 and, now aged 95, she’s never had an accident or even a bump in her Peugeot 203. “Believe me” she says “driving was totally different in those days compared to today”.

Another lady who’s going against the flow is Alice Dupuis, a Canadian grandmother, who bought her Frigidaire fridge in 1953. At that time, an appliance like this was very expensive, but its owner has never regretted her purchase. Not only is the fridge still working but, in all this time, as incredible as it may seem, the only repair has been to replace the thermostat, and that was in 2016!

Waste not want not, they say. Changing your car or your fridge like your shirt isn’t for these ladies who must be the marketing experts’ nightmare!