LES MUSICIENS DU MÉTRO

mars 18, 2019

Deux fois par an depuis 1997 des auditions se déroulent devant un jury composé de salariés de la RATP* et d’usagers du réseau. Le prix? Une accréditation pour jouer dans les couloirs du métro parisien. Ainsi l’Espace Métro Accords (EMA) permet à des artistes triés sur le volet, souvent de grands talents qui s’ignorent, à démarrer dans une industrie férocement compétitive. Un coup de pouce très prisé, on le comprend.

Le fait de passer par un casting assure une certaine qualité et diversité de styles. Ces musiciens ne sont pas des mendiants, même si au début on les voyait comme une espèce de clochards. Aujourd’hui, ils sont bien mieux perçus et les aggressions sont peu fréquentes. Ils ont même leur propre Association des Musiciens du Métro, indépendante de l’EMA.

Un artiste fait partie du décor depuis douze ans et personne n’oserait piquer sa place dans le dédale des couloirs interminables de la station de métro Châtelet-les-Halles. Il s’agit de l’auteur-compositeur-interprète Vanupié qui s’est fait connaître grâce à ses prestations dans le métro. Il a enregistré trois albums, s’est produit au grand théâtre Bataclan et tourne à une moyenne de 100 concerts en salle par an. Pas question de délaisser le métro, la meilleure salle de répétition qu’un musicien puisse rêver. Il continue à essayer son nouveau répertoire sur ses fidèles souterraines.

https://www.youtube.com/watch?v=AcHHE9bvLgY

* Régie Autonome des Transports Parisiens

UNDERGROUND MUSICIANS

Twice a year since 1997, auditions have been taking place in front of a jury of RATP (Paris transport authority) employees and network users. The prize? A licence to perform in the corridors of the Paris underground. This is how l’Espace Métro Accords (EMA) allows hand-picked artists, often very talented unknowns, to kickstart their careers in a cutthroat industry. Understandably a very sought after leg-up.

Having to get through an audition ensures a certain quality and diversity of style. These musicians are not beggars, even though at the start they were viewed as a kind of tramp.These days they have a much better reputation and assaults are rare. They even have their own Association of Métro Musicians, independent of the EMA.

One artist has been part of the furniture for twelve years and nobody would dare to pinch his place in the maze of interminable corridors of the Châtelet-les-Halles métro station. It’s the singer songwriter Vanupié who has made his name thanks to his performances in the underground. He has recorded three albums, has performed at the big Bataclan theatre and goes on tour with an average of 100 indoor concerts per year. No way will he abandon the métro, the best rehearsal room any musician could dream of. He continues to try out his new repertoire on his underground regulars.

https://www.youtube.com/watch?v=AcHHE9bvLgY


LE VÉLOTAF

décembre 31, 2018

On finit l’année avec encore un néologisme: le vélotaf.

Vous connaissez sans doute le mot familier ‘boulot’ qui signifie le travail, le métier, le job (oui, ce dernier est bien une importation de l’autre côté de la Manche qui ne plairait certainement pas aux Immortels). À propos, saviez-vous que le mot ‘travail’ trouve ses racines dans le mot latin médiéval trepalium ‘instrument de torture’!

Le taf est un autre mot populaire employé pour dire ‘travail’ ou ‘métier’. Son origine fait débat, l’acronyme TAF pour ‘travail à faire’, semble un peu trop habile.

Mais revenons au vélotaf qui signifie ‘aller au travail à vélo’. Le vélo présente un impact carbone très faible et c’est bon pour la santé de ses pratiquants. L’usage du deux-roues dans les grandes villes de France augmente d’année en année et les vélotafeurs ont la satisfaction de savoir qu’ils ne contribuent pas à la pollution de leurs villes.

Si vous cherchez une résolution pour la nouvelle année, pensez à devenir vélotafeur. Vous avez déjà pris votre retraite? Pour vous aussi, devenir un(e) fidèle de la bicyclette ne vous fera pas de mal non plus et la planète en bénéficiera aussi.

Bonne année à tous et à toutes!

CYCLING TO WORK

We’re finishing the year with another new word: le vélotaf (cycling to work).

You doubtless know the slang word ‘boulot’ which means work, profession, job (yes, the latter is of course an import from the other side of the Channel which wouldn’t be popular with the Immortals – members of the Académie Française). By the way, did you know that the word ‘travail’ (work) has its roots in the medieval Latin word ‘trepalium’ ‘instrument of torture’!

Taf’ is another popular word used to say ‘work’ or ‘profession’. Its origin is disputed, the acronym TAF for ‘travail à faire’ (work to be done), seems a bit too neat.

But coming back to ‘vélotaf’, which means ‘going to work by bicycle’. The bike has a very low carbon footprint and is good for the health of its users. The use of two-wheelers in France’s cities is increasing year by year and the ‘velotafeurs’ have the satisfaction of knowing that they aren’t contributing to their town’s pollution.

If you’re looking for a New Year’s resolution, think about becoming a ‘vélotafeur’. You’re already retired? For you too, becoming a regular cyclist won’t do you any harm either and the planet will benefit too.

Happy New Year to one and all!


UNE PETITE RÉVOLUTION À DUNKERQUE

novembre 5, 2018

Dunkerque: une ville française qui est surtout bien connue à cause de l’évacuation des troupes alliées pendant la deuxième Guerre Mondiale. Mais la ville a maintenant une autre raison pour être remarquable. Depuis le premier septembre, les transports publics à Dunkerque deviennent gratuits.

Changer les habitudes des habitants, les convaincre à prendre le bus à la place de la voiture, c’est beaucoup demander, mais ça vaut la peine d’essayer. L’objectif est de doubler le trafic passager d’ici 2020. Dunkerque est ainsi au premier plan de la lutte contre la domination de la voiture et la pollution de l’air qui en résulte.

D’autres villes plus petites ont ouvert la voie. À Châteauroux, par exemple, la gratuité des transports en commun date de 2001. D’autres villes plus grandes, comme Tallinn en Estonie, réservent la gratuité aux résidents. Mais Dunkerque sort le grand jeu.

Plus de tickets, plus de cartes de bus, plus de validation, plus de fil d’attente à la porte. Une augmentation du parc de véhicules avec trente nouveaux bus alimentés par le GNV (gaz naturel pour véhicules), connectés au Wi-Fi et avec prises de recharge USB au-dessus du bouton arrêt demandé.

Dunkerque prend une meilleure tournure. La place Jean-Bart, autrefois remplie de voitures, est devenue piétonne et les trottoirs du grand boulevard Alexandre III ont été élargis et dotés d’élégants auvents.

Sans aucun doute, Dunkerque a une longueur d’avance. Vive la révolution!

A SMALL REVOLUTION IN DUNKIRK

Dunkirk: a French town which is particularly famous because of the evacuation of Allied troops during the second World War. But the town now has another reason to be noteworthy. Since 1st September, public transport in Dunkirk has been free of charge.

Getting people to change their habits, persuading them to take the bus instead of the car, is a big ask, but it’s worth a try. The aim is to double passenger numbers by 2020. This puts Dunkirk in the forefront of the fight against the domination of the car and consequent air pollution.

Other smaller towns have paved the way. In Châteauroux, for example, public transport has been free since 2001. Other larger towns, like Tallinn in Estonia, make it free for residents. But Dunkirk is pulling out all the stops.

No more tickets, no more bus passes, no more validation, no more queues at the door. An increase in the vehicle fleet with thirty new buses powered by natural gas, with Wi-fi and USB charging points above the stop request button.

Dunkirk is making a change for the better. Jean-Bart square, previously traffic-ridden, has been pedestrianised and the pavements of the wide Alexandre III boulevard have been widened and equipped with elegant shelters.

Dunkirk is definitely ahead of the game. Long live the revolution!


LE QUART D’HEURE DE GLOIRE DE FÉLICETTE

janvier 22, 2018

On n’a jamais vraiment rendu hommage à la première chatte astronaute du monde. Un Britannique, Matthew Serge Guy, a décidé d’essayer de redresser la situation.

Cet épisode peu connu de l’histoire de la conquête spatiale a eu lieu en octobre 1963. Une chatte, connue sous le nom de Félicette, a pris un vol de 15 minutes (dont 5 en absence de gravité) sur la fusée Véronique au-dessus du Sahara algérien.

La chatte est rentrée saine et sauve sur terre. Sa récompense? On l’a euthanasiée et autopsiée au nom de la science. D’accord, la France n’a jamais été en premier rang en ce qui concerne l’exploration spatiale, mais quand même!

Donc, Monsieur Guy a lancé une campagne de financement participatif. Cette cagnotte sur Kickstarter vise à récolter 40 000 livres pour ériger à Paris une statue commémorative à la chatte pionnière.

Je suis heureuse de rapporter qu’aujourd’hui l’agence spatiale européenne n’envoie plus d’animaux dans l’espace.

https://www.kickstarter.com/projects/sergethew/a-statue-to-felicette-the-first-cat-in-space?ref=4bv8rr&token=ec5777b0

FÉLICETTE’S FIFTEEN MINUTES OF FAME

We’ve never really paid proper tribute to the world’s first feline astronaut. A British man, Matthew Serge Guy, has decided to try to rectify the situation.

This little known episode in the history of space took place in October 1963. A cat, known as Félicette, went on a 15 minute flight (5 minutes at zero gravity) on the rocket “Véronique” over the Algerian Sahara.

The cat returned to earth safe and sound. Her reward? She was to put to sleep and autopsied in the name of science. OK, France has never been in the forefront of space exploration, but all the same!

So Mr Guy has launched a crowdfunding campaign. The kitty on Kickstarter aims to collect £40,000 to erect in Paris a commemorative statue of the pioneering cat.

I’m happy to report that these days the European space agency no longer sends animals into space.

https://www.kickstarter.com/projects/sergethew/a-statue-to-felicette-the-first-cat-in-space?ref=4bv8rr&token=ec5777b0


DIRE AU REVOIR AUX CABINES TÉLÉPHONIQUES

décembre 18, 2017

Ça y est. Les téléphones portables règnent en maîtres. Le 31 décembre marque la fin d’une époque. À partir de cette date, il n’y aura plus de cabines téléphoniques publiques en France.

Dans les années 1990, il y en avait quelque 300 000. Vers la fin de 2017, il ne restait que 5 450, dont la disparition est maintenant programmée. De nos jours, la plupart des gens, équipés de leurs smartphones, boudent les cabines téléphoniques. Même les sans-abri ont souvent un mobile élémentaire sans abonnement.

Par contre, au Royaume-Uni, la BT planifie de mettre à la casse la moitié des cabines téléphoniques, dont l’usage a diminué de 90% pendant la dernière décennie. Personne ne va déplorer la disparition de beaucoup de ces dépôts malodorants de pigeons morts et de plats à emporter à moitié mangés. Et pourtant, les cabines rouges sont vraiment emblématiques de la vie britannique et leur présence réconfortante va beaucoup manquer à certains.

Mais que deviennent les anciennes cabines françaises? À Rueil-Malmaison dans les Hauts-de-Seine, on a transformé huit cabines en bibliothèques de rue. Les collectionneurs sortent d’un peu partout: on peut en trouver sur Internet au prix de 300 euros! Les plasticiens, eux aussi, se font remarquer, comme le Lyonnais Benedetto Bufalino qui circule sur la voie publique dans une cabine Publiphone à roulettes, appelée, bien sûr, le téléphone mobile. Une vidéo Youtube à ne pas manquer: https://www.youtube.com/watch?v=47-DkukSZWc

Je souhaite à tous mes lecteurs et lectrices de bonnes fêtes et vous remercie de votre fidélité.

SAY GOODBYE TO PHONE BOXES

That’s it. Mobile phones reign supreme. The 31st December will mark the end of an era. From this date, there will no longer be any public telephone boxes in France.

In the nineties, there were some 300,000. By the end of 2017, there were only 5,450 left and they are now due to disappear. These days, most people, armed with their smartphones, turn their noses up at telephone boxes. Even the homeless often have a basic pay-as-you-go mobile.

On the other hand, in the UK, BT is planning to scrap half of phone boxes, whose use has gone down by 90% in the last ten years. No-one will bemoan the disappearance of a lot of these smelly repositories of dead pigeons and half-eaten takeaways. However, the red boxes are symbolic of British life and some people will really miss their comforting presence.

But what’s happening to the old French boxes? In Rueil-Malmaison in the Hauts-de-Seine eight have been made into street libraries. Collectors are coming out of the woodwork: you can find them on the Internet at a price of 300 euros! Visual artists are also coming to the fore, such as Benedetto Bufalino from Lyon, who goes around on public roads in a Publiphone box on wheels, of course called a mobile phone. An unmissable Youtube video: https://www.youtube.com/watch?v=47-DkukSZWc

Season’s greetings to all my readers and thanks for continuing to follow the blog.