LES PREMIERS RÉSIDENTS INSTALLÉS AU VILLAGE LANDAIS ALZHEIMER

juillet 6, 2020

Pour les personnes qui s’occupent d’un proche atteint de la maladie d’Alzheimer, c’est la réalisation d’un rêve: un hébergement spécialement conçu pour ces malades, entièrement adapté à leurs besoins spécifiques, sans comparaison avec beaucoup d’ehpads* conventionnels.

Basé sur le modèle De Hogeweyk aux Pays-Bas, le village Landais Alzheimer c’est une expérimentation unique en France. La qualité de vie et le bien-être des malades et de leurs aidants sont primordiaux. L’approche est innovante, sociale, plutôt que médicale.

Quand le village sera complètement opérationnel, il va accueillir 120 résidents, accompagnés par 120 employés et 120 bénévoles. Cette personnalisation de l’accompagnement ainsi que l’absence de symboles médicaux (par exemple pas de blouse blanche) aident à respecter les goûts et les rythmes de vie des individus.

En plein mois de juin, une fois un résultat négatif au coronavirus connu et après une période de quatorzaine, les résidents ont commencé à arriver dans le village à Dax. La répartition du premier groupe de villageois est de 21 femmes et 11 hommes, la moyenne d’âge étant de 80 ans.

Je laisse la parole à Jean-François Dartigues, Professeur au CHU de Bordeaux pour résumer le potentiel du projet: “Dans ce village, les personnes démentes vont mener une vie active. Elles trouveront une forme d’intégrité sociale, humaine. Elles feront leurs courses, iront chez le coiffeur, au bistrot, au resto, au théâtre. Elles prendront du plaisir. ce qui constitue une forme de thérapie extraordinaire.”

* Ehpad – Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes

FIRST RESIDENTS MOVED IN TO ALZHEIMER VILLAGE IN THE LANDES

For people looking after loved ones with Alzheimers, it’s a dream come true: purpose-built accommodation designed for these sufferers, completely adapted to their specific needs, a far cry from many conventional care homes.

Based on the Dutch De Hogeweyk model, the Alzheimer village in the Landes is an experiment unique in France. The quality of life and well-being of the residents and their carers are of prime importance. The approach is innovative, social, rather than medical.

When the village is fully operational, it will accommodate 120 residents, cared for by 120 staff and 120 volunteers. This personalised care along with the absence of medical symbols (for example no white coats) help to respect individuals’ tastes and lifestyles.

In the middle of June, after testing negative for coronavirus and a two week quarantine period, residents began arriving in the village in Dax. The distribution of the first group of villagers is 21 women and 11 men, the average age being 80.

I’ll leave it up to Jean-François Dartigues, Professor at the Bordeaux University Hospital, to sum up the project’s potential: “In this village, people with dementia will lead an active life. They’ll find a kind of social, human integrity. They’ll go shopping, visit the hairdresser, café, restaurant, theatre. They’ll enjoy themselves, which constitutes an extraordinary form of therapy”.


PLUS (1) DE POIGNÉES DE MAIN, MAIS PLUS (2) DE SOURIRES

mars 9, 2020

C’est peut-être ce qu’un-e Anglais-e remarque le plus en France: les gens se saluent avec beaucoup plus d’élan qu’en Angleterre. Pour saluer quelqu’un, soit on se serre la main, soit on fait la bise. Mais le coronavirus est en train de contraindre les Français à changer leurs habitudes et leur comportement.

Se dégager d’un réflexe est compliqué. On ne veut pas donner l’impression d’être froid ou distant mais aujourd’hui, si vous tendez la main à quelqu’un, on est susceptible de vous lancer un regard suspicieux. Mais refuser la main qu’on vous tend pourrait être pris comme un signe de mépris, de méfiance ou de désaccord.

Que faire donc pour éviter les poignées de main et les embrassades? Il faut adopter de nouveaux gestes et changer nos habitudes quotidiennes. On devrait peut-être chercher dans d’autres pays pour des gestes appropriés. Décidément le frottement de nez des hommes en Arabie Saoudite ne nous conviendrait pas. Il vaudrait mieux faire une révérence comme au Japon ou se joindre les mains devant le visage comme en Inde.

Autrement, on a inventé de nouveaux gestes qui peuvent vous sembler bizarre au début, mais qui deviendront normaux avec le recul du temps: des checks de coudes, la paume sur votre propre poing (geste traditionnel chinois), des petites tapes des pieds. Et pourquoi pas un signe de pouce levé ou un grand sourire? Ces gestes-là vont à coup sûr remonter le moral à votre interlocuteur!

Lecture complémentaire au sujet de la bise: https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2014/02/04/cest-simple-comme-bonjour/

(1) Prononcé sans ‘s’ à la fin (2) Prononcé avec le ‘s’

NO MORE HANDSHAKES, BUT MORE SMILES

It’s perhaps what an English person most notices in France: people greet each other with a lot more enthusiasm than in England. To greet someone, you either shake their hand on kiss them on both cheeks. But the coronavirus is in the process of forcing French people to change their habits and behaviour.

To get out of a habit is complicated. You don’t want to give the impression that you’re cold or distant but today, if you hold out your hand to someone, they’re likely to give you a suspicious look. But refusing to shake the hand offered to you could be taken as a sign of contempt, distrust or disagreement.

What can we do then to avoid handshakes and kissing? We must adopt new gestures and change our daily habits. Perhaps we should look to other countries for appropriate gestures? The rubbing of noses by men in Saudi Arabia definitely wouldn’t suit us. It would be better to bow like in Japan or to put your hands together in front of your face like in India.

Otherwise, people have invented new gestures which might seem strange to you at first, but which will become normal with the passage of time: elbow bumps, the palm against your own fist (a traditional Chinese gesture), little foot taps. And why not a thumbs up sign or a big smile? These gestures are guaranteed to cheer up your contact!

Further reading about ‘la bise’:https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2014/02/04/cest-simple-comme-bonjour/

(1) Pronounced without the ‘s’ at the end (2) Pronounced with the ‘s’


ON S’EN FOUT

janvier 27, 2020

Qu’est-ce qu’on peut faire pour faire ressortir son message du babillage des médias et l’omniprésence de la pub?

Avec sa dernière campagne publicitaire, l’association Médecins du Monde a trouvé une solution. “On s’en fout” disent-ils. C’est une évidence: ils s’intéressent à n’importe qui et à tout le monde. Tout ce qui compte pour eux, c’est la santé des gens.

Ils agissent dans des contextes d’urgence et sur le long terme dans les domaines de la santé sexuelle et reproductive, la réduction des risques, la migration, les urgences et les crises et l’impact de l’environnement sur la santé.

Pour attirer l’attention du public l’ONG a lancé une campagne de vidéo et d’affichage qui souligne leur capacité à aller là où les autres ne vont pas. Ils emploient l’expression “On s’en fout”, un moyen sens dessus dessous de retenir l’attention. Tout le monde a le droit aux soins de santé, on s’en fout de qui ils sont, d’où ils viennent etc.

Pour les débutants en français, à noter que le verbe s’en foutre a largement remplacé aujourd’hui le s’en ficher ou s’en moquer d’autrefois.

Voici un lien à la courte vidéo poignante avec la voix du rappeur Orelsan: https://www.youtube.com/watch?v=TeXw8XicAuk

WE COULDN’T CARE LESS

What can you do to make your message stand out amid the babbling of the media and the pervasiveness of advertising?

With its latest publicity campaign, the organisation Médecins du Monde has found a solution. “We couldn’t care less” they say. Obviously, they do care for anybody and everybody. All that matters to them is people’s health.

They work in both emergency and long term situations in the areas of sexual and reproductive health, risk reduction, migration, emergencies and crises and environmental impact on health.

In order to grab the public’s attention, the NGO has launched a video and poster campaign which underlines their capacity to go where others don’t. They’re using the expression “We couldn’t care less”, a topsy-turvy way of holding your attention. Everyone has the right to healthcare, we don’t care who they are or where they come from.

For French beginners, note that the verb “s’en foutre” is widely used today instead of the “s’en ficher” or “s’en moquer” of the past.

Here’s a link to the short poignant film voiced by rapper Orelsan: https://www.youtube.com/watch?v=TeXw8XicAuk


J’AI UNE PETITE IDÉE …

décembre 9, 2019

Que dirait Coluche s’il voyait l’importance aujourd’hui des Restos du Coeur ? Il aurait peut-être des sentiments mitigés.

Lancée sur Europe 1 en septembre 1985, l’idée de l’humoriste irrévérencieux était de distribuer un repas chaud en hiver aux personnes qui en avaient besoin. Après plus de 30 ans de solidarité, l’association poursuit des actions dans de multiples domaines, non seulement l’aide alimentaire.

Il y a des sections qui s’occupent de l’emploi, du logement, de l’accès aux droits et à la justice, de l’accompagnement au budget et microcrédit et j’en passe. C’est un service centralisé pour aider les plus démunis à régler leurs problèmes. Il y a même 70 Restos Bébé du Coeur pour les jeunes parents et leurs petits.

Coluche est décédé en 1986 à l’âge de 41 ans, suite à un accident de la route. La France avait perdu un humoriste brillant qui s’attaquait souvent aux injustices de la société contemporaine. S’il était toujours vivant aujourd’hui, ne serait-il pas étonné par les résultats des collectes et par les plus de 70 000 bénévoles qui consacrent leur temps libre à l’association, mais aussi révolté par l’augmentation actuelle de la demande ?

Soyez à l’affût des prochains concerts des Enfoirés (terme d’affection employé par Coluche pour s’adresser à ses spectateurs), la bande d’artistes qui soutiennent l’association, qui auront lieu à Paris au mois de janvier.

C’est pas vraiment de ma faute si y’en a qui ont faim  Mais ça le deviendrait, si on n’y change rien ….

Pour en savoir plus : https://www.restosducoeur.org/

Pour une bonne animation en français simple : https://www.youtube.com/watch?v=HzmJc_N6Q-I

I’VE GOT A LITTLE IDEA

What would Coluche say if he were to see the extent of the Restos du Coeur (Restaurants of the Heart) today ? He might have mixed feelings.

Launched on Europe 1 (radio station) in September 1985, the irreverent comedian’s idea was to distribute hot meals in winter to people who needed them. After over 30 years of solidarity, the charity is involved in multiple areas, not just food aid.

There are branches dealing with employment, housing, access to rights and justice, help with budgeting and microcredit and so on. It’s a one-stop service to help the poorest in society to solve their problems. There are even 70 Restos Bébé du Coeur for young parents and their little ones.

Coluche died in 1986 aged 41 after a road accident. France had lost a brilliant comedian who often tackled the injustices of contemporary society. If he were still alive today, wouldn’t he be astonished by the results of the charity’s appeals and by the more than 70,000 volunteers who give up their free time to the association, but also outraged by the current increase in demand ?

Look out for the next concerts staged by the Enfoirés (bastards – a term of endearment used by Coluche to address his audience), the group of artists who support the association, which are due to take place in Paris in January.

It’s not really my fault if there are people going hungry  But it would be if I didn’t do something about it …

To find out more: https://www.restosducoeur.org/

For a good animation in simple French : https://www.youtube.com/watch?v=HzmJc_N6Q-I


RÉFLEXIONS SUR L’INCENDIE DE NOTRE-DAME DE PARIS

avril 22, 2019

Notre-Dame de Paris est un bâtiment devenu emblématique non seulement pour les croyants mais aussi pour les amateurs de l’histoire et de l’architecture. L’incendie de lundi dernier a choqué et attristé dans la même mesure. Les réactions provoquées et les reportages en continu en disent long sur notre société.

Comme la société britannique semble s’être réunie autour de la mort de la princesse Diana, la société française partage le chagrin ressenti à la suite de cet incendie dévastateur. Les gens connaissent une douleur collective en voyant les plaies de la cathédrale. Ça les rapproche et inspire la solidarité. Et pourtant, que je sache, personne n’en est morte.

Menacée par les marques du temps, en 1831 la cathédrale délabrée faisait l’objet d’un cri de ralliement dans le célèbre roman de Victor Hugo Notre-Dame de Paris. Son livre a propulsé la cathédrale sous les projecteurs et le roi a fini par ordonner une restauration en 1844.

Depuis 1905, la plupart des cathédrales françaises, y inclus Notre-Dame de Paris, sont la propriété de l’État. Avant l’incendie récent, la fondation du patrimoine avait du mal à collecter suffisamment de fonds pour les réparations nécessaires. Moins d’une semaine après l’incendie, ils ont encaissé près d’un milliard d’euros. Il faut dédier une pensée aux associations et ONG qui se débattent dans les difficultés, n’ayant pas accès à de telles richesses. Et, comble de malheur, tandis que beaucoup de Français participent massivement à la collecte pour la reconstruction du bâtiment, on a déjà constaté des tentatives d’escroquerie.

Mais à quelque chose malheur est bon et, pour terminer sur une note positive, tel que je le comprends, les quelques 200.000 abeilles des ruches de Notre-Dame ont survécu à l’incendie.

THOUGHTS ON THE NOTRE-DAME FIRE

Notre-Dame de Paris is a building which has become iconic, not only for believers but also for history and architecture lovers. Last Monday’s fire shocked and saddened in equal measure. People’s reactions and the wall-to-wall coverage speaks volumes about our society.

Just like British society seemed to unite around the death of Princess Diana, French society is sharing the grief felt as a result of this devastating fire. People are experiencing collective pain when they see the cathedral’s wounds. It brings them together and inspires solidarity. And yet, as far as I know, no-one has died.

In desperate need of renovation, in 1831 the dilapidated cathedral was the subject of a rallying call in Victor Hugo’s famous novel “Notre-Dame de Paris” (The Hunchback of Notre-Dame). His book thrust the cathedral into the limelight and the king ended up ordering its restoration in 1844.

Since 1905, most French cathedrals, including Notre-Dame de Paris, have been the property of the state. Before the recent fire, the heritage foundation was having trouble raising enough money for the necessary repairs. Less than a week after the fire, they’ve collected nearly a billion euros. Spare a thought for charities and NGOs who are struggling along, not having access to such riches. And, to crown it all, whereas a lot of French people are contributing massively to the fundraising for the reconstruction of the building, there have already been attempts at fraud.

But every cloud has a silver lining and, to end on a positive note, as I understand it, the around 200,000 bees from Notre-Dame’s hives survived the fire.