LE MUSÉE DE LA POSTE

décembre 16, 2019

Après cinq ans de travaux, ce musée méconnu vient de rouvrir ses portes. Sur sept étages, une quinzaine de salles d’exposition sont entièrement dédiées aux six siècles de l’histoire de la Poste et à la philatélie.

Le bâtiment, synonyme de l’architecture des années 70 avec son enveloppe de béton et ses sculptures de parpaings sur la façade, a été complètement réinventé à l’intérieur. Le coeur du nouvel agencement est une colonne “totem” vitrée de 20 m de hauteur et 7 m de large, fournissant une spectaculaire galerie verticale.

Au premier étage, on peut voir tous les timbres émis en France depuis 1849, environ 4000 oeuvres d’art en miniature. Au deuxième étage, hommes et métiers sont exposés et au 3e, la conquête du territoire depuis le cheval jusqu’aux drones. On se régale de nombreuses pépites comme une robe de bal faite de 2000 timbres et une compression de chèques postaux créée par le sculpteur César.*

À l’extérieur, on trouve une série de panneaux festifs qui illustrent les différentes boîtes postales au fil des années et qui rendent hommage aux mouvements d’art comme l’art nouveau, l’art déco et le pop art. Des messages au sujet de l’accélération de l’extinction de la faune y sont intégrés, de la chasse aux trophées à la pollution plastique.

Le musée se trouve au 34, boulevard de Vaugirard au coeur du quartier de Montparnasse dans le Xve et vaut bien le détour.

* Pour un article au sujet de César, suivez ce lien: https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2017/02/27/cesar/

Et pour connaître le facteur le plus célèbre de France:

https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2018/03/05/ferdinand-cheval-le-facteur-le-plus-celebre-au-monde/

Votre blogueuse va marquer une courte pause. Je souhaite à tous mes lecteurs et lectrices de très bonnes fêtes de fin d’année.

THE POST MUSEUM

After five years of works, this little known museum has just reopened its doors. On seven levels, around fifteen exhibition halls are entirely given over to six centuries of the history of the French post office and to philately.

The building, synonymous with the architecture of the seventies with its concrete envelope and breeze block sculptures on the facade, has been completely redesigned inside. The heart of the new layout is a glass “totem” column 20 m high and 7 m wide, providing a spectacular vertical gallery.

On the first floor, you can see all the stamps issued in France since 1849, around 4000 miniature works of art. On the second floor, “men and jobs” are exhibited and on the third, “conquering the territory” from the horse to the drone. You can enjoy numerous gems such as a ball dress made from 2000 stamps and a compression of post office cheques created by the sculptor César.*

Outside, you find a series of festive panels illustrating different postboxes through the years and which pay tribute to artistic movements like “art nouveau”, “art deco” and “pop art”. Messages about the speeding up of the extinction of fauna have been integrated into the panels, from trophy hunting to plastic pollution.

The museum is at 34, boulevard de Vaugirard in the heart of the Montparnasse quarter in the 15th arrondissement and is well worth a visit.

* For an article about César, follow this link:

https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2017/02/27/cesar/

And to find out about France’s most famous postman:

https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2018/03/05/ferdinand-cheval-le-facteur-le-plus-celebre-au-monde/

Your blogger is taking a short break. Season’s greetings to all my readers.


LA RÉVOLUTION DU FREE-FLOATING

octobre 14, 2019

À Paris l’économie des petits boulots bat son plein. Un nouveau métier a surgi récemment, celui de juicer. Des auto-entrepreneurs rechargent les batteries de trottinettes.

Au mois de mai, il y avait déjà 15 000 trottinettes électriques en libre-service disponibles à Paris et le parc pourrait atteindre 40 000 avant la fin de l’année.

Le conseil de Paris, tout en soutenant cette alternative écolo à la voiture individuelle polluante, a dû adopter des mesures afin de protéger les piétons (on ne doit pas circuler sur les trottoirs), délimiter le stationnement, responsabiliser les opérateurs (déjà au nombre de 12) et réguler la flotte.

Beaucoup des juicers utilisent un véhicule pour récupérer les trottinettes. Pendant la journée on ne peut ramasser que les machines dont la batterie est vide. Après 9h du soir, on peut les ramasser toutes. Il faut les déposer avant 7 heures du matin, sinon on ne sera pas payé.

Inévitablement, la concurrence entre les juicers est forte. Un juicer aurait dit que c’est une activité “plutôt sportive: j’ai perdu 6 kilos depuis que j’ai commencé à charger des trottinettes”.

La trottinette a aussi débarqué à Bordeaux, Lyon, Marseille et Toulouse. La révolution du free-floating est en plein boum.

THE FREE-FLOATING REVOLUTION

The gig economy is in full swing. A new job has suddenly appeared in Paris, that of “juicer”. Self-employed people are working as electric scooter chargers.

In May there were already 15,000 self-service electric scooters available in Paris and the fleet could reach 40,000 by the end of the year.

The city council, whilst supporting this green alternative to polluting private cars, has had to adopt measures in order to protect pedestrians (riding on the pavement is not allowed), restrict parking, make operators (already there are 12 of them) understand their responsibilities and regulate the fleet.

A lot of the “juicers” use a vehicle to recover the scooters. During the day you’re only allowed to collect machines with flat batteries. After 9pm you can pick up any machine. You have to drop them off before 7 in the morning, otherwise you won’t get paid.

Inevitably there’s strong competition between “juicers”. A “juicer” is quoted as saying that it’s “a really athletic activity: I’ve lost 6 kilos since I started charging scooters”.

Scooters have also shown up in Bordeaux, Lyon, Marseille and Toulouse. The free-floating revolution is on the up.


LES FORTS DES HALLES

septembre 23, 2019

Reconnaissables à leurs blouses bleues et leurs énormes chapeaux – le fameux coltin – les forts étaient des manutentionnaires qui transportaient les marchandises de l’extérieur vers l’intérieur des pavillons des anciennes Halles de Paris. Les chapeaux étaient munis de calottes de plomb qui leur permettaient de porter de lourdes charges sur la tête.

Pour être embauché comme fort des Halles, il fallait être de nationalité française, avoir fait son service militaire, posséder un casier judiciaire vierge, mesurer au minimum 1,67 mètre et être capable de porter une charge de 200 kg sur une distance de 60 mètres. Une tradition parisienne voulait que les forts portent le muguet au Président de la République le matin de chaque premier mai.

C’était en quelque sorte l’aristocratie des Halles. La profession était hiérarchisée, les chefs portaient une médaille en argent, tandis que les simples forts portaient une simple médaille en cuivre.

L’activité des Halles a été transférée à Rungis en 1969 et la corporation n’a pas survécu au nouveau site. Ce métier spécialisé a donc disparu. Les anciennes Halles ont été démolies et remplacées par le Forum des Halles, un centre commercial qui accueillit 150 000 visiteurs par jour.

À noter: le mot ‘halle’ commence avec un H aspiré, c’est-à-dire on ne fait pas la liaison avec le mot précédent. On l’appelle ‘aspiré’, bien qu’il soit muet!

THE STRONGMEN OF THE HALLES

Recognisable by their blue blouses and enormous hats – the famous “coltin” – the strongmen were handlers who carried goods from outside to inside the old Paris market halls. The hats were equipped with lead linings which allowed them to carry heavy weights on their heads.

To get a job as a strongman, you had to be of French nationality, to have done your military service, to have a clear police record, to measure at least 1.67 metres and to be able to carry a 200 kg load over a distance of 60 metres. A Paris tradition held that the strongmen took the “muguet” (lily of the valley) to the President of the Republic on the morning of every 1st of May.

They were the sort of aristocracy of the Halles. The profession had a strict hierarchy, the bosses wearing a silver medal, whereas the ordinary strongmen wore a simple copper medal.

The activities of the Halles were transferred to Rungis in 1969 and the corporation didn’t survive the move to the new site. So this specialised profession has disappeared. The old Halles were demolished and replaced by the Forum des Halles, a shopping mall which attracts 150,000 visitors per day.

Note: the word ‘halle’ begins with an aspirate H, i.e. you don’t make the liaison with the previous word. It’s called ‘aspiré’, even though it’s silent!


NOUVEAUX PONTS À PARIS

novembre 27, 2017

À Londres plus tôt dans l’année, le maire Sadiq Khan a renoncé au projet de Joanna Lumley du “paradis flottant” sur la Tamise (après la dépense de £37 millions de deniers publics).

Pourtant, Anne Hidalgo, le maire de Paris, vient d’annoncer une initiative urbaine qui prévoit la construction de trois ponts d’un tout nouveau genre à travers la Seine.

Dans le cadre du C40 (Cities Climate Leadership Group), le réseau international dont Madame Hidalgo est Présidente, trois passerelles habitées vont enjamber la rivière emblématique de Paris. Les contribuables ne vont pas devoir casquer pour ces ponts, car la construction du projet sera soumise à un appel d’offres au secteur privé.

Dédiées aux activités culturelles et aux loisirs, ces passerelles seront situées près du parc André Citroën, à côté du jardin Tino Rossi et à Bercy-Charenton et vont abriter des cafés, des commerces et des jardins. Un retour au Moyen Âge où les ponts avaient souvent des bâtiments. Les ponts seront entièrement réservés aux piétons et aux modes de transport écologiques, car l’objectif est zéro carbone.

NEW BRIDGES IN PARIS

In London earlier this year, mayor Sadiq Khan pulled the plug on Joanna Lumley’s idea of a ‘floating paradise’ on the Thames (after the expenditure of £37 million of public money).

And yet Anne Hidalgo, mayor of Paris, has just announced an urban initiative which envisages the construction of three bridges of a completely new kind across the Seine.

Within the framework of the C40 (Cities Climate Leadership Group), the international network of which Mrs Hidalgo is President, three footbridges will straddle Paris’ iconic river. Taxpayers won’t have to fork out for these bridges, as the project’s construction will be put out to tender to the private sector.

Dedicated to cultural and leisure activities, these footbridges will be located near the André Citroën park, next to the Tino Rossi garden and at Bercy-Charenton, and will house cafés, businesses and gardens. A return to the Middle Ages when bridges often had buildings on them. The bridges will be exclusively reserved for pedestrians and green transport, as the aim is for zero carbon.


PARIS EST BEAU OU BELLE?

novembre 13, 2017

Un article du Figaro du mois d’avril a discuté en détail la question du genre de la ville lumière. C’est une discussion qui pourrait paraître bizarre aux étrangers dont la langue ne souffre pas de cette double personnalité.

Il y a des villes serviables comme Le Vésinet ou La Rochelle qui ne laissent planer aucun doute. Mais la plupart des villes ne nous donnent pas d’indice. Souvent flou à l’écrit qu’ainsi qu’à l’oral, statuer le genre de Paris semble difficile, sinon impossible et confond pas mal de gens. Il n’y a pas de règles et même l’Académie française hésite à se prononcer sur ce casse-tête.

Le chanteur de cabaret Maurice Chevalier chantait Mon vieux Paris et Raymond Queneau, écrivain et cofondateur du mouvement surréaliste Oulipo, a décrit un Paris malade dans son poème Mon beau Paris. Tandis qu’Arno Santamaria a sorti une chanson Paris Ma Belle au profit des victimes des attentats de novembre 2016 à Paris. Vous trouverez sans doute bien d’autres exemples.

Dans certains cas, les noms de villes sont toujours masculins. Quand on parle d’un quartier, comme par exemple le vieux Nice ou quand le nom est précédé de tout, comme le Tout-Paris.

IS PARIS A MASCULINE OR FEMININE CITY?

An article in the Figaro back in April discussed in detail the gender of the city of light. It’s a discussion which may seem strange to foreigners whose language doesn’t suffer from this split personality.

There are some helpful towns such as Le Vésinet or La Rochelle which leave no room for doubt. But most towns don’t give us any clues. Often vague in written texts as well as orally, establishing Paris’ gender seems difficult, if not impossible, and flummoxes quite a few people. There are no rules and even the Académie Française is reluctant to pronounce on this conundrum.

The cabaret singer Maurice Chevalier used to sing about ‘Mon Vieux Paris’ (my old Paris) and Raymond Queneau, writer and co-founder of the surrealist movement Oulipo, described a sick Paris in his poem ‘Mon beau Paris’ (my beautiful Paris). Whereas Arno Santamaria brought out a song called ‘Paris Ma Belle’ in aid of the victims of the November 2016 attacks in Paris. You’ll doubtless find many other examples.

In certain instances, town names are always masculine. When you’re talking about a district, such as ‘le vieux Nice’ or when the name is preceded by ‘tout, as in ‘le Tout-Paris’ (the whole of Paris).