LA PEINTURE ANTI-PIPI

avril 17, 2017

Que faire quand les gens, surtout les hommes, font pipi dans la rue?

Il y a beaucoup de plaintes des riverains qui trouvent leur quartier dégueulasse à cause de l’urine partout. Les gens en ont marre. Plusieurs arrondissements de Paris ont donc décidé de se servir de la peinture hydrophobe. Celui qui se soulage contre un mur voit son urine ricocher et arroser son pantalon.

Il paraît que cette solution marche déjà bien à Hambourg et à San Francisco. Malheureusement il y a un hic, c’est le prix: 500 euros pour recouvrir une surface de 6 mètres carrés. Entretemps, on attend une augmentation de l’amende pour ‘l’urine sauvage’ de 35 euros à 68 euros.

Quelques synonymes pour les toilettes: les cabinets, les sanitaires ou le petit coin. On emploie aussi des euphémismes comme Je vais voir Bernard, mais si vous avez un ami qui s’appelle Bernard, ça pourrait semer la confusion.

Mon site web : Vous trouverez des ressources pour vous aider en français à www.saliannefrenchfocus.com

ANTI-PEE PAINT

What can you do when people, mostly men, pee in the street?

There are a lot of complaints from local residents who find their area disgusting because of urine everywhere. People have had enough. So several Paris ‘arrondissements’ (quarters) have decided to use hydrophobic paint. Anyone relieving himself against a wall find that his urine bounces back and wets his trousers.

Apparently this solution is already working well in Hamburg and San Francisco. Unfortunately there’s a catch, it’s the price: 500 euros to cover a surface of 6 square metres. Meanwhile, an increase is expected in the fine for ‘urination in the wild’ from 35 euros to 68 euros.

A few synonyms for toilets: ‘les cabinets’, ‘les sanitaires’ or ‘le petit coin’. People also use euphemisms such as ‘I’m going to see Bernard’, but if you have a friend called Bernard, this could lead to confusion.

My website : You’ll find resources to help you with your French at www.saliannefrenchfocus.com


LES BAINS-DOUCHES MUNICIPAUX PARISIENS

mars 20, 2017

À Paris, il y a 16 bains-douches municipaux qui se trouvent dans dix arrondissements différents. Ils sont gratuits et à la disposition de tous. C’est un service public d’hygiène, destiné aux personnes qui n’ont pas accès à l’eau courante. Ils ont vu le jour à la fin du XIXe siècle. Chacun a sa cabine individuelle et il faut, bien sûr, apporter ses propres articles de toilette et serviettes.

Ceux de la rue des Haies dans le XXe arrondissement par exemple ont été rénovés en 2012. La façade style Art Déco avec ses mosaïques bleues est vraiment belle. Ouvert depuis 1928, l’établissement accueille même les personnes handicapées avec une cabine adaptée. La majorité des 7.500 usagers par mois sont des gens seuls et environ 70% sont des hommes. On consomme 500 m3 d’eau par mois dans les 49 cabines, bien que l’usage soit limité à 20 minutes par personne.

La clientèle se compose de SDF, de locataires de chambres de bonne sans équipements, d’étudiants, de familles de Roms, en fait pour la plupart des personnes en grande précarité. Les bains-douches sont débordants d’activité tous les jours et pourtant, le nombre de salariés qui s’occupent des lieux est en baisse.

Cet article intéressant de l’Obs vous donne des photos et des portraits d’usagers des bains-douches Parisiens:

http://tempsreel.nouvelobs.com/galeries-photos/societe/20160916.OBS8168/grand-format-qui-sont-les-usagers-des-bains-douches-parisiens.html#xtor=EPR-1-[ObsActu8h]-20160918

PARISIAN PUBLIC BATHS

In Paris there are 16 public baths which are located in ten different “arrondissements” (districts). They are free and available to all. This is a public health service, intended for people who don’t have access to running water. They appeared in the 19th century. There are individual cubicles and you must, of course, bring your own toiletries and towels.

The ones in the rue des Haies in the 20th “arrondissement” for example were renovated in 2012. The Art Deco style facade with its blue mosaics is really beautiful. Open since 1928, the establishment accommodates disabled people in a specially adapted cubicle. The majority of the 7,500 users per month are single people and around 70% are men. 500 m3 of water is used every month in the 49 cubicles, although usage is limited to 20 minutes per person.

The clientele is made up of the homeless, tenants of bedsits without facilities, students, Roma families, in fact mostly people in financial difficulties. The public baths are extremely busy every day and yet the number of employees looking after the premises is going down.

This interesting article on the Nouvel Obs website has photos and portraits of Paris public bath users.

http://tempsreel.nouvelobs.com/galeries-photos/societe/20160916.OBS8168/grand-format-qui-sont-les-usagers-des-bains-douches-parisiens.html#xtor=EPR-1-[ObsActu8h]-20160918


LA BIÈVRE, UNE RIVIERE SECRÈTE

janvier 30, 2017

Tout le monde connaît la Seine, corps et âme de Paris, grand artère commercial, culturel et touristique. Peut-être avez-vous déjà prix un voyage en bateau-mouche pour mieux apprécier cette rivière bien-aimée? Mais saviez-vous que sa soeur cadette, la Bièvre, coulait en plein coeur de Paris jusqu’à son bannissement sous terre?

La Bièvre prend sa source dans les Yvelines et rejoint la Seine à la gare d’Austerlitz. Ce cours d’eau autrefois vibrant, qui tient son nom des castors qui habitaient ses bords (du Gallois bebros) était victime de l’industrialisation du centre de Paris. La rivière a été divisée en deux: son cours naturel a été nommé le bras mort et le cours construit par l’homme le bras vif.

Des bouchers, des tanneurs, des blanchisseurs, des bottiers, des meuniers, des fabricants de textiles et j’en passe l’ont traité de dépotoir, à tel point qu’elle est devenue un risque pour la santé. C’est notre cher vieux Baron Haussmann (voir mon article dans l’archive sous la rubrique Paris en date du 16 mai 2016), qui a fini par décider que la partie Parisienne de la Bièvre devait disparaître. Aujourd’hui elle fait partie des égouts de la capitale.

Mais la rivière a toujours ses défenseurs, notamment les Lézarts de la Bièvre, une association d’artistes qui s’organisent autour de la rivière cachée et s’installent dans des ateliers du quartier. Des plaques commémoratives enfoncées dans le trottoir rappellent le tracé des deux bras.

À propos, quelle est la différence entre une rivière et un fleuve? Il paraît qu’un fleuve se jette toujours dans la mer et est souvent de taille importante.

Des tanneries le long de la Bièvre à la fin du 19e siècle

Tanneries alongside the Bièvre at the end of the 19th century

THE BIÈVRE, A SECRET RIVER

Everybody knows the Seine, the heart and soul of Paris, the big commercial, cultural and tourist artery. Maybe you’ve been on a boat-ride in a ‘bateau-mouche’ (pleasure boat) to get a better view of this beloved river. But did you know that its younger sister, la Bièvre, flowed right through the heart of Paris until it was banished underground?

The Bièvre rises in the Yvelines and joins up with the Seine at the Gare d’Austerlitz. This previously vibrant waterway, which gets its name from the beavers who used to live in its banks (from the Gallic bebros), was the victim of the industrialisation of the centre of Paris. The river was divided into two: its natural course was called the ‘dead arm’ and the manmade course the ‘living arm’.

Butchers, tanners, launderers, shoemakers, millers, textile makers and many more besides treated it as a dumping ground, to the extent that it became a health hazard. It was dear old Baron Haussmann (see my article in the archive under the ‘Paris’ heading, dated 16 May 2016), who ended up deciding that the Parisian section of the river had to disappear. Nowadays it is part of the Paris sewage system.

But the river still has its advocates, notably the ‘Lézarts de la Bièvre’, a group of artists who are organising themselves in the area of the hidden river and setting up in workshops in the district. Commemorative plaques sunk into the pavement show you the route of the two ‘arms’.

By the way, what’s the difference between ‘une rivière’ and ‘un fleuve’? Apparently, ‘un fleuve’ always flows into the sea and is often of significant size.


LES PARISIENNES

janvier 9, 2017

C’était comment pour les femmes qui vivaient à Paris entre 1939 et 1949? Si cette époque de l’histoire vous intéresse, le livre d’Anne Sebba “Les Parisiennes” (écrit en anglais) va vous plaire énormément. À une époque où les femmes n’avaient pas le droit de vote (seulement acquis en 1946), elles ont néanmoins joué un rôle important pendant “les années noires” de l’occupation allemande.

Sebba examine les collaboratrices et les résistantes, les actrices et les putes, les enseignantes et les écrivaines, les espionnes et les maîtresses, les grandes couturières et les coureuses automobiles (oui, vous l’avez lu correctement), afin de brosser un tableau des choix entre la vie et la mort auxquels les femmes étaient confrontées chaque jour.

L’exode de Paris de millions de personnes et les tribulations de la vie quotidienne de celles qui sont restées sont cataloguées en détail d’une façon fascinante. Il y a plusieurs photos intéressantes, dont une de chics femmes cyclistes qui pédalent à travers Paris pour la “Journée d’élégance à bicyclette” en juin 1942 (le pantalon était interdit mais des jupes-culottes contournaient le problème). Une autre photo montre les sacs cylindriques à la mode que les femmes portaient pour transporter leurs masques à gaz.

Au revers de la médaille, on voit aussi la photo d’une femme accusée de “collaboration horizontale”, humiliée en public, tondue et une croix gammée peinte sur le front.

Un bon livre à parcourir ou à lire de la première à la dernière page, selon le goût personnel.

LES PARISIENNES

What did it feel like to be a woman living in Paris from 1939 to 1949? If you’re interested in the history of this period, you’ll really like Anne Sebba’s book Les Parisiennes (written in English). At a time when French women didn’t have the vote (only acquired in 1946), they nevertheless played an important role during the ‘dark years’ of the German occupation.

Sebba looks at collaborators and resisters, actresses and prostitutes, teachers and writers, spies and mistresses, fashion designers and racing drivers (yes you read that correctly), to paint a picture of the life-and-death choices women had to face every day.

The flight from Paris of millions of people and the trials and tribulations of those who stayed behind are catalogued in fascinating detail. There are several interesting photos, including one of glamorous lady cyclists pedalling through Paris on the « Elegance on Bicycles Day » in June 1942 (trousers were officially prohibited but the divided skirt got round the problem). Another photo shows the fashionable cylindrical bags women carried containing their gas masks.

On the other side of the coin, you can also see a photo of a woman accused of “horizontal collaboration”, publicly humiliated, her head shaved and a swastika painted on her forehead.

A good book to dip into or to read cover to cover according to your taste.


LA PLUS ANCIENNE PÂTISSERIE DE PARIS

décembre 5, 2016

Nicolas Stohrer, Alsacien de naissance, a appris le métier de cuisinier et de pâtissier auprès du roi de Pologne, Stanislas Leszczynski. En 1725, Marie, la fille du roi, s’est mariée avec Louis XV et a emmené son pâtissier préféré avec elle à Versailles. En 1730, Nicolas Stohrer a quitté le palais pour ouvrir sa propre pâtisserie au 51, rue de Montorgueil dans le IIe arrondissement de Paris.

La création la plus célèbre de Stohrer est le baba au rhum. Cette pâtisserie est composée de brioche sèche, arrosée de vin de Malaga, parfumée au safran et fourrée de crème pâtissière, raisins secs et frais. Avec le temps, la crème chantilly a remplacé la crème pâtissière. À l’origine, ça s’appelait un Ali Baba, tenant son nom du personnage du conte des Mille et Une Nuits, dont le roi Stanislas était lecteur assidu.

Le puits d’amour est une autre spécialité de la maison dont la première recette est censée dater de 1735. Selon la légende, Louis XV avait l’habitude d’offrir cet entremets à ses maitresses comme preuve d’amour. Aujourd’hui c’est le gâteau incontournable à la Saint Valentin.

Si vous avez le bec sucré, ne manquez pas la pâtisserie Stohler lors de votre prochain passage à Paris.

THE OLDEST PATISSERIE IN PARIS

Nicolas Stohrer, born in Alsace, learnt the profession of chef and confectioner with the King of Poland, Stanislas Leszczynski. In 1725, Mary, the king’s daughter, married Louis XV and took her favourite confectioner with her to Versailles. In 1730, Nicolas Stohrer left the palace to open his own patisserie at 51, rue de Montorgueil in the second arrondissement of Paris.

Stohrer’s most famous creation is the rum baba. This patisserie is made of dry brioche, sprinkled with Malaga wine, flavoured with saffron and filled with confectioner’s custard, raisins and grapes. Over time, whipped cream has replaced confectioner’s custard. Originally, this was called an Ali Baba, taking its name from the character in the story of the Thousand and One Nights (Arabian Nights), of which King Stanislas was an avid reader.

The well of love is another house speciality whose original recipe is said to date from 1735. According to legend, Louis XV was in the habit of giving this sweet to his mistresses as proof of his love. Today it’s a must-have cake on Valentines Day.

If you’ve got a sweet tooth, don’t miss the Stohler Patisserie on your next visit to Paris.