C’EST LÀ LE HIC

décembre 29, 2020

Réélue en mai pour un deuxième mandat, la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, a eu pas mal de problèmes à surmonter, sans compter ceux associés à la pandémie. Elle a pris à bras le corps la pollution, la propreté, le logement et bien d’autres problèmes à long terme.

Même Airbnb est dans sa ligne de mire. Elle se dit pas opposée à ce que les Parisiens mettent un peu de beurre dans les épinards en louant leurs appartements ou chambres de temps en temps. Pourtant, elle a obtenu du gouvernement l’instauration d’un seuil maximum de location de 120 jours par an en même temps qu’un système d’enregistrement afin de faire des contrôles. Car 26 000 logements permanents ont déjà été perdus dans les arrondissements centraux.

Un problème qu’elle n’avait peut-être pas prévu: l’amende de 90 000 euros que doit payer la mairie de Paris suite à la nomination de plusieurs femmes à des postes importants. La situation paradoxale a de quoi surprendre. La ville est sanctionnée pour avoir essayé (en 2018) de rééquilibrer les promotions entre hommes et femmes. Il y avait onze femmes et seulement cinq hommes parmi les nominations de directeurs et sous-directeurs. Il s’agit d’un non-respect de l’objectif légal d’un minimum de 40% de nominations de personnes de chaque sexe dans ces emplois.

Anne Hidalgo a défendu sa décision et juge l’amende “absurde”. Surtout tenant compte du fait que la loi qui date de 2012 a été abrogée depuis. On ne peut pas gagner!

Bonne année!

THEREIN LIES THE RUB

Reelected in May for a second term, the socialist mayor of Paris, Anne Hidalgo, has had quite a few problems to overcome, quite apart from those connected with the pandemic. She’s tackled pollution, cleanliness, housing and many other long term problems.

Even Airbnb is in her sights. She says she’s not opposed to Parisians topping up their income by renting out their flats or rooms from time to time. However, she’s managed to get the government to establish a maximum number of 120 rental days per year, alongside a registration system in order to carry out checks. Because 26,000 permanent homes have already been lost in the central arrondissements.

A problem which she perhaps didn’t foresee: the fine of 90,000 euros which the Paris town hall must pay following the nomination of several women to senior posts. The paradoxical situation is somewhat surprising. The town is being sanctioned for having tried (in 2018) to balance promotions between men and women. There were eleven women and only five men amongst the nominations for manager and assistant manager posts. This constitutes a breach of the legal requirement for 40% of nominations to these posts to be from each sex.

Anne Hidalgo defended her decision and considers the fine “absurd”. Especially bearing in mind that the law which came in in 2012 has since been repealed. You can’t win!

Happy New Year!


COMMENT FAIRE DE LA PUB POUR UN CIMETIÈRE?

août 24, 2020

Comment s’y prendre pour faire de la publicité pour un cimetière? C’est le problème auquel ont dû se confronter les administrateurs du nouveau cimetière parisien qui a ouvert ses portes en 1804, aujourd’hui connu comme Père-Lachaise, le cimetière le plus visité du monde.

Le lieu de convalescence jésuite de 17 hectares, dont l’occupant le plus illustre était le confesseur de Louis XIV, François d’Aix de la Chaise, a été transformé en cimetière en 1804. Malgré les beaux jardins à l’anglaise, les Parisiens ont rechigné le nouveau site qu’ils jugeaient trop éloigné du centre de Paris dans un quartier réputé pour être populaire et pauvre.

Les administrateurs ont eu une idée futée pour une campagne publicitaire par laquelle ils ont transféré les restes de personnes célèbres, notamment Jean de la Fontaine et Molière, au nouveau cimetière, lui donnant ainsi un certain prestige.

Personne ne semble savoir exactement combien de personnes y ont été enterrées au cours des années, parmi les environ 5 000 arbres. Les estimations varient entre 300 000 et 1 000 000, dont le compositeur Frédéric Chopin, l’écrivain Marcel Proust, le poète et dramaturge Oscar Wilde, la chanteuse Édith Piaf et la star du rock Jim Morrison.

HOW WOULD YOU MARKET A CEMETERY?

How would you go about marketing a cemetery? This was the problem facing the administrators of the new Paris cemetery opened in 1804 which came to be known as Père-Lachaise and is now the most visited cemetery in the world.

The 17 hectare Jesuit convalescent home, whose most illustrious occupant was Louis XIV’s confessor, François d’Aix de la Chaise, was converted into a cemetery in 1804. Despite the beautifully landscaped gardens, Parisians turned up their noses at the new site which they thought was too far from the centre of Paris and in an area reputed to be working-class and poor.

The administrators came up with a clever marketing campaign whereby they transferred the remains of famous people, notably Jean de la Fontaine and Molière, to the new cemetery thus giving it a certain cachet.

Nobody seems to know exactly how many people have been buried there over the years amongst the 5000 or so trees. Estimates vary from 300,000 to 1,000,000, including composer Frédéric Chopin, author Marcel Proust, poet and playwright Oscar Wilde, singer Édith Piaf and rock star Jim Morrison.


SUR LE TOIT

mai 4, 2020

On aurait pu craindre que le confinement dû au coronavirus porterait le coup de grâce à La Clef, le dernier cinéma associatif de Paris dans le Ve arrondissement, près du Jardin des Plantes et de la mosquée de Paris.

Au moment du grand renfermement de mars, le cinéma était squatté par un groupe de cinéphiles, spectateurs, ex-salariés et réalisateurs, car le propriétaire des lieux veut vendre le bâtiment. Soutenus, du moins verbalement, par la mairie de Paris et la mairie du Ve, les occupants illégaux assuraient au moins une séance par jour.

Depuis plusieurs années, ce quartier estudiantin est en train de s’embourgeoiser. Le m2 vaut près de 12 000 euros et les célèbres librairies ferment à la pelle.

Mais La Clef, ultime bastion du cinéma indépendant, est devenue porteur d’espoir. Loin des grandes salles impersonnelles qui puent le popcorn, le collectif a trouvé un moyen radical de conserver le cinéma pendant cette période déroutante et anxiogène: ils projètent des films sur le toit du cinéma.

Cette tentative de garder active la présence du cinéma permet aux riverains de voir un film chaque vendredi depuis chez eux, une intervention mémorable qui doit remonter le moral aux cinéphiles. Espérons que le coronavirus ne sonne pas le glas de l’indépendance innovative et que La Clef ne va pas devoir mettre la clef sous la porte.

UP ON THE ROOF

You might have feared that the lockdown due to coronavirus would finish off La Clef, the last community cinema in Paris’ fifth arrondissement, near the Jardin Des Plantes and the Paris mosque.

At the time of the big shutdown in March, the cinema was being squatted by a group of film lovers, spectators, ex-staff and film directors, as the owner of the premises wants to sell the building. Supported, at least verbally, by the Paris and local authorities, the illegal occupants were putting on at least one screening per day.

For several years now, this student quarter has been becoming gentrified. Real estate is worth nearly 12,000 euros per m2 and the famous bookshops are closing by the dozen.

But La Clef (The Key), the last bastion of independent cinema, has become a beacon of hope. A far cry from the huge impersonal multiplexes stinking of popcorn, the collective has found a radical way of keeping cinema going during this baffling and stressful period: they’re projecting films onto the roof of the cinema.

This attempt to keep the cinema’s presence alive allows the locals to see a film every Friday without leaving their homes, a memorable measure designed to cheer up cinema lovers. Let’s hope that the coronavirus doesn’t sound the death knell for innovative independence and that La Clef isn’t going to have to go out of business.


LE MUSÉE DE LA POSTE

décembre 16, 2019

Après cinq ans de travaux, ce musée méconnu vient de rouvrir ses portes. Sur sept étages, une quinzaine de salles d’exposition sont entièrement dédiées aux six siècles de l’histoire de la Poste et à la philatélie.

Le bâtiment, synonyme de l’architecture des années 70 avec son enveloppe de béton et ses sculptures de parpaings sur la façade, a été complètement réinventé à l’intérieur. Le coeur du nouvel agencement est une colonne “totem” vitrée de 20 m de hauteur et 7 m de large, fournissant une spectaculaire galerie verticale.

Au premier étage, on peut voir tous les timbres émis en France depuis 1849, environ 4000 oeuvres d’art en miniature. Au deuxième étage, hommes et métiers sont exposés et au 3e, la conquête du territoire depuis le cheval jusqu’aux drones. On se régale de nombreuses pépites comme une robe de bal faite de 2000 timbres et une compression de chèques postaux créée par le sculpteur César.*

À l’extérieur, on trouve une série de panneaux festifs qui illustrent les différentes boîtes postales au fil des années et qui rendent hommage aux mouvements d’art comme l’art nouveau, l’art déco et le pop art. Des messages au sujet de l’accélération de l’extinction de la faune y sont intégrés, de la chasse aux trophées à la pollution plastique.

Le musée se trouve au 34, boulevard de Vaugirard au coeur du quartier de Montparnasse dans le Xve et vaut bien le détour.

* Pour un article au sujet de César, suivez ce lien: https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2017/02/27/cesar/

Et pour connaître le facteur le plus célèbre de France:

https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2018/03/05/ferdinand-cheval-le-facteur-le-plus-celebre-au-monde/

Votre blogueuse va marquer une courte pause. Je souhaite à tous mes lecteurs et lectrices de très bonnes fêtes de fin d’année.

THE POST MUSEUM

After five years of works, this little known museum has just reopened its doors. On seven levels, around fifteen exhibition halls are entirely given over to six centuries of the history of the French post office and to philately.

The building, synonymous with the architecture of the seventies with its concrete envelope and breeze block sculptures on the facade, has been completely redesigned inside. The heart of the new layout is a glass “totem” column 20 m high and 7 m wide, providing a spectacular vertical gallery.

On the first floor, you can see all the stamps issued in France since 1849, around 4000 miniature works of art. On the second floor, “men and jobs” are exhibited and on the third, “conquering the territory” from the horse to the drone. You can enjoy numerous gems such as a ball dress made from 2000 stamps and a compression of post office cheques created by the sculptor César.*

Outside, you find a series of festive panels illustrating different postboxes through the years and which pay tribute to artistic movements like “art nouveau”, “art deco” and “pop art”. Messages about the speeding up of the extinction of fauna have been integrated into the panels, from trophy hunting to plastic pollution.

The museum is at 34, boulevard de Vaugirard in the heart of the Montparnasse quarter in the 15th arrondissement and is well worth a visit.

* For an article about César, follow this link:

https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2017/02/27/cesar/

And to find out about France’s most famous postman:

https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2018/03/05/ferdinand-cheval-le-facteur-le-plus-celebre-au-monde/

Your blogger is taking a short break. Season’s greetings to all my readers.


LA RÉVOLUTION DU FREE-FLOATING

octobre 14, 2019

À Paris l’économie des petits boulots bat son plein. Un nouveau métier a surgi récemment, celui de juicer. Des auto-entrepreneurs rechargent les batteries de trottinettes.

Au mois de mai, il y avait déjà 15 000 trottinettes électriques en libre-service disponibles à Paris et le parc pourrait atteindre 40 000 avant la fin de l’année.

Le conseil de Paris, tout en soutenant cette alternative écolo à la voiture individuelle polluante, a dû adopter des mesures afin de protéger les piétons (on ne doit pas circuler sur les trottoirs), délimiter le stationnement, responsabiliser les opérateurs (déjà au nombre de 12) et réguler la flotte.

Beaucoup des juicers utilisent un véhicule pour récupérer les trottinettes. Pendant la journée on ne peut ramasser que les machines dont la batterie est vide. Après 9h du soir, on peut les ramasser toutes. Il faut les déposer avant 7 heures du matin, sinon on ne sera pas payé.

Inévitablement, la concurrence entre les juicers est forte. Un juicer aurait dit que c’est une activité “plutôt sportive: j’ai perdu 6 kilos depuis que j’ai commencé à charger des trottinettes”.

La trottinette a aussi débarqué à Bordeaux, Lyon, Marseille et Toulouse. La révolution du free-floating est en plein boum.

THE FREE-FLOATING REVOLUTION

The gig economy is in full swing. A new job has suddenly appeared in Paris, that of “juicer”. Self-employed people are working as electric scooter chargers.

In May there were already 15,000 self-service electric scooters available in Paris and the fleet could reach 40,000 by the end of the year.

The city council, whilst supporting this green alternative to polluting private cars, has had to adopt measures in order to protect pedestrians (riding on the pavement is not allowed), restrict parking, make operators (already there are 12 of them) understand their responsibilities and regulate the fleet.

A lot of the “juicers” use a vehicle to recover the scooters. During the day you’re only allowed to collect machines with flat batteries. After 9pm you can pick up any machine. You have to drop them off before 7 in the morning, otherwise you won’t get paid.

Inevitably there’s strong competition between “juicers”. A “juicer” is quoted as saying that it’s “a really athletic activity: I’ve lost 6 kilos since I started charging scooters”.

Scooters have also shown up in Bordeaux, Lyon, Marseille and Toulouse. The free-floating revolution is on the up.