LA FRANCOPHONIE

octobre 20, 2014

C’était en 1880 qu’un géographe français, Onésime Reclus (quel joli nom !), a inventé le terme francophonie pour désigner l’ensemble des personnes et des pays qui parlent français. On l’écrit avec un ‘f’ minuscule pour les locuteurs de français et avec un ‘F’ majuscule pour l’organisation qui dirige les relations entre les pays francophones.

Pendant les années soixante, avec l’indépendance de plusieurs pays africains, le concept a gagné du terrain. L’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie), l’organisme responsable de la coopération des pays qui ont le français comme langue maternelle, a été créé en 1970. Avec sa devise égalité, complémentarité, solidarité, elle joue un rôle actif dans les domaines de la culture, la science, l’économie, la justice et la paix . Aujourd’hui, on estime le nombre de locuteurs de français à 220 millions.

Cet espace linguistique partagé a déclenché bien d’autres organisations, notamment la chaine de télévision Télé 5 Monde, le festival annuel Francofolies à La Rochelle et les Jeux de la francophonie qui émulent les Commonwealth Games, où le sport s’allie à  la culture pour témoigner de la solidarité francophone. La construction récente à Cannes d’une nouvelle constellation de satellites O3B aura sans doute bien des retentissements pour la francophonie.

Pour voir un court documentaire qui retrace l’histoire de la Francophonie : (Attention, il y aura peut-être une courte pause avant l’arrivée de la vidéo sur l’écran)

http://mediatheque.francophonie.org/40e-anniversaire-de-l-OIF-20-mars,31787.html

 

carte francophonie

 

THE FRENCH SPEAKING WORLD

It was in 1880 that a French geographer, Onésime Reclus (what a lovely name!), coined the term ‘francophonie’ to designate the group of people and countries which speak French. It’s written with a small ‘f’ for French speakers and with a big ‘F’ for the organisation which is responsible for relations between French-speaking countries.

During the 1960s, with the independence of several African countries, the concept gained ground. The OIF (International Francophone Organisation), the organisation in charge of cooperation between countries whose native language is French, was created in 1970. With its motto’ equality, complementarity, solidarity’, it plays a big part in the fields of culture, science, economy, justice and peace. Today, the number of French speakers is estimated at 220 million.

This shared language has given rise to many other organisations, notably the TV channel Télé 5Monde, the annual ‘Francofolies’ festival in La Rochelle and the Francophone Games, similar to the Commonwealth Games, where sport and culture come together to demonstrate francophone solidarity. The recent construction in Cannes of the  new O3B (other 3 billion) constellation of satellites will doubtless have a profound effect on the French-speaking world.

To see a short documentary recounting the history of ‘la Francophonie’: (Beware, there may be a short pause before the video appears on screen)

http://mediatheque.francophonie.org/40e-anniversaire-de-l-OIF-20-mars,31787.html


FAIRE GRÈVE

février 18, 2014

Vous connaissez probablement les mots grève et gréviste. Mais connaissez-vous l’origine de ces mots?

Le mot grève trouve son origine sur la place de Grève, une sorte de quai ou de plage devant l’Hôtel de Ville de Paris où on déchargeait des marchandises arrivant par la Seine. Tout comme le ‘Strand’ de Londres. Vous voyez, après tout Paris-Plage n’était pas si innovant qu’on le pensait.

Les ouvriers sans travail avaient l’habitude de se réunir à l’aube place de Grève à la recherche d’employeurs pour la journée. On appelait ces ouvriers des grévistes.

Si le sens vous paraît le contraire du sens actuel, sachez que ceux qui étaient en conflit avec leurs patrons et cherchaient donc un nouvel emploi avec de meilleures conditions de travail se rendaient en grève.

La place de Grève est aussi célèbre dans son rôle de lieu d’exécution public. La première exécution par guillotine a eu lieu place de Grève en 1792. En 1803, la place de Grève a été rebaptisée  place de l’Hôtel de Ville.

place greve wikimedia

ON STRIKE

You probably know the words’ grève’ (strike) andgréviste’(striker). But do you know the origin of these words?

The word ‘grève’ originates in ‘la place de Grève’ a sort of quay or beach in front of the Paris City Hall where goods arriving on the Seine river were unloaded. Just like The Strand in London. You see, Paris-Plage wasn’t such an innovation as we thought after all.

Unemployed workers were in the habit of gathering at dawn in Grève Square to look for work for the day. These workers were known as ‘grévistes’.

If the meaning seems the opposite of the current meaning, you should know that people who were in conflict with their employers and were therefore looking for new jobs with better working conditions went along to the Grève.

La place de Grève (Grève Square) is also famous in its role as a place of public execution. The first execution by guillotine took place in la place de Grève in 1792. In 1803, ‘la place de Grève’ was renamed ‘place de l’Hôtel de Ville’ (City Hall Square).


POURQUOI ‘ORDINATEUR’ ET PAS ‘COMPUTER’?

octobre 29, 2013

Mes recherches sur internet révèlent que, pendant les années 1950 quand IBM France cherchait un nom pour sa nouvelle machine électronique de traitement de l’information, ils voulaient éviter les mots anglais ‘computer’ ou ‘calculateur’ qui, à l’époque, était réservés aux machines plutôt scientifiques. En outre, si on prononce le mot ‘computer’ avec un accent français, il ressemble à un mélange de deux mots insultants. Je vous laisse rassembler les pièces vous-mêmes.

Donc, on a consulté Jacques Perret, titulaire de la chaire de philologie latine à la Sorbonne. Monsieur Perret a pesé plusieurs alternatives (systémateur, combinateur, congesteur, synthétiseur et j’en passe), avant de tomber sur le mot ordinateur, d’origine théologique, qui désignait Dieu comme quelqu’un qui mettait de l’ordre dans le monde. Monsieur Perret préférait la forme féminine : ordinatrice qui séparerait le mot de la théologie, mais puisque le mot n’était pas connu par la plupart des utilisateurs, IBM a choisi la forme masculine.

Ils ont d’abord essayé de protéger le nom comme une marque, mais le mot convenait si rapidement aux utilisateurs qu’ils ont vite décidé de le laisser dans le domaine public.

Le mot ‘informatique’ qui désigne ‘data processing’ ‘I.T.’ ou ‘computer science’ est une combinaison des mots ‘information’ et ‘automatique’. Le néologisme est utilisé pour la première fois en France en 1962.

Musée de l'ordinateur-10

Musée de l’ordinateur-10 (Photo credit: shogunangel)

WHY ‘ORDINATEUR’ AND NOT ‘COMPUTER’ ?

My internet research shows that, during the nineteen fifties when IBM France was looking for a name for its new electronic data processing machine, they wanted to avoid the English words ‘computer’ and ‘calculator’, which at the time were reserved for more scientific machines. Also, if you pronounce the word ‘computer’ with a French accent, it sounds like a mixture of two insults. I’ll leave you to work this one out.

So, they consulted Jacques Perret, Chair of Latin Philology at the Sorbonne. Mr Perret weighed up various alternatives (systemator, combinator, congestor, synthesiser and so on), before alighting on the word ‘ordinateur’ which was of theological origin, being used to describe God as someone who put the world in order. Mr Perret preferred the feminine form ‘ordinatrice’ which would separate it from theology, but since the word was unknown to most users, IBM chose the masculine form.

At first they tried to patent the name, but it appealed to users so quickly that they soon decided to leave it in the public domain.

The word ‘informatique’ which means data processing , IT or computer science is a combination of the words ‘information’ and ‘automatique’. This neologism was first used in France in 1962.


LE VIAGER

octobre 8, 2013

Vous avez sûrement entendu parler du viager, mais vous ne savez peut-être pas exactement de quoi il s’agit.

Le mot est originaire de l’ancien français ‘viaje’ qui signifie ‘temps de vie’. Alors si vous vendez une maison en viager, le contrat vous garantit un revenu (d’habitude mensuel) et le droit de rester dans la maison jusqu’à votre mort. Ce type de contrat était d’usage beaucoup plus courant autrefois quand il n’y avait pas de prestations de retraite.

Le célèbre cas de Jeanne Calment, née en 1875, démontre les désavantages potentiels pour l’investisseur qui parie sur la longévité d’une vendeuse. À l’âge de 90 ans, Madame Calment a vendu sa maison en viager à son notaire, alors âgé de 47 ans. Il ne se doutait pas qu’elle deviendrait ‘la doyenne de l’humanité’ qui a survécu jusqu’à l’âge de 122 ans. Il aurait dû être mieux avisé ! Le notaire a dû payer Madame Calment pendant 30 ans, jusqu’à sa propre mort en 1997 et après, ses héritiers ont dû continuer de payer. La maison leur a finalement coû le double de sa valeur.

À propos ! Il paraît que Madame Calment a attribué sa longévité à la consommation de l’huile d’olive et d’un kilo de chocolat par semaine. Elle faisait toujours du vélo à l’âge de 100 ans. Un exemple pour nous tous.

Jeanne Calment at age 121 in 1996, the oldest ...

LE VIAGER

You’ve almost certainly heard of the word ‘viager’, but perhaps don’t know exactly what it’s about.

The word comes from the old French ‘viaje’ which means ‘duration of life’. So if you sell your house ‘en viager’, the contract guarantees you an income (usually monthly) and the right to remain in the house until your death (a life annuity). This type of contract was much more common in the past when there were no retirement benefits.

The famous case of Jeanne Calment, who was born in 1875, shows the potential disadvantages for an investor who bets on a seller’s longevity. At the age of 90, Madame Calment sold her house ‘en viager’ to her solicitor who was then aged 47. He never dreamt that she would become the oldest ever human being who survived until the age of 122. He should have known better! The solicitor had to pay Madame Calment for 30 years until his own death in 1997 and, afterwards, his heirs had to carry on paying. The house finally cost them twice its original value.

By the way! It seems that Madame Calment attributed her longevity to eating olive oil and a kilo of chocolate per week. She was still cycling at the age of 100. An example to us all.


MONSIEUR POUBELLE

mai 31, 2013

Monsieur Eugène-René Poubelle était Préfet de la Seine à Paris dans les années 1880. Il s’intéressait beaucoup à l’hygiène de la capitale et c’est lui qui a obligé les propriétaires d’immeubles à fournir aux locataires des récipients pour les déchets ménagers.

On aurait pu penser que le recyclage était une idée récente, mais cet arrêté municipal prévoyait le tri des déchets. Il y avait trois boîtes : une pour les matières putrescibles, une pour les papiers et les chiffons et une troisième pour le verre et la faïence.

Les Parisiens ont pris l’habitude d’appeler ces bacs à ordures d’après le nom de leur instigateur mais Monsieur Poubelle était certainement loin de se douter que le mot perdurerait jusqu’au 21e siècle. Le mot apparait pour la première fois dans le Dictionnaire Universel du XIXe Siècle en 1890.

On doit aussi à Monsieur Poubelle le concept du tout à l’égout, encore une mesure qui montre qu’il était bien en avance sur son temps.

 

Plaque de la rue Eugène Poubelle, Paris 16e Eu...

Plaque de la rue Eugène Poubelle, Paris 16e (Photo credit: Wikipedia)

MISTER POUBELLE (MISTER DUSTBIN)

Mr Eugène-René Poubelle was Prefect of the Seine in Paris during the 1880s. He was very interested in public health in the capital and he was responsible for getting landlords to supply their tenants with receptacles for household waste.

You might have thought that recycling was a new idea, but this municipal bylaw allowed for the separation of rubbish. There were three bins: one for compostables, one for paper and rags and a third for glass and pottery.

Parisians got into the habit of calling these rubbish bins after the name of their instigator, Mr Poubelle, but little did he know that the word would persist into the 21st century. The word first appeared in the Universal Dictionary of the 19th Century in 1890.

We also owe the concept of mains drainage to Mr Poubelle, another measure which shows that he was well ahead of his time.