PAIN AU CHOCOLAT OU CHOCOLATINE?

août 27, 2018

Une personne originaire du Sud-Ouest monte à Paris, entre dans une boulangerie et demande une chocolatine. La boulangère éclate de rire ou lui lance un regard furieux, selon son tempérament. “Un pain au chocolat, vous voulez dire!” répond elle.

L’éternel débat a même atteint l’Assemblée nationale récemment quand une poignée de députés voulait faire reconnaître le mot “chocolatine” comme alternative officielle du pain au chocolat. Leur amendement au projet de loi agriculture et alimentation a été rejeté.

Un livre “Atlas du français de nos régions” de Mathieu Avanzi ne se limite pas aux viennoiseries. Au moyen de cartes fascinantes, il démontre les mots et expressions utilisées dans de différentes régions de la France métropolitaine, ainsi qu’en Wallonie et en Suisse romande.

Un crayon de bois s’appelle un crayon de papier, un crayon à papier, un crayon gris ou un crayon mine, selon les régions. Et la fameuse serpillière se désigne de nombreuses manières: la panosse, la patte, la toile, la cinse, la bâche, la loque, le torchon, la pièce, la peille et la wassingue. Ouf!

Vous amateurs de la musique populaire des années soixante, souvenez-vous de la chanson de Joe Dassin en 1969 Le petit pain au chocolathttps://www.youtube.com/watch?v=FaswDILZU8c

PAIN AU CHOCOLAT OR CHOCOLATINE?

Someone from south-west France goes up to Paris, goes into a bakery and asks for a ‘chocolatine’. The baker bursts out laughing or gives him a furious look, according to her temperament. “You mean a pain au chocolat!” she replies.

The eternal debate even reached parliament recently when a handful of MPs wanted to gain recognition for the word “chocolatine” as an official alternative to the “pain au chocolat”. Their amendment to the agriculture and food bill was voted down.

A book by Mathieu Avanzi “Atlas of French in our regions” doesn’t restrict itself to pastries. By means of fascinating maps, it shows words and expressions used in different areas of metropolitan France, as well as Wallonie (southern Belgium) and French-speaking Switzerland.

A pencil is called “un crayon de bois”, “un crayon de or à papier”, “un crayon gris” or “un crayon mine” according to area. And the famous serpillière (floor mop) is referred to in numerous ways: la panosse, la patte, la toile, la cinse, la bâche, la loque, le torchon, la pièce, la peille et la wassingue. Phew!

You fans of sixties pop music, do you remember the Joe Dassin song in 1969 “Le petit pain au chocolat”? https://www.youtube.com/watch?v=FaswDILZU8c

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SON PIED DROIT

mars 19, 2018

Vous connaissez peut-être déjà certaines oeuvres de l’auteur américain Dave Eggers comme son merveilleux roman dystopique Le Cercle, ou Un Hologramme pour le Roi, adapté pour le cinéma avec comme vedette Tom Hanks.

Mais le dernier livre de Dave Eggers est toute autre chose. C’est un livre d’images, une sorte de BD, qui raconte l’histoire de la Statue de la Liberté qui, comme vous le savez peut-être, a ses origines en France.

C’est le juriste et professeur Édouard de Laboulaye qui a eu l’idée originale de faire construire une statue qui serait offerte par le peuple français au peuple américain à l’occasion du centenaire de la Déclaration d’indépendance américaine. Le projet a été confié au sculpteur Auguste Bartholdi.

Avant d’être expédié à New York, la statue a d’abord été assemblée en 1884 à Paris où elle est restée presqu’une année. Ensuite, démontée et emballée dans 214 caisses, elle a traversé l’Atlantique sur le bateau l’Isère. Le réassemblage a duré 17 mois. À cette époque, la statue était brune car elle était en cuivre. Au fil des années, le cuivre a oxydé et la statue est devenue verte.

Le livre raconte plein de détails captivants, notamment la théorie que, en fait, la statue est en train de marcher. Les illustrations de Shawn Harris sont formidables. Je vous le recommande vivement, à vous, à vos enfants et à vos petits-enfants: un livre fascinant pour toutes les générations.

HER RIGHT FOOT

You may already know some of American author Dave Eggers’ books such as his marvellous dystopian novel The Circle, or A Hologram for the King, adapted for the cinema starring Tom Hanks.

But Dave Eggers’ latest book is something totally different. It’s a picture book, a sort of ‘bande dessinée’ (cartoon book), which tells the story of the Statue of Liberty which, as you you may know, has its origins in France.

It was the lawyer and professor Édouard de Laboulaye who had the original idea of having a statue built which would be given by the French people to the American people to celebrate the centenary of the American declaration of independence. The project was entrusted to the sculptor Auguste Bartholdi.

Before being sent to New York, the statue was first assembled in 1884 in Paris, where it stayed for almost a year. Then it was dismantled and packed into 214 cases and crossed the Atlantic on the ship the Isère. Putting it back together took 17 months. At that that time, the statue was brown as it was made of copper. Over the years, the copper oxidised and the statue became green.

The book recounts lots of captivating details, not least the theory that the statue is actually walking. Shawn Harris’ illustrations are brilliant. I highly recommend it to you, your children and your grandchildren: a fascinating book for all generations.


LES PARISIENNES

janvier 9, 2017

C’était comment pour les femmes qui vivaient à Paris entre 1939 et 1949? Si cette époque de l’histoire vous intéresse, le livre d’Anne Sebba “Les Parisiennes” (écrit en anglais) va vous plaire énormément. À une époque où les femmes n’avaient pas le droit de vote (seulement acquis en 1946), elles ont néanmoins joué un rôle important pendant “les années noires” de l’occupation allemande.

Sebba examine les collaboratrices et les résistantes, les actrices et les putes, les enseignantes et les écrivaines, les espionnes et les maîtresses, les grandes couturières et les coureuses automobiles (oui, vous l’avez lu correctement), afin de brosser un tableau des choix entre la vie et la mort auxquels les femmes étaient confrontées chaque jour.

L’exode de Paris de millions de personnes et les tribulations de la vie quotidienne de celles qui sont restées sont cataloguées en détail d’une façon fascinante. Il y a plusieurs photos intéressantes, dont une de chics femmes cyclistes qui pédalent à travers Paris pour la “Journée d’élégance à bicyclette” en juin 1942 (le pantalon était interdit mais des jupes-culottes contournaient le problème). Une autre photo montre les sacs cylindriques à la mode que les femmes portaient pour transporter leurs masques à gaz.

Au revers de la médaille, on voit aussi la photo d’une femme accusée de “collaboration horizontale”, humiliée en public, tondue et une croix gammée peinte sur le front.

Un bon livre à parcourir ou à lire de la première à la dernière page, selon le goût personnel.

LES PARISIENNES

What did it feel like to be a woman living in Paris from 1939 to 1949? If you’re interested in the history of this period, you’ll really like Anne Sebba’s book Les Parisiennes (written in English). At a time when French women didn’t have the vote (only acquired in 1946), they nevertheless played an important role during the ‘dark years’ of the German occupation.

Sebba looks at collaborators and resisters, actresses and prostitutes, teachers and writers, spies and mistresses, fashion designers and racing drivers (yes you read that correctly), to paint a picture of the life-and-death choices women had to face every day.

The flight from Paris of millions of people and the trials and tribulations of those who stayed behind are catalogued in fascinating detail. There are several interesting photos, including one of glamorous lady cyclists pedalling through Paris on the « Elegance on Bicycles Day » in June 1942 (trousers were officially prohibited but the divided skirt got round the problem). Another photo shows the fashionable cylindrical bags women carried containing their gas masks.

On the other side of the coin, you can also see a photo of a woman accused of “horizontal collaboration”, publicly humiliated, her head shaved and a swastika painted on her forehead.

A good book to dip into or to read cover to cover according to your taste.


LE SPARADRAP DU CAPITAINE HADDOCK

octobre 17, 2016

Un petit tour d’Internet vous révélera un tas de références au sparadrap du Capitaine Haddock, surtout à propos d’hommes politiques français bien connus. Mais que veut dire ce dicton mystérieux? Peut-être seuls les Tintinophiles parmi vous seront à la page là-dessus.

C’est une référence à un personnage qui figure dans les BD d’Hergé, Les Aventures de Tintin. Le Capitaine Haddock a fait sa première apparition dans Le Crabe aux Pinces d’Or, mais c’est dans l’Affaire Tournesol que l’on trouve la scène mémorable où le Capitaine Haddock tente en vain de se débarrasser d’un pansement qui lui colle partout. Le marin bien-aimé devient rapidement de plus un plus énervé.

De nos jours, la phrase est appliquée à une affaire gênante qui refuse de se calmer. Emplois fictifs (Alain Juppé), l’affaire Bettencourt (Nicolas Sarkozy), la déchéance de nationalité (François Hollande), l’aéroport de Notre Dame des Landes (Jean-Marc Ayrault), TTIP (la commission Européenne) et j’en passe, des questions controversées qui attrapent comme un papier tue-mouche et semblent retourner pour l’éternité. Vous trouverez sans doute plusieurs exemples pareils dans votre propre pays.

Le caricaturiste belge Hergé, mort en 1983, (de son vrai nom Georges Remi – il a simplement inversé ses initiales) serait ravi de savoir que le gag du sparadrap a perduré jusqu’au XXIe siècle.

Pour regarder un extrait gratuit de la vidéo de l’Affaire Tournesol : http://www.ina.fr/video/VDD13011133

CAPTAIN HADDOCK’S ELASTOPLAST

A quick whizz round the Internet will produce a load of references to Captain Haddock’s elastoplast, especially concerning well-known French politicians. But what does this mysterious saying mean? Maybe only the Tintin lovers amongst you will be up to speed on it.

It’s a reference to a character who appears in the Hergé cartoons, The Adventures of Tintin. Captain Haddock made his debut in The Crab with the Golden Claws, but it’s in The Calculus Affair that you find the memorable scene where Captain Haddock tries in vain to get rid of an elastoplast which sticks all over him. The beloved sailor quickly gets more and more annoyed.

These days, the phrase is applied to an embarrassing affair that just won’t go away. Fictional posts (Alain Juppé), the Bettencourt affair (Nicolas Sarkozy), the loss of nationality issue (François Hollande), Notre Dame des Landes airport (Jean-Marc Ayrault), TTIP (the European Commission) and so on, controversial issues which stick like fly paper and seem to keep coming back forever. Doubtless you’ll find lots of similar examples in your own country.

The Belgian cartoonist Hergé, who died in 1983 (real name Georges Remi – he simply reversed his initials) would be delighted to know that the elastoplast gag has survived into the 21st century.

To see a free extract from the video of l’Affaire Tournesol:

http://www.ina.fr/video/VDD13011133


LE CHAPEAU DE MITTERRAND

juillet 7, 2015

Pensez-vous que le simple fait de porter un certain chapeau pourrait vous changer la vie ? C’est la prémisse de base du roman d’Antoine Laurain Le Chapeau de Mitterrand qui brosse un tableau réjouissant de la France des années quatre-vingt à travers plusieurs personnages qui se voient propriétaires temporaires du chapeau du grand homme.

Le couvre-chef du Président passe de main en main nous plongeant dans les dilemmes des porteurs de cette France de l’ère d’avant les téléphones portables. Pas besoin de croire qu’un chapeau puisse posséder de vrais pouvoirs magiques : les femmes reconnaîtront comment des vêtements sont capables de vous faire voir la vie autrement.

Le style d’écriture est simple et facile à suivre mais pour autant pas simpliste. Ça me rappelle un peu les romans de la série de Scotland Street d’Alexander McCall Smith, mais avec une atmosphère française bien sûr.

Je vous recommande vivement ce récit plein de charme et de fantaisie gallique qui conviendrait même à ceux qui se battent pour lire un roman entier en français. Il est court, quelque 190 de pages en livre de poche, et les chapitres sont courts aussi. Une traduction anglaise est aussi disponible pour acheter au cas où… Le dernier roman de Laurain La Femme au Carnet Rouge est également une vraie perle.

chapeau de mitterrand 1 chapeau de mitterrand 2

MITTERRAND’S HAT

Do you think the mere fact of wearing a certain hat could change your life ? That’s the basic premise of Antoine Laurain’s novel ‘Le Chapeau de Mitterrand’which paints a delightful picture of France in the 1980s through various characters who find themselves in temporary possession of the great man’s hat. 

The President’s titfer passes from hand to hand, immersing us in the dilemmas of the wearers in this pre-mobile phone era in France. No need to believe that a hat can actually have magic powers: women will recognise how clothes are able to make you see life differently. 

The writing style is straightforward and easy to follow, but not simplistic for all that. It reminds me a bit of the Scotland Street novels of Alexander McCall Smith, but with a French flavour of course.

I really recommend this story full of charm and Gallic whimsy which would also be suitable for people who struggle to get through a whole French novel. It’s short, some 190 pages in paperback, and the chapters are short too. An English version is also available to buy just in case… Laurain’s latest novel ‘La Femme au Carnet Rouge’ (The Red Notebook) is another little gem.