AUTANT EN EMPORTE LE VENT

juin 8, 2020

La sortie ce printemps d’une nouvelle traduction française d’Autant Emporte Le Vent promet d’être un des événements littéraires de l’année.

Vous connaissez sûrement le film homonyme qui, si on fait une rectification pour l’inflation monétaire, est encore le plus grand succès de l’histoire du cinéma. Le roman de Margaret Mitchell a vu le jour en 1936 et l’unique traduction française date de 1939. À l’époque la mode était d’éviter les traductions mot-à-mot. Tout cela est bien beau, mais on avait tendance plutôt à expliquer au lecteur, à réécrire le roman en fait.

La première ligne illustre ça parfaitement: Scarlett O’Hara was not beautiful a été traduite en 1939 comme Scarlett O’Hara n’était pas une beauté classique. La nouvelle version respecte l’original Scarlette O’Hara n’était pas belle. Rester fidèle à l’original sans écrire une prose poussive ou maladroite, c’est l’art de la traduction.

La nouvelle traduction de Josette Chicheportiche, paraîtra directement en format poche aux Éditions Gallmeister. Les nouvelles traductions sont actuellement en vogue: une nouvelle version de 1984 de George Orwell par Josée Kamoun est sortie le 28 mai en édition de poche.

À propos, saviez-vous que la phrase française autant en emporte le vent se dit des choses auxquelles on s’engage ou qu’on se promet à soi-même et qu’on n’exécute jamais. Comme certaines de mes résolutions pour le confinement, je dois l’avouer. Tant pis …

GONE WITH THE WIND

The publication this spring of a new French translation of “Gone with the Wind” promises to be one of the year’s big literary events.

You must know the film of the same name which, if adjusted for monetary inflation, is still the biggest grossing film in the history of cinema. Margaret Mitchell’s novel came out in 1936 and the only French translation was in 1939. At that time, it was the fashion to avoid word-for-word translations. All well and good, but people tended to try to explain to the reader, to re-write the book in fact.

The first line illustrates this perfectly: “Scarlett O’Hara was not beautiful” was translated in 1939 asScarlett O’Hara n’était pas une beauté classique”. The new version respects the original: “Scarlett O’Hara n’était pas belle”. Staying true to the original whilst avoiding clunky or awkward prose, that’s the art of translation.

The new translation by Josette Chicheportiche, will go straight into paperback published by Gallmeister. New translations are currently the fashion@ a new version of George Orwell’s 1984 by Josée Kamoun came out in paperback on 28 May.

By the way, did you know that the French phrase “autant en emporte le vent” is used when talking about things you’ve undertaken to do or promised yourself you’ll do and which you never get round to. Like some of my lockdown resolutions, I must admit. Oh well …


BONHEURS D’ENFANCE

mai 22, 2020

Si vous êtes d’humeur à vous complaire dans la pure nostalgie, je vous recommande vivement un très beau mémoire que je viens de lire.

Il s’agit de Bonheurs d’Enfance de Christian Signol où il raconte son enfance dans un village du Quercy pendant les années 50. Il parle d’un monde qui n’existe plus, même pas en France.

En 1958, à l’âge de 11 ans, l’auteur a dû quitter son village natal pour devenir pensionnaire à la ville. C’était une blessure qui ne se refermerait jamais.

Le paysage du Quercy a inspiré plus tard tous les romans de Signol qui est notamment connu pour sa trilogie La Rivière Espérance.

Si vous cherchez de la littérature d’évasion, vous ne pouvez pas vous tromper avec cette évocation merveilleuse d’un paradis perdu.

Si ça vous intéresse, des exemplaires d’occasion pas chers sont disponibles sur www.abebooks.co.uk

CHILDHOOD PLEASURES

If you’re in the mood to wallow in pure nostalgia, I can heartily recommend a very beautiful memoir which I’ve just read.

It’s “Childhood Pleasures” by Christian Signol, in which he describes his childhood in the Quercy during the fifties. He talks about a world which no longer exists, not even in France.

In 1958, at the age of eleven, the author had to leave his home village to go to boarding school in the town. This was a wound that would never heal.

The Quercy countryside later inspired all Signol’s novels, he’s particularly well know for the “Hope River” trilogy.

If you’re looking for escapist literature, you can’t go wrong with this marvellous evocation of a paradise lost.

If you’re interested, cheap second-hand copies are available on www.abebooks.co.uk


LE SPARADRAP DU CAPITAINE HADDOCK REVISITÉ

avril 24, 2020

C’est l’article le plus populaire de mon blog depuis son début en 2012. Je me demande pourquoi? Est-ce simplement le titre qui vous intrigue ou est-ce qu’il y a un tas de passionnés de Tintin parmi mes lecteurs? J’en sais rien. En voici une version actualisée.

Un petit tour d’Internet vous révélera des références au sparadrap du Capitaine Haddock, surtout à propos d’hommes politiques français bien connus. Mais que veut dire ce dicton mystérieux? Peut-être seuls les Tintinophiles parmi vous seront à la page là-dessus.

C’est une référence à un personnage qui figure dans les BD d’Hergé, Les Aventures de Tintin. Le Capitaine Haddock a fait sa première apparition dans Le Crabe aux Pinces d’Or, mais c’est dans l’Affaire Tournesol que l’on trouve la scène mémorable où le Capitaine Haddock tente en vain de se débarrasser d’un pansement qui lui colle partout. Le marin bien-aimé devient rapidement de plus un plus énervé.

De nos jours, la phrase est appliquée à une affaire gênante qui refuse de se calmer. Dans Le Figaro International du 2 avril 2020, on trouve le titre Municipales: comme le sparadrap du Capitaine Haddock. Ça concerne le dilemme d’Emmanuel Macron devant le report du deuxième tour des élections municipales à une date encore inconnue, à cause du Coronavirus. Il y a plein de questions controversées qui attrapent comme un papier tue-mouche et qui semblent retourner pour l’éternité.

Le caricaturiste belge Hergé, mort en 1983, (de son vrai nom Georges Remi – il a simplement inversé ses initiales) serait ravi de savoir que le gag du sparadrap a perduré jusqu’au XXIe siècle.

Pour regarder une vidéo de l’Affaire Tournesol : https://www.youtube.com/watch?v=nYNY743JI8I

CAPTAIN HADDOCK’S ELASTOPLAST REVISITED

It’s my blog’s most popular article since I started writing it in 2012. I wonder why? Is it simply the title which intrigues you or is it that there are loads of Tintin fans amongst my readers? I haven’t a clue. Here’s an updated version.

A quick whizz round the Internet will produce references to Captain Haddock’s elastoplast, especially concerning well-known French politicians. But what does this mysterious saying mean? Maybe only the Tintin lovers amongst you will be up to speed on it.

It’s a reference to a character who appears in the Hergé cartoons, The Adventures of Tintin. Captain Haddock made his debut in The Crab with the Golden Claws, but it’s in The Calculus Affair that you find the memorable scene where Captain Haddock tries in vain to get rid of an elastoplast which sticks all over him. The popular sailor quickly gets more and more annoyed.

These days, the phrase is applied to an embarassing affair which refuses to go away. In the Figaro International of 2 April 2020, there’s a headline “Municipales: comme le sparadrap du Capitaine Haddock”. This refers to Emmanuel Macron’s dilemma over the postponement of the second round of the municipal elections to an as yet unknown date due to the Coronavirus. There are plenty of controversial subjects which stick like fly paper and seem to come back haunt you.

The Belgian cartoonist Hergé, who died in 1983 (real name Georges Remi – he simply reversed his initials) would be delighted to know that the elastoplast gag has survived into the 21st century.

To see a video of l’Affaire Tournesol: https://www.youtube.com/watch?v=nYNY743JI8I


LES LIBRAIRIES: COMMERCES DE PREMIÈRE NÉCESSITÉ?

mars 23, 2020

Il est bien connu que les Français sont passionnés des livres et de la littérature. Mais les librairies sont-elles des commerces de première nécessité? Ça c’est une question d’opinion.

À cause du Coronavirus, depuis samedi dernier, les librairies françaises sont tenues de fermer boutique jusqu’à nouvel ordre. Selon le gouvernement, elles ne sont pas “indispensables à la vie du pays”. Jugés essentiel à la vie et donc restant ouverts sont les magasins et marchés alimentaires, les pharmacies, les tabacs (ils vendent souvent des journaux), les maisons de la presse et les stations-service.

Mais au micro de France Inter jeudi matin, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a dit qu’il est prêt à rouvrir la question. « Moi, j’estime que la librairie est un commerce de première nécessité» a-t-il dit. Selon lui, on pourrait définir des règles strictes: nombre de clients limité à un moment donné, interdiction de bouquiner toute la journée etc.

Et les libraires, qu’en pensent-ils? Certains tiennent à rouvrir le plus rapidement possible pour éviter de perdre définitivement leurs fonds de clientèle à Amazon qui a vu ses commandes exploser ces derniers jours. D’autres ne sont pas d’accord et revendiquent le droit à la fermeture pour des raisons de sécurité sanitaire et responsabilité citoyenne face à l’épidémie.

Si vous cherchez des livres français pour vous aider à traverser cette période difficile, la rubrique Livres de l’archive de ce blog contient une vingtaine de recommandations. Par exemple Le Chapeau de Mitterrand d’Antoine Laurain conviendrait à quelqu’un qui se bat pour lire un roman entier en français. Les chapitres sont courts et le vocabulaire pas compliqué. Voir: https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2015/07/07/le-chapeau-de-mitterrand/

BOOKSHOPS: ARE THEY ESSENTIAL BUSINESSES?

It’s well known that the French are mad about books and literature. But are bookshops essential businesses? That’s a matter of opinion.

Because of the Coronavirus, since last Saturday French bookshops have been obliged to shut up shop until further notice. According to the government, they aren’t “essential to the country’s life”. Deemed to be indispensable and therefore staying open are food shops and markets, chemists, tobacconists (they often sell newspapers), newsagents and petrol stations.

But on France Inter on Thursday morning, the Finance Minister Bruno Le Maire said that he’s willing to look at this again. “To my mind, bookshops are essential businesses” he said. According to him, there could be strict rules: a limited number of customers at any given moment, a ban on browsing all day etc.

And the booksellers, what do they think about this? Some are keen to re-open as quickly as possible to avoid losing their client base forever to Amazon which has seen its orders explode in recent days. Others don’t agree and claim the right to protect health and act as responsible citizens in the face of the epidemic.

If you’re looking for French books to help you get through this difficult period, the “Livres” category of this blog’s archive contains around twenty recommendations. For example, “Mitterrand’s hat” by Antoine Laurain would suit someone who struggles to get through a whole French book. The chapters are short and the vocabulary isn’t complicated. See: https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2015/07/07/le-chapeau-de-mitterrand/


UNE ADO PAS COMMODE

octobre 28, 2019

L’événement BD de l’année est incontestablement la sortie jeudi dernier du 38e album des aventures d’Astérix, La fille de Vercingétorix, avec une adolescente pas commode comme héroïne.

Le livre a un tirage sans équivalent dans le monde de l’édition française de 5 millions d’exemplaires, en quinze langues dans une trentaine de pays. Il est d’ores et déjà assuré d’être le livre le plus vendu en France en 2019.

L’ado vedette du nouvel album s’appelle Adrénaline et elle rêve qu’un autre monde est possible. L’auteur Jean-Yves Ferri assure que sa ressemblance à la jeune icône suédoise de la lutte contre le réchauffement climatique, Greta Thunberg, est “un pur hasard”, mais, comme d’habitude, les références à l’actualité sont nombreuses. Un échange entre deux jeunes amis d’Adrénaline, Blinix et Selfix, affirme que, pour trouver un boulot, il n’y a que “la rue à traverser”, une phrase qui résonne d’une manière troublante des paroles d’Emmanuel Macron.

L’initiateur de la série Astérix, René Goscinny (décédé en 1977), l’a créée avec l’illustrateur Albert Uderzo. Astérix a vu le jour dans la revue franco-belge de BD Pilote en 1959. Les histoires se passent en 50 av. J.-C. en Gaule, occupée par les Romains.

À noter que les BD Astérix sont pleines de plaisanteries pour les initiés, mais, par contre, pour les apprenants de Français, les livres cultes de la série Le Petit Nicolas de René Goscinny sont facilement compréhensibles, même pour les débutants.

Voir mon article: https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2014/02/13/le-petit-nicolas/

AN AWKWARD TEENAGER

The comic book event of the year is undoubtedly the publication last Thursday of the 38th album of the Adventures of Astérix: “Vercingétorix’s daughter”, with an awkward teenager as the heroine.

The book has a print-run unrivalled in French publishing of 5 million copies, in 15 languages in around 30 countries. It’s already guaranteed to be the best-selling book in France in 2019.

The teenage star of the album is called Adrénaline and she dreams that another world is possible. The author Jean-Yves Ferri claims that her resemblance to the young Swedish icon of the fight against climate change, Greta Thunberg, is “pure chance”, but as usual, there are many references to current events. An exchange between two young friends of Adrénaline, Blinix and Selfix, claims that you only have to “cross the road” to find a job, a phrase with uncanny echoes of Emmanuel Macron’s words.

The originator of the Astérix series, René Goscinny (died in 1977) created it with the illustrator Albert Uderzo. Astérix first saw the light of day in the Franco-Belgian comic strip magazine “Pilote” in 1959. The stories are set in 50 BC in Roman-occupied Gaul.

Note that the Astérix cartoons are full of in-jokes, but, on the other hand, for learners of French, René Goscinny’s cult books in “Le Petit Nicolas” series are easy to understand, even for beginners.

See my article: https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2014/02/13/le-petit-nicolas/