COLETTE: UNE ROMANCIÈRE EN AVANCE SUR SON ÉPOQUE

février 4, 2019

Colette, c’est tout un personnage. Interprétée par Keira Knightley dans un film biographique britannique récemment sorti en salles, la romancière polyvalente, née vers la fin du XIXe siècle, était sûrement en avance sur son époque.

Après une enfance heureuse, Sidonie-Gabrielle Colette (Colette c’est son nom de famille) est arrachée de sa Bourgogne natale et emmenée à Paris par un homme sophistiqué plus âgé qu’elle, Henry Gauthier-Villars, surnommé Willy. Elle s’est mariée avec lui en 1893 à l’âge de 20 ans. Willy était un auteur de romans, souvent écrits par des nègres. C’est ainsi que les premiers romans semi-autobiographiques de Colette sont parus sous le nom de Willy: Claudine à l’école, Claudine à Paris, Claudine en ménage et Claudine s’en va.

C’était un mariage non conventionnel et le couple s’est divorcé en 1906. Pour gagner sa vie, Colette a poursuivi une carrière de mime au music-hall, en vivant plusieurs relations lesbiennes. Elle s’est battue pour surmonter les contraintes de la société du début du XXe siècle et franchir l’interdit. Par la suite, elle a écrit encore beaucoup de romans et a travaillé comme journaliste.

J’adore les premières lignes de son roman La naissance du jour où sa mère écrit une lettre au deuxième mari de Colette refusant à regret son invitation à aller voir sa fille à cause d’un cactus rose qui ne fleurit que tous les quatre ans: elle ne veut pas s’absenter de peur de manquer la floraison.

Vous avez vu le film? Dites-nous ce que vous en pensez. Avez-vous lu des romans de Colette? Lesquels préférez-vous?

COLETTE: A NOVELIST AHEAD OF HER TIME

Colette is quite a character. Played by Keira Knightley in a recently-released British biopic, the versatile novelist born towards the end of the nineteenth century was surely ahead of her time.

After a happy childhood, Sidonie-Gabrielle Colette (Colette is her surname) was whisked away from her native Burgundy and taken to Paris by a sophisticated older man, Henri Gauthier-Villars, nicknamed Willy. She married him in 1893 at the age of 20. Willy was a novelist whose books were often ghost-written. This was how Colette’s first semi-autobiographical novels were published in Willy’s name: “Claudine at school”, “Claudine in Paris”, “Claudine married” and “Claudine goes away” (translated into English as “Claudine and Annie”).

Theirs was an unconventional marriage and the couple divorced in 1906. To earn a living, Colette made a career of mime in music halls, whilst having several lesbian relationships. She fought to overcome the constraints of early twentieth century society and to bust taboos. She went on to write many more novels and to work as a journalist.

I love the opening lines of her novel “Daybreak” where her mother writes a letter to Colette’s second husband regretfully declining his invitation for her to visit her daughter because of a pink cactus which only flowers once every four years: she doesn’t want to go away for fear of missing the flowering.

Have you seen the film? Tell us what you think of it. Have you read any of Colette’s novels? Which are your favourites?


LA NUIT DE LA LECTURE

janvier 14, 2019

Êtes-vous déjà resté debout toute la nuit à lire un livre passionnant? Si vous êtes rat de bibliothèque, vous pouvez rejoindre d’autres dévoreurs de livres samedi prochain pour célébrer la troisième Nuit de la lecture. Des rendez-vous littéraires vous attendent partout dans le monde. Ça rappelle La fête de la musique au mois de juin où on encourage tout le monde à faire de la musique et d’en écouter ensemble.

Les livres foisonnent, donc on vous propose de jouer le jeu en ligne “Dis-moi qui tu es, je te dirai quoi lire”. Le jeu utilise la fenêtre conversationnelle Messenger. Vous dévoilez votre personnalité en répondant à quatre questions courtes et vous découvrez le livre qui vous correspond et qui vous sera offert au format numérique, sélectionné parmi les classiques de Gallica.

Si tout ça vous paraît trop compliqué, où vous n’aimez pas faire des trucs en ligne, une petite visite au site Internet https://gallica.bnf.fr vaut quand même un coup d’oeil. Disponible en français ou en anglais, c’est le site de la Bibliothèque nationale de France. C’est une véritable mine de trésors de livres, de documents, de journaux, de cartes et d’images. La carte maîtresse de ce site? C’est gratuit! Vous pouvez donc télécharger ce que vous voulez.

De la célèbre lettre d’Émile Zola intitulé J’accuse et publié dans l’Aurore en 1898 aux journaux clandestins de la Résistance, les historiens parmi vous vont vous régaler de ces archives fascinantes.

https://nuitdelalecture.culture.gouv.fr

READING NIGHT

Have you ever stayed up all night reading an exciting book? If you’re a bookworm, you can join other reading fans next Saturday to celebrate the third “Reading Night”. You can take part in literary events all over the world. It’s like the “Music Festival” in June where everybody’s encouraged to make music and listen to music together.

There are so many books, so it’s suggested that you play the online game “Tell me who you are, I’ll tell you what to read”. The game uses the Messenger app. You reveal your personality by answering four short questions and you discover the book which corresponds to you and which you can access as an e-book, chosen from the Gallica classics.

If all this seems too complicated, or you don’t like doing stuff on line, it’s still worth having a look at the https://gallica.bnf.fr website. Available in French or English, it’s the French National Library site. It’s a real treasure trove of books, documents, newspapers, maps and images. The site’s trump card? It’s free. So you can download whatever you want.

From Émile Zola’s famous letter entitled “I accuse” published in the newspaper l’Aurore (the Dawn) in 1898 to secret newspapers of the Resistance, the historians amongst you will really enjoy these fascinating archives.


PAIN AU CHOCOLAT OU CHOCOLATINE?

août 27, 2018

Une personne originaire du Sud-Ouest monte à Paris, entre dans une boulangerie et demande une chocolatine. La boulangère éclate de rire ou lui lance un regard furieux, selon son tempérament. “Un pain au chocolat, vous voulez dire!” répond elle.

L’éternel débat a même atteint l’Assemblée nationale récemment quand une poignée de députés voulait faire reconnaître le mot “chocolatine” comme alternative officielle du pain au chocolat. Leur amendement au projet de loi agriculture et alimentation a été rejeté.

Un livre “Atlas du français de nos régions” de Mathieu Avanzi ne se limite pas aux viennoiseries. Au moyen de cartes fascinantes, il démontre les mots et expressions utilisées dans de différentes régions de la France métropolitaine, ainsi qu’en Wallonie et en Suisse romande.

Un crayon de bois s’appelle un crayon de papier, un crayon à papier, un crayon gris ou un crayon mine, selon les régions. Et la fameuse serpillière se désigne de nombreuses manières: la panosse, la patte, la toile, la cinse, la bâche, la loque, le torchon, la pièce, la peille et la wassingue. Ouf!

Vous amateurs de la musique populaire des années soixante, souvenez-vous de la chanson de Joe Dassin en 1969 Le petit pain au chocolathttps://www.youtube.com/watch?v=FaswDILZU8c

PAIN AU CHOCOLAT OR CHOCOLATINE?

Someone from south-west France goes up to Paris, goes into a bakery and asks for a ‘chocolatine’. The baker bursts out laughing or gives him a furious look, according to her temperament. “You mean a pain au chocolat!” she replies.

The eternal debate even reached parliament recently when a handful of MPs wanted to gain recognition for the word “chocolatine” as an official alternative to the “pain au chocolat”. Their amendment to the agriculture and food bill was voted down.

A book by Mathieu Avanzi “Atlas of French in our regions” doesn’t restrict itself to pastries. By means of fascinating maps, it shows words and expressions used in different areas of metropolitan France, as well as Wallonie (southern Belgium) and French-speaking Switzerland.

A pencil is called “un crayon de bois”, “un crayon de or à papier”, “un crayon gris” or “un crayon mine” according to area. And the famous serpillière (floor mop) is referred to in numerous ways: la panosse, la patte, la toile, la cinse, la bâche, la loque, le torchon, la pièce, la peille et la wassingue. Phew!

You fans of sixties pop music, do you remember the Joe Dassin song in 1969 “Le petit pain au chocolat”? https://www.youtube.com/watch?v=FaswDILZU8c


SON PIED DROIT

mars 19, 2018

Vous connaissez peut-être déjà certaines oeuvres de l’auteur américain Dave Eggers comme son merveilleux roman dystopique Le Cercle, ou Un Hologramme pour le Roi, adapté pour le cinéma avec comme vedette Tom Hanks.

Mais le dernier livre de Dave Eggers est toute autre chose. C’est un livre d’images, une sorte de BD, qui raconte l’histoire de la Statue de la Liberté qui, comme vous le savez peut-être, a ses origines en France.

C’est le juriste et professeur Édouard de Laboulaye qui a eu l’idée originale de faire construire une statue qui serait offerte par le peuple français au peuple américain à l’occasion du centenaire de la Déclaration d’indépendance américaine. Le projet a été confié au sculpteur Auguste Bartholdi.

Avant d’être expédié à New York, la statue a d’abord été assemblée en 1884 à Paris où elle est restée presqu’une année. Ensuite, démontée et emballée dans 214 caisses, elle a traversé l’Atlantique sur le bateau l’Isère. Le réassemblage a duré 17 mois. À cette époque, la statue était brune car elle était en cuivre. Au fil des années, le cuivre a oxydé et la statue est devenue verte.

Le livre raconte plein de détails captivants, notamment la théorie que, en fait, la statue est en train de marcher. Les illustrations de Shawn Harris sont formidables. Je vous le recommande vivement, à vous, à vos enfants et à vos petits-enfants: un livre fascinant pour toutes les générations.

HER RIGHT FOOT

You may already know some of American author Dave Eggers’ books such as his marvellous dystopian novel The Circle, or A Hologram for the King, adapted for the cinema starring Tom Hanks.

But Dave Eggers’ latest book is something totally different. It’s a picture book, a sort of ‘bande dessinée’ (cartoon book), which tells the story of the Statue of Liberty which, as you you may know, has its origins in France.

It was the lawyer and professor Édouard de Laboulaye who had the original idea of having a statue built which would be given by the French people to the American people to celebrate the centenary of the American declaration of independence. The project was entrusted to the sculptor Auguste Bartholdi.

Before being sent to New York, the statue was first assembled in 1884 in Paris, where it stayed for almost a year. Then it was dismantled and packed into 214 cases and crossed the Atlantic on the ship the Isère. Putting it back together took 17 months. At that that time, the statue was brown as it was made of copper. Over the years, the copper oxidised and the statue became green.

The book recounts lots of captivating details, not least the theory that the statue is actually walking. Shawn Harris’ illustrations are brilliant. I highly recommend it to you, your children and your grandchildren: a fascinating book for all generations.


LES PARISIENNES

janvier 9, 2017

C’était comment pour les femmes qui vivaient à Paris entre 1939 et 1949? Si cette époque de l’histoire vous intéresse, le livre d’Anne Sebba “Les Parisiennes” (écrit en anglais) va vous plaire énormément. À une époque où les femmes n’avaient pas le droit de vote (seulement acquis en 1946), elles ont néanmoins joué un rôle important pendant “les années noires” de l’occupation allemande.

Sebba examine les collaboratrices et les résistantes, les actrices et les putes, les enseignantes et les écrivaines, les espionnes et les maîtresses, les grandes couturières et les coureuses automobiles (oui, vous l’avez lu correctement), afin de brosser un tableau des choix entre la vie et la mort auxquels les femmes étaient confrontées chaque jour.

L’exode de Paris de millions de personnes et les tribulations de la vie quotidienne de celles qui sont restées sont cataloguées en détail d’une façon fascinante. Il y a plusieurs photos intéressantes, dont une de chics femmes cyclistes qui pédalent à travers Paris pour la “Journée d’élégance à bicyclette” en juin 1942 (le pantalon était interdit mais des jupes-culottes contournaient le problème). Une autre photo montre les sacs cylindriques à la mode que les femmes portaient pour transporter leurs masques à gaz.

Au revers de la médaille, on voit aussi la photo d’une femme accusée de “collaboration horizontale”, humiliée en public, tondue et une croix gammée peinte sur le front.

Un bon livre à parcourir ou à lire de la première à la dernière page, selon le goût personnel.

LES PARISIENNES

What did it feel like to be a woman living in Paris from 1939 to 1949? If you’re interested in the history of this period, you’ll really like Anne Sebba’s book Les Parisiennes (written in English). At a time when French women didn’t have the vote (only acquired in 1946), they nevertheless played an important role during the ‘dark years’ of the German occupation.

Sebba looks at collaborators and resisters, actresses and prostitutes, teachers and writers, spies and mistresses, fashion designers and racing drivers (yes you read that correctly), to paint a picture of the life-and-death choices women had to face every day.

The flight from Paris of millions of people and the trials and tribulations of those who stayed behind are catalogued in fascinating detail. There are several interesting photos, including one of glamorous lady cyclists pedalling through Paris on the « Elegance on Bicycles Day » in June 1942 (trousers were officially prohibited but the divided skirt got round the problem). Another photo shows the fashionable cylindrical bags women carried containing their gas masks.

On the other side of the coin, you can also see a photo of a woman accused of “horizontal collaboration”, publicly humiliated, her head shaved and a swastika painted on her forehead.

A good book to dip into or to read cover to cover according to your taste.