UNE QUESTION DE GENRE

août 3, 2020

Pour les Anglais qui sont débutants en français. le genre des noms a toujours été une question controversée. Pourquoi différencier les noms de cette manière apparement arbitraire? Les pierres d’achoppement sont nombreuses. Il y a certaines règles, mais trop d’exceptions. Comment se souvenir des genres? Va-t-on me comprendre si je fais une erreur de genre? À quoi ça sert, tout ça?

L’académie française, l’institution auguste fondée en 1635 par le Cardinal Richelieu, est chargée de définir la langue française, mais ses décisions ne sont pas exécutoires. L’académie s’est prononcée récemment sur le genre de Covid-19.

Selon l’usage courant, on parlait du Covid au masculin. Mais au Canada où le masculin était de mise depuis le début, l’office québécois de la langue française a recommandé un changement de pratique en faveur du féminin. Le terme coronavirus désigne le virus, mais Covid-19 désigne la maladie, donc il est logique de parler de la Covid-19. L’académie française a emboité le pas et a tranché en faveur du féminin.

Pour les acronymes, c’est pareil. La règle stipule qu’il faut se reporter au genre du nom qui constitue le noyau de l’acronyme. Ainsi on parle de la SNCF (la société nationale des chemins de fer) mais du CIO (le comité international olympique). On distingue le FBI (le bureau fédéral d’enquête) de la CIA (l’agence (f) centrale de renseignement).

Bon, chers lecteurs et lectrices, ne vous en faites pas. Comme je dis toujours à mes étudiants, une erreur de ce genre n’est pas passible de la pendaison!

A QUESTION OF GENDER

For English people who are beginners in French, the gender of nouns has always been a vexed question. Why differentiate nouns in this apparently arbitrary way? Stumbling blocks are rife. There are certain rules, but too many exceptions. How do you remember genders. Will people understand me if I make a gender mistake? What’s the point of it all?

The Académie Française, the august institution founded in 1635 by Cardinal Richelieu, is responsible for defining the French language, but its decisions are not enforceable. The academy has recently given its view on the gender of Covid-19.

Based on standard usage, we used to talk about Covid-19 as masculine. But in Canada, where the masculine was the trend right from the start, the Québec office of the French language recommended a change in practice to the feminine. The term coronavirus refers to the virus (masculine), but Covid-19 denotes the illness (feminine), so it’s logical to talk about Covid-19 as feminine. The Académie Française followed suit and came down on the side of the feminine.

It’s the same sort of thing for acronyms. The rule stipulates that we should refer to the gender of the noun which constitutes the core of the acronym. So we talk about la SNCF ( la société nationale des chemins de fer – the French railways), but le CIO (le comité international olympique – the International Olympic Committee). You distinguish between le FBI ( le bureau fédéral d’enquête – Federal Bureau of Investigation) and la CIA ( l’agence (f) centrale de renseignement – the Central Intelligence Agency).

Well, dear readers, don’t worry. As I always say to my students, a mistake of this kind is not a hanging offence!


LE JARGON DU CORONAVIRUS

avril 10, 2020

Vous voulez parler de la situation actuelle avec vos amis français, mais il vous manque le vocabulaire? Nous connaissons des temps extraordinaires avec des changements linguistiques, des néologismes, tout un vocabulaire qui nous était inconnu il y a quelques semaines.

Face à cette situation inédite, chacun a besoin d’en parler. La plupart d’entre nous sommes bavards comme des pies! Sans devenir trop technique, voici un petit glossaire des mots-clés. J’espère que cela vous sera utile.

Je vous souhaite un très bon week-end de Pâques à la maison.

l’urgence sanitaire (f)                        health emergency

le confinement                                  lockdown

la distanciation sociale                       social distancing

l’isolement (m) obligatoire                 mandatory isolation

les consignes                                    the rules

le dépistage                                      testing, screeening

un respirateur                                   respirator, life support machine

la réanimation / les soins intensifs      intensive care

le port du masque                             wearing a mask

un cas présumé                                 a suspected case

un geste barrière / des précautions     precautionary measures (hand-washing etc.)

la quatorzaine                                   neologism for 14 days quarantine

OMS (Organisation mondiale de la santé)      WHO (World health organisation)

EPI (équipement de protection individuel)      PPE (personal protection equipment)

CORONAVIRUS JARGON

Do you want to talk about the current situation with your French friends, but you’re lacking the vocabulary? We are living in extraordinary times with linguistic changes, neologisms, a whole vocabulary which we were unaware of a few weeks ago.

In this unprecedented situation, everyone needs to talk. Most of us are chatterboxes! Without getting too technical, here’s a short glossary of key words. I hope you’ll find it useful.

Have a good Easter weekend at home.

l’urgence sanitaire (f)                         health emergency

le confinement                                   lockdown

la distanciation sociale                        social distancing

l’isolement (m) obligatoire                  mandatory isolation

les consignes                                     the rules

le dépistage                                       testing, screeening

un respirateur                                    respirator, life support machine

la réanimation / les soins intensifs       intensive care

le port du masque                              wearing a mask

un cas présumé                                  a suspected case

un geste barrière / des précautions      precautionary measures (hand-washing etc.)

la quatorzaine                                    neologism for 14 days quarantine

OMS (Organisation mondiale de la santé)      WHO (World health organisation)

EPI (équipement de protection individuel)      PPE (personal protection equipment)


LE VÉLOTAF

décembre 31, 2018

On finit l’année avec encore un néologisme: le vélotaf.

Vous connaissez sans doute le mot familier ‘boulot’ qui signifie le travail, le métier, le job (oui, ce dernier est bien une importation de l’autre côté de la Manche qui ne plairait certainement pas aux Immortels). À propos, saviez-vous que le mot ‘travail’ trouve ses racines dans le mot latin médiéval trepalium ‘instrument de torture’!

Le taf est un autre mot populaire employé pour dire ‘travail’ ou ‘métier’. Son origine fait débat, l’acronyme TAF pour ‘travail à faire’, semble un peu trop habile.

Mais revenons au vélotaf qui signifie ‘aller au travail à vélo’. Le vélo présente un impact carbone très faible et c’est bon pour la santé de ses pratiquants. L’usage du deux-roues dans les grandes villes de France augmente d’année en année et les vélotafeurs ont la satisfaction de savoir qu’ils ne contribuent pas à la pollution de leurs villes.

Si vous cherchez une résolution pour la nouvelle année, pensez à devenir vélotafeur. Vous avez déjà pris votre retraite? Pour vous aussi, devenir un(e) fidèle de la bicyclette ne vous fera pas de mal non plus et la planète en bénéficiera aussi.

Bonne année à tous et à toutes!

CYCLING TO WORK

We’re finishing the year with another new word: le vélotaf (cycling to work).

You doubtless know the slang word ‘boulot’ which means work, profession, job (yes, the latter is of course an import from the other side of the Channel which wouldn’t be popular with the Immortals – members of the Académie Française). By the way, did you know that the word ‘travail’ (work) has its roots in the medieval Latin word ‘trepalium’ ‘instrument of torture’!

Taf’ is another popular word used to say ‘work’ or ‘profession’. Its origin is disputed, the acronym TAF for ‘travail à faire’ (work to be done), seems a bit too neat.

But coming back to ‘vélotaf’, which means ‘going to work by bicycle’. The bike has a very low carbon footprint and is good for the health of its users. The use of two-wheelers in France’s cities is increasing year by year and the ‘velotafeurs’ have the satisfaction of knowing that they aren’t contributing to their town’s pollution.

If you’re looking for a New Year’s resolution, think about becoming a ‘vélotafeur’. You’re already retired? For you too, becoming a regular cyclist won’t do you any harm either and the planet will benefit too.

Happy New Year to one and all!


INFOX

décembre 17, 2018

Vous avez peut-être entendu parler de l’Ordonnance de Villers-Cotterêts? Signée en 1539, c’était le premier pas vers la généralisation de l’usage du français. Parmi ses articles concernant tous les aspects de la justice, les articles 110 et 111 obligeaient les officiels à employer le ‘langage maternel françois et non aultrement’, notamment pour permettre une meilleure compréhension des jugements. Mais le français n’était pas généralisé dans le royaume de France: dans le nord, on parlait la langue d’oïl et dans le sud la langue d’oc.

L’Académie Française, gardienne encore aujourd’hui de la pureté du français, a été créé en 1635. Ses 40 membres, les Immortels, remettent constamment à jour leur dictionnaire et luttent contre la prolifération d’anglicismes et d’américainismes.

La Commission d’enrichissement de la langue française a été etablie en 1996 et a pour mission de créer des néologismes, en favorisant le français, dans les domaines économiques, juridiques, scientifiques et techniques. La Commission vient d’autoriser le terme infox (information/intoxication) qui signifie information fallacieuse ou fausse et s’avère préférable à l’expression anglo-saxonne fake news.

Je vois que le mot infox est déjà listé dans l’excellent dictionnaire en ligne Reverso. Si vous pensez vous acheter un dictionnaire en papier comme cadeau de Noël, laissez-vous tenter par un dictionnaire français monolingue, afin d’essayer de comprendre le sens d’un mot sans la traduction anglaise : un très bon exercice qui vaudra le coup. On dit que le Larousse est sans égal.

Lecture complémentaire:

https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2013/10/29/pourquoi-ordinateur-et-pas-computer/

Votre blogueuse va marquer une petite pause de fin d’année. Je vous souhaite à tous et à toutes de très bonnes fêtes.

INFOX

Maybe you’ve heard of the Ordonnance de Villers-Cotterêts? Signed in 1539, it was the first step towards the generalisation of the use of French. Amongst its articles about all aspects of justice, articles 110 and 111 obliged officials to use ‘the maternal French language and no other’, notably to enable people to better understand judgements. But French wasn’t that widespread in the kingdom of France: in the north, people spoke the ‘oïl ‘ language and in the south, ‘oc’.

The Académie Française (French Academy), still today the guardian of the purety of French, was set up in 1635. Its 40 members, the Immortals, are constantly updating their dictionary and fighting against the proliferation of Anglicisms and Americanisms.

La Commission d’enrichissement de la langue française (the Commission for the enrichment of the French language) was established in 1996 with a remit to make up new words, favouring French, in the fields of economics, justice, science and technology. The Commission has just authorised the term infox (information/intoxication) which means fake or false news and is proving preferable to the Anglo-Saxon expression ‘fake news’.

I see that the word ‘infox’ is already listed in the excellent Reverso on line dictionary. If you’re thinking of buying yourself a paper dictionary as a Christmas present, treat yourself to a monolingual French dictionary, so that you can try to understand the meaning of a word without an English translation: a very good exercise which will be worth the effort. The Larousse apparently can’t be beaten.

Further reading:

https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2013/10/29/pourquoi-ordinateur-et-pas-computer/

Your blogger is going to have a short end of year break. I wish you all a happy holiday season.


PARIS EST BEAU OU BELLE?

novembre 13, 2017

Un article du Figaro du mois d’avril a discuté en détail la question du genre de la ville lumière. C’est une discussion qui pourrait paraître bizarre aux étrangers dont la langue ne souffre pas de cette double personnalité.

Il y a des villes serviables comme Le Vésinet ou La Rochelle qui ne laissent planer aucun doute. Mais la plupart des villes ne nous donnent pas d’indice. Souvent flou à l’écrit qu’ainsi qu’à l’oral, statuer le genre de Paris semble difficile, sinon impossible et confond pas mal de gens. Il n’y a pas de règles et même l’Académie française hésite à se prononcer sur ce casse-tête.

Le chanteur de cabaret Maurice Chevalier chantait Mon vieux Paris et Raymond Queneau, écrivain et cofondateur du mouvement surréaliste Oulipo, a décrit un Paris malade dans son poème Mon beau Paris. Tandis qu’Arno Santamaria a sorti une chanson Paris Ma Belle au profit des victimes des attentats de novembre 2016 à Paris. Vous trouverez sans doute bien d’autres exemples.

Dans certains cas, les noms de villes sont toujours masculins. Quand on parle d’un quartier, comme par exemple le vieux Nice ou quand le nom est précédé de tout, comme le Tout-Paris.

IS PARIS A MASCULINE OR FEMININE CITY?

An article in the Figaro back in April discussed in detail the gender of the city of light. It’s a discussion which may seem strange to foreigners whose language doesn’t suffer from this split personality.

There are some helpful towns such as Le Vésinet or La Rochelle which leave no room for doubt. But most towns don’t give us any clues. Often vague in written texts as well as orally, establishing Paris’ gender seems difficult, if not impossible, and flummoxes quite a few people. There are no rules and even the Académie Française is reluctant to pronounce on this conundrum.

The cabaret singer Maurice Chevalier used to sing about ‘Mon Vieux Paris’ (my old Paris) and Raymond Queneau, writer and co-founder of the surrealist movement Oulipo, described a sick Paris in his poem ‘Mon beau Paris’ (my beautiful Paris). Whereas Arno Santamaria brought out a song called ‘Paris Ma Belle’ in aid of the victims of the November 2016 attacks in Paris. You’ll doubtless find many other examples.

In certain instances, town names are always masculine. When you’re talking about a district, such as ‘le vieux Nice’ or when the name is preceded by ‘tout, as in ‘le Tout-Paris’ (the whole of Paris).