LE JARGON DU CORONAVIRUS

avril 10, 2020

Vous voulez parler de la situation actuelle avec vos amis français, mais il vous manque le vocabulaire? Nous connaissons des temps extraordinaires avec des changements linguistiques, des néologismes, tout un vocabulaire qui nous était inconnu il y a quelques semaines.

Face à cette situation inédite, chacun a besoin d’en parler. La plupart d’entre nous sommes bavards comme des pies! Sans devenir trop technique, voici un petit glossaire des mots-clés. J’espère que cela vous sera utile.

Je vous souhaite un très bon week-end de Pâques à la maison.

l’urgence sanitaire (f)                        health emergency

le confinement                                  lockdown

la distanciation sociale                       social distancing

l’isolement (m) obligatoire                 mandatory isolation

les consignes                                    the rules

le dépistage                                      testing, screeening

un respirateur                                   respirator, life support machine

la réanimation / les soins intensifs      intensive care

le port du masque                             wearing a mask

un cas présumé                                 a suspected case

un geste barrière / des précautions     precautionary measures (hand-washing etc.)

la quatorzaine                                   neologism for 14 days quarantine

OMS (Organisation mondiale de la santé)      WHO (World health organisation)

EPI (équipement de protection individuel)      PPE (personal protection equipment)

CORONAVIRUS JARGON

Do you want to talk about the current situation with your French friends, but you’re lacking the vocabulary? We are living in extraordinary times with linguistic changes, neologisms, a whole vocabulary which we were unaware of a few weeks ago.

In this unprecedented situation, everyone needs to talk. Most of us are chatterboxes! Without getting too technical, here’s a short glossary of key words. I hope you’ll find it useful.

Have a good Easter weekend at home.

l’urgence sanitaire (f)                         health emergency

le confinement                                   lockdown

la distanciation sociale                        social distancing

l’isolement (m) obligatoire                  mandatory isolation

les consignes                                     the rules

le dépistage                                       testing, screeening

un respirateur                                    respirator, life support machine

la réanimation / les soins intensifs       intensive care

le port du masque                              wearing a mask

un cas présumé                                  a suspected case

un geste barrière / des précautions      precautionary measures (hand-washing etc.)

la quatorzaine                                    neologism for 14 days quarantine

OMS (Organisation mondiale de la santé)      WHO (World health organisation)

EPI (équipement de protection individuel)      PPE (personal protection equipment)


LE VÉLOTAF

décembre 31, 2018

On finit l’année avec encore un néologisme: le vélotaf.

Vous connaissez sans doute le mot familier ‘boulot’ qui signifie le travail, le métier, le job (oui, ce dernier est bien une importation de l’autre côté de la Manche qui ne plairait certainement pas aux Immortels). À propos, saviez-vous que le mot ‘travail’ trouve ses racines dans le mot latin médiéval trepalium ‘instrument de torture’!

Le taf est un autre mot populaire employé pour dire ‘travail’ ou ‘métier’. Son origine fait débat, l’acronyme TAF pour ‘travail à faire’, semble un peu trop habile.

Mais revenons au vélotaf qui signifie ‘aller au travail à vélo’. Le vélo présente un impact carbone très faible et c’est bon pour la santé de ses pratiquants. L’usage du deux-roues dans les grandes villes de France augmente d’année en année et les vélotafeurs ont la satisfaction de savoir qu’ils ne contribuent pas à la pollution de leurs villes.

Si vous cherchez une résolution pour la nouvelle année, pensez à devenir vélotafeur. Vous avez déjà pris votre retraite? Pour vous aussi, devenir un(e) fidèle de la bicyclette ne vous fera pas de mal non plus et la planète en bénéficiera aussi.

Bonne année à tous et à toutes!

CYCLING TO WORK

We’re finishing the year with another new word: le vélotaf (cycling to work).

You doubtless know the slang word ‘boulot’ which means work, profession, job (yes, the latter is of course an import from the other side of the Channel which wouldn’t be popular with the Immortals – members of the Académie Française). By the way, did you know that the word ‘travail’ (work) has its roots in the medieval Latin word ‘trepalium’ ‘instrument of torture’!

Taf’ is another popular word used to say ‘work’ or ‘profession’. Its origin is disputed, the acronym TAF for ‘travail à faire’ (work to be done), seems a bit too neat.

But coming back to ‘vélotaf’, which means ‘going to work by bicycle’. The bike has a very low carbon footprint and is good for the health of its users. The use of two-wheelers in France’s cities is increasing year by year and the ‘velotafeurs’ have the satisfaction of knowing that they aren’t contributing to their town’s pollution.

If you’re looking for a New Year’s resolution, think about becoming a ‘vélotafeur’. You’re already retired? For you too, becoming a regular cyclist won’t do you any harm either and the planet will benefit too.

Happy New Year to one and all!


INFOX

décembre 17, 2018

Vous avez peut-être entendu parler de l’Ordonnance de Villers-Cotterêts? Signée en 1539, c’était le premier pas vers la généralisation de l’usage du français. Parmi ses articles concernant tous les aspects de la justice, les articles 110 et 111 obligeaient les officiels à employer le ‘langage maternel françois et non aultrement’, notamment pour permettre une meilleure compréhension des jugements. Mais le français n’était pas généralisé dans le royaume de France: dans le nord, on parlait la langue d’oïl et dans le sud la langue d’oc.

L’Académie Française, gardienne encore aujourd’hui de la pureté du français, a été créé en 1635. Ses 40 membres, les Immortels, remettent constamment à jour leur dictionnaire et luttent contre la prolifération d’anglicismes et d’américainismes.

La Commission d’enrichissement de la langue française a été etablie en 1996 et a pour mission de créer des néologismes, en favorisant le français, dans les domaines économiques, juridiques, scientifiques et techniques. La Commission vient d’autoriser le terme infox (information/intoxication) qui signifie information fallacieuse ou fausse et s’avère préférable à l’expression anglo-saxonne fake news.

Je vois que le mot infox est déjà listé dans l’excellent dictionnaire en ligne Reverso. Si vous pensez vous acheter un dictionnaire en papier comme cadeau de Noël, laissez-vous tenter par un dictionnaire français monolingue, afin d’essayer de comprendre le sens d’un mot sans la traduction anglaise : un très bon exercice qui vaudra le coup. On dit que le Larousse est sans égal.

Lecture complémentaire:

https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2013/10/29/pourquoi-ordinateur-et-pas-computer/

Votre blogueuse va marquer une petite pause de fin d’année. Je vous souhaite à tous et à toutes de très bonnes fêtes.

INFOX

Maybe you’ve heard of the Ordonnance de Villers-Cotterêts? Signed in 1539, it was the first step towards the generalisation of the use of French. Amongst its articles about all aspects of justice, articles 110 and 111 obliged officials to use ‘the maternal French language and no other’, notably to enable people to better understand judgements. But French wasn’t that widespread in the kingdom of France: in the north, people spoke the ‘oïl ‘ language and in the south, ‘oc’.

The Académie Française (French Academy), still today the guardian of the purety of French, was set up in 1635. Its 40 members, the Immortals, are constantly updating their dictionary and fighting against the proliferation of Anglicisms and Americanisms.

La Commission d’enrichissement de la langue française (the Commission for the enrichment of the French language) was established in 1996 with a remit to make up new words, favouring French, in the fields of economics, justice, science and technology. The Commission has just authorised the term infox (information/intoxication) which means fake or false news and is proving preferable to the Anglo-Saxon expression ‘fake news’.

I see that the word ‘infox’ is already listed in the excellent Reverso on line dictionary. If you’re thinking of buying yourself a paper dictionary as a Christmas present, treat yourself to a monolingual French dictionary, so that you can try to understand the meaning of a word without an English translation: a very good exercise which will be worth the effort. The Larousse apparently can’t be beaten.

Further reading:

https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2013/10/29/pourquoi-ordinateur-et-pas-computer/

Your blogger is going to have a short end of year break. I wish you all a happy holiday season.


PARIS EST BEAU OU BELLE?

novembre 13, 2017

Un article du Figaro du mois d’avril a discuté en détail la question du genre de la ville lumière. C’est une discussion qui pourrait paraître bizarre aux étrangers dont la langue ne souffre pas de cette double personnalité.

Il y a des villes serviables comme Le Vésinet ou La Rochelle qui ne laissent planer aucun doute. Mais la plupart des villes ne nous donnent pas d’indice. Souvent flou à l’écrit qu’ainsi qu’à l’oral, statuer le genre de Paris semble difficile, sinon impossible et confond pas mal de gens. Il n’y a pas de règles et même l’Académie française hésite à se prononcer sur ce casse-tête.

Le chanteur de cabaret Maurice Chevalier chantait Mon vieux Paris et Raymond Queneau, écrivain et cofondateur du mouvement surréaliste Oulipo, a décrit un Paris malade dans son poème Mon beau Paris. Tandis qu’Arno Santamaria a sorti une chanson Paris Ma Belle au profit des victimes des attentats de novembre 2016 à Paris. Vous trouverez sans doute bien d’autres exemples.

Dans certains cas, les noms de villes sont toujours masculins. Quand on parle d’un quartier, comme par exemple le vieux Nice ou quand le nom est précédé de tout, comme le Tout-Paris.

IS PARIS A MASCULINE OR FEMININE CITY?

An article in the Figaro back in April discussed in detail the gender of the city of light. It’s a discussion which may seem strange to foreigners whose language doesn’t suffer from this split personality.

There are some helpful towns such as Le Vésinet or La Rochelle which leave no room for doubt. But most towns don’t give us any clues. Often vague in written texts as well as orally, establishing Paris’ gender seems difficult, if not impossible, and flummoxes quite a few people. There are no rules and even the Académie Française is reluctant to pronounce on this conundrum.

The cabaret singer Maurice Chevalier used to sing about ‘Mon Vieux Paris’ (my old Paris) and Raymond Queneau, writer and co-founder of the surrealist movement Oulipo, described a sick Paris in his poem ‘Mon beau Paris’ (my beautiful Paris). Whereas Arno Santamaria brought out a song called ‘Paris Ma Belle’ in aid of the victims of the November 2016 attacks in Paris. You’ll doubtless find many other examples.

In certain instances, town names are always masculine. When you’re talking about a district, such as ‘le vieux Nice’ or when the name is preceded by ‘tout, as in ‘le Tout-Paris’ (the whole of Paris).


LA PILE WONDER NE S’USE QUE SI L’ON S’EN SERT

octobre 9, 2017

La pile Wonder ne s’use que si l’on s’en sert”

C’est un des slogans publicitaires les plus connus du XXe siècle et c’est aussi très utile pour les amateurs de grammaire française.

On y voit le négatif “ne que” au lieu de “seulement,” et en effet c’est la façon de parler d’usage courant.

L’on” est plus souvent employé par écrit, mais aussi quelquefois en communication verbale aux fins d’euphonie.

Se servir”, verbe pronominal réfléchi, est suivi de “de”, ce qui nécessite l’emploi de “en” si on ne veut pas répéter le nom.

Ouf! C’est la fin du mini cours de grammaire.

Mais qu’est-ce que c’est que cette pile Wonder? C’était en 1916 qu’Estelle Courtecuisse a créé une petite entreprise de fabrication de piles à Paris dans le dix-huitième. La volonté de saluer l’effort de guerre des alliés britanniques et de vendre ses piles à l’armée britannique lui a donné l’idée de baptiser ses piles “Wonder”, abréviation pour “Wonderful”.

Les années 50 et 60 étaient l’âge d’or pour Wonder, en raison du développement des transistors et l’essor des marchés africains. Le slogan immortel date de 1958. En 1966, Wonder détient plus de 37% du marché français.

Vendue à Bernard Tapie en 1984, l’entreprise a été restructurée et Wonder n’a gardé que les produits de grande consommation. Rachetée par Ralston, une entreprise américaine, en 1988, la marque est disparue en France. Il ne reste plus qu’une petite production résiduelle sous le nom d’origine destinée à l’Afrique et aux DOM-TOM.

PILE WONDER

Wonder batteries only wear out if you use them”

It’s one of the most famous advertising slogans of the 20th century and it’s also very useful for French grammar fans.

It uses the negative “ne que” instead of “seulement” and in fact this is common parlance.

L’on” is more common in written text, but is also sometimes used in verbal communication for euphonic reasons.

Se servir”, a reflexive verb, is followed by “de”, which requires the use of “en” if you don’t want to repeat the noun.

Phew! That’s the end of the mini grammar lesson.

But what is this “pile Wonder” thing? It was in 1916 that Estelle Courtecuisse set up a small battery manufacturing company in the 18th arrondissement of Paris. Her desire to mark the war effort of the British allies and to sell batteries to the British army gave her the idea of naming her batteries “Wonder”, an abbreviation of “Wonderful”.

The fifties and sixties were the golden age for Wonder, because of the development of transistors and the rapid expansion of African markets. The immortal slogan dates from 1958. In 1966, Wonder had over 37% of French market share.

Sold to Bernard Tapie in 1984, the company was restructured and Wonder only kept on mass consumer products. Bought out by an American company Ralston in 1988, the brand has disappeared in France. Only a small residual production remains under the original name for the African and DOM-TOM (overseas departments and territories) markets.