LA PILE WONDER NE S’USE QUE SI L’ON S’EN SERT

octobre 9, 2017

La pile Wonder ne s’use que si l’on s’en sert”

C’est un des slogans publicitaires les plus connus du XXe siècle et c’est aussi très utile pour les amateurs de grammaire française.

On y voit le négatif “ne que” au lieu de “seulement,” et en effet c’est la façon de parler d’usage courant.

L’on” est plus souvent employé par écrit, mais aussi quelquefois en communication verbale aux fins d’euphonie.

Se servir”, verbe pronominal réfléchi, est suivi de “de”, ce qui nécessite l’emploi de “en” si on ne veut pas répéter le nom.

Ouf! C’est la fin du mini cours de grammaire.

Mais qu’est-ce que c’est que cette pile Wonder? C’était en 1916 qu’Estelle Courtecuisse a créé une petite entreprise de fabrication de piles à Paris dans le dix-huitième. La volonté de saluer l’effort de guerre des alliés britanniques et de vendre ses piles à l’armée britannique lui a donné l’idée de baptiser ses piles “Wonder”, abréviation pour “Wonderful”.

Les années 50 et 60 étaient l’âge d’or pour Wonder, en raison du développement des transistors et l’essor des marchés africains. Le slogan immortel date de 1958. En 1966, Wonder détient plus de 37% du marché français.

Vendue à Bernard Tapie en 1984, l’entreprise a été restructurée et Wonder n’a gardé que les produits de grande consommation. Rachetée par Ralston, une entreprise américaine, en 1988, la marque est disparue en France. Il ne reste plus qu’une petite production résiduelle sous le nom d’origine destinée à l’Afrique et aux DOM-TOM.

PILE WONDER

Wonder batteries only wear out if you use them”

It’s one of the most famous advertising slogans of the 20th century and it’s also very useful for French grammar fans.

It uses the negative “ne que” instead of “seulement” and in fact this is common parlance.

L’on” is more common in written text, but is also sometimes used in verbal communication for euphonic reasons.

Se servir”, a reflexive verb, is followed by “de”, which requires the use of “en” if you don’t want to repeat the noun.

Phew! That’s the end of the mini grammar lesson.

But what is this “pile Wonder” thing? It was in 1916 that Estelle Courtecuisse set up a small battery manufacturing company in the 18th arrondissement of Paris. Her desire to mark the war effort of the British allies and to sell batteries to the British army gave her the idea of naming her batteries “Wonder”, an abbreviation of “Wonderful”.

The fifties and sixties were the golden age for Wonder, because of the development of transistors and the rapid expansion of African markets. The immortal slogan dates from 1958. In 1966, Wonder had over 37% of French market share.

Sold to Bernard Tapie in 1984, the company was restructured and Wonder only kept on mass consumer products. Bought out by an American company Ralston in 1988, the brand has disappeared in France. Only a small residual production remains under the original name for the African and DOM-TOM (overseas departments and territories) markets.

Publicités

LA GRANDE MOTTE

août 14, 2017

Ça vous touche? Ça vous impressionne? Ça vous fait frémir? Aimée et détestée dans la même mesure, La Grande Motte ne laisse personne indifférent.

C’est la station balnéaire phare du programme de développement du tourisme de masse lancé par le général de Gaulle au début des années soixante, afin de retenir en France les touristes attirés par l’Espagne et de diversifier l’économie d’une région trop dépendante de la viticulture.

En avance sur son époque, l’architecte Jean Balladur (ancien élève de Jean-Paul Sartre et cousin de l’ancien premier ministre Édouard Balladur) a créé une ville jardin fondée sur des principes de développement durable.

Il s’est inspiré des pyramides Maya surtout pour l’orientation des immeubles perpendiculairement au littoral, ce qui a doublé le nombre d’appartements avec vue sur mer. Il a aussi fait entrer en jeu le dialogue entre le yin et le yang ou des contraires s’harmonisent.

La ville dédiée au soleil (mais on peut la traverser en restant à l’ombre) a 70% d’espaces verts et une promenade éloignée de toute circulation automobile. 120.000 vacanciers l’occupent en pleine saison, mais les habitants permanents, les Grands-Mottois, ne comptent qu’environ 10.000.

Le nom de Grande Motte a pour origine le domaine viticole qui se situait près de la plus grande dune du coin. La ville est jumelée avec la ville de Hornsea en Angleterre. Est-ce que parmi mes lecteurs et lectrices britanniques quelqu’un habite à Hornsea? La grande mode ou la grande moche? À vous de juger.

LA GRANDE MOTTE (the big mound)

Does it move you? Does it impress you? Does it make you shudder? Loved and hated in equal measure, La Grande Motte always provokes a reaction.

It’s the flagship seaside resort of the mass tourism development programme launched by General de Gaulle at the beginning of the sixties, with the aim of keeping tourists drawn to Spain in France and diversifying the economy of an area too dependent on wine growing.

Ahead of his time, the architect Jean Balladur (former pupil of Jean-Paul Sartre and cousin of the former prime minister Édouard Balladur) created a garden town founded on sustainable development principles.

He got his inspiration from the Maya pyramids, especially the orientation of the apartment blocks perpendicular to the coast, which doubled the number of flats with sea view. He also brought into play the dialogue between yin and yang where opposites are in harmony.

The town dedicated to the sun (but you can walk through it and stay in the shade) has 70% green spaces and a promenade well away from car traffic. 120,000 holidaymakers are there in the high season, but there are only around 10,000 permanent inhabitants, the Grands-Mottois.

The name “Grande Motte” (big mound) originates in the vineyard which was situated near the biggest dune in the area. The town is twinned with Hornsea in England. Is there anyone who lives in Hornsea amongst my British readers? The height of fashion or the height of ugliness? It’s up to you to decide.


LES COLONIES DE VACANCES

juillet 17, 2017

Elles sont devenues une institution française, une partie intrinsèque des grandes vacances. Mais de plus en plus des colos ferment. Dans les années soixante, 4 000 000 enfants partaient en colo, aujourd’hui ce n’est plus que 1 200 000 enfants. Selon un rapport du ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, elles risquent de disparaître totalement d’ici 2030.

Les premières colonies de vacances étaient en Suisse dans les années 1870. Grâce au pasteur Hermann Walter Bion, 68 enfants de la ville de Zürich sont partis en montagne pour des vacances de trois semaines chez des paysans.

Les premières colonies en France sont attribuées au philanthrope Edmond Cottinet qui, en 1883, a convaincu la Caisse des écoles (qui venait d’être généralisée à chaque municipalité par les réformes de Jules Ferry) de financer des séjours à la campagne de certains élèves pauvres du IXe arrondissement de Paris.

Plutôt que d’aller chez des familles, les enfants sont allés dans des centres, surveillés par un personnel spécialisé: les moniteurs et monitrices (les monos), aujourd’hui appelés des animateurs. L’objectif fondamental des colos était l’apprentissage du vivre-ensemble et de l’autonomie avec l’ambition de diffuser cette fraternité dans le reste de la société.

Depuis les années 80, les colonies généralistes destinées aux enfants de la classe ouvrière ont laissé place à des centres à thème destinés aux enfants de familles aisées.

Souvenez-vous du tube de l’été 1966 de Pierre Perret Les jolies colonies de vacances? Les paroles représentaient la lettre d’un petit garçon à ses parents, énumérant les problèmes des monos, de la cantine, des punitions, des maladies et même de la traite des blanches! Écoutez la chanson ici: https://www.youtube.com/watch?v=oeCM3V2lqfw

Lecture complémentaire dans l’archive de ce blog: La journée des oubliés de vacances du 27 août 2013 et La laïcité des écoles françaises du 10 septembre 2013

SUMMER CAMPS

They became a French institution, an intrinsic part of the summer holidays. But more and more ‘colos’ (colonies, ie summer camps) are closing. In the sixties, 4 million children went to summer camps, today it’s only 1.2 million. According to a report from the ministry of Towns, Youth & Sport, they are in danger of disappearing completely by 2030.

The first summer camps were in Switzerland in the 1870s. Thanks to the (Protestant) minister Hermann Walter Bion, 68 children from the town of Zürich went for three-week holidays with peasant families in the mountains.

The philanthropist Edmond Cottinet is credited with the first camps in France in 1883. He persuaded the ‘caisse des écoles’ (schools funding body), (which had just been devolved to local councils by the Jules Ferry reforms), to fund country holidays for some poor children from the 9th arrondissement of Paris.

Rather than going to stay with families, the children went to centres which were supervised by specialised staff: the monitors (the ‘monos’), today known as ‘animateurs’ (activity leaders). The basic aim of the camps was to learn about living together and independence, with the hope of spreading this ‘brotherhood’ to the rest of society

Since the eighties, the general camps which were meant for working class children have given way to themed centres attracting children from well-off families.

Do you remember Pierre Perret’s hit of summer 1966 ‘Les jolies colonies de vacances’? The words were meant to be a young boy’s letter to his parents, listing problems with the monitors, the food, the punishments, the illnesses and even the white slave trade! Listen to the song here: https://www.youtube.com/watch?v=oeCM3V2lqfw

Further reading in this blog’s archive:

La journée des oubliés de vacances (The day for children who didn’t get a holiday) dated 27 August 2013 et La laïcité des écoles françaises (The secularism of French schools) dated 10 September 2013


LE RAINBOW WARRIOR

juillet 10, 2017

Le 10 juillet est une date importante dans le calendrier de l’organisation écologiste Greenpeace. Car c’est le 10 juillet 1985 que les services secrets français ont détruit le Rainbow Warrior et entraîné la mort de Fernando Pereira, photographe portugais et membre de l’équipage de Greenpeace.

Ce triste épisode scandaleux a eu lieu en Nouvelle Zélande. Les saboteurs voulaient empêcher les militants de Greenpeace de perturber les essais nucléaires français sur l’atoll de Mururoa dans le Pacifique.

Le navire a coulé dans le port d’Auckland, éventré par deux bombes. Le sabotage avait tourné mal. Pendant deux mois, Charles Hernu, ministre de la Défense, a nié l’implication de la France dans l’attentat, mais il a fini par démissionner. Il n’y a pas eu d’enquête parlementaire. Aucun gouvernement sauf la Nouvelle Zélande n’a condamné l’action française et on a continué d’étouffer l’affaire. Avec le recul du temps, chacun sait que c’était un acte de terrorisme soutenu par l’État et que le président de la République, François Mitterrand, était au courant.

Après cette affaire, Greenpeace, dont la philosophie est fondée sur des principes d’action directe non-violente et de témoignage au tort moral, a vu sa popularité monter dans le monde entier. En 1996, le Rainbow Warrior II, qui a remplacé le chalutier détruit, a été attaqué par des militaires français qui ont employé des bombes lacrymogènes et démoli du matériel. Il a pris sa retraite en 2011, remplacé par le Rainbow Warrior III, un navire spécialement construit afin de permettre à Greenpeace de poursuivre ses campagnes.

THE RAINBOW WARRIOR

The 10th July is an important date in the calendar of the environmental organisation Greenpeace. Because it was on 10 July 1985 that the French secret services destroyed the Rainbow Warrior and caused the death of Fernando Pereira, a Portuguese photographer and member of the Greenpeace crew.

This sad, scandalous episode took place in New Zealand. The saboteurs wanted to prevent Greenpeace militants from interfering with French nuclear tests in Mururoa in the Pacific.

The boat sank in the port of Auckland, torn apart by two bombs. The sabotage had gone badly. For two months, Charles Hernu, minister of Defence, denied French involvement in the attack, but he ended up resigning. There was no parliamentary enquiry. No government outside of New Zealand condemned the French action and the cover-up continued. With the passage of time, it’s become common knowledge that this was a state-sponsored act of terrorism and that the French president, François Mitterrand, was aware of the situation.

After this affair, Greenpeace, whose ethos is based on the principles of non-violent direct action and bearing witness to moral wrong, saw its popularity increase all around the world. In 1996, the Rainbow Warrior II, which replaced the destroyed trawler, was attacked by the French military who used tear gas and smashed up equipment. It was replaced in 2011 by the Rainbow Warrior III, a boat purpose-built for Greenpeace campaigning.


LE VÉLO FÊTE SES 200 ANS

juin 26, 2017

Le Tour de France va se mettre en route samedi. Cette 104e grande boucle va se composer de 21 étapes et couvrira une distance totale de 3 521 kilomètres.

Le premier vélo a fait son apparition en 1817. C’est le baron Karl Drais qui a inventé la première bicyclette appelée la draisienne en France. Pourtant il n’y avait pas de système de direction donc il fallait se déplacer en ligne droite – loin d’être commode! Le baron aurait du mal à reconnaître sa machine face à la large gamme de vélos disponible aujourd’hui.

Le premier brevet déposé pour un vélo pliant était en 1887. Le premier vélo électrique a été inventé déjà en 1930, mais il a fallu bien longtemps avant qu’il connaisse le succès. Les premiers vélos en libre-service sont apparus à La Rochelle en 1974, les ancêtres des très populaires Vélibs de Paris. Le VTT – vélo tout terrain – est né en Californie en 1975 et est arrivé en France peu après.

Le mot vélo – abréviation depuis 1879 de vélocipède – veut dire rapide grâce aux pieds. Bien sûr il existe aussi le mot bicyclette, dérivé de bicycle plus le suffixe -ette, car les roues de la bicyclette sont plus petites que celles du bicycle. C’est logique!

De nos jours, le mot vélo est le plus courant. On dit aussi bicyclette, mais le mot semble un peu désuet. Pour ceux qui sont nostalgiques, voici un lien à la chanson charmante d’Yves Montand ‘À Bicyclette’: https://www.youtube.com/watch?v=eoHjQs6C4UY Les cyclistes branchés parlent aussi de leur petite reine, une expression dont l’origine est liée à la jeune Néerlandaise Wilhelmine d’Orange-Nassau, devenue reine des Pays-Bas à l’âge de dix ans, qui aimait beaucoup se balader à vélo. On parle aussi de la bécane, à l’origine une machine ou une moto, mais vite popularisée pour parler du vélo (et souvent aujourd’hui de l’ordinateur).

Une petite balade à vélo ou en vélo? On entend les deux, mais selon l’Académie Française, ‘en’ n’est pas correct, ‘en’ étant réservé aux transports où on peut prendre place à l’intérieur: la voiture, le train, l’avion etc. Si vous pouvez enfourcher votre deux-roues (aussi un cheval), il faut dire ‘à’. Bonne promenade!

THE BICYCLE’S 200TH BIRTHDAY

The Tour de France will get underway on Saturday. This 104th ‘grande boucle’ (big loop) will have 21 stages and will cover a total distance of 3,521 kilometres.

The first bike appeared in 1817. It was Baron Karl Drais who invented the first bicycle, known as the ‘draisienne’ in France. However, there was no steering system so you had to go in a straight line – not exactly convenient! The baron would find it hard to recognise his machine in the wide range of bikes available today.

The first patent registered for a folding bike was in 1887. The first electric bike was invented as long ago as 1930, but it took a long time for it to become successful. The first self-service bike rentals appeared in La Rochelle in 1974, the forerunners of Paris’ popular Vélib. The mountain bike was born in California in 1975 and arrived in France shortly afterwards.

The word ‘vélo’ – an abbreviation of ‘vélocipède’ since 1879 – means ‘fast thanks to your feet’, Of course the word ‘bicyclette’ also exists, derived from ‘bicycle’ plus the suffix -ette, as the ‘bicyclette’s‘ wheels are smaller than those of a ‘bicycle’. It’s logical!

Nowadays, the word ‘vélo’ is the most common. You do say ‘bicyclette’, but it seems a bit old-fashioned. For those of you in a nostalgic mood, here’s a link to the wonderful Yves Montand song ‘À Bicyclette’: https://www.youtube.com/watch?v=eoHjQs6C4UY Trendy cyclists also talk about their ‘little queen’, an expression whose origin is linked to the young Dutch girl Wilhelmine d’Orande-Nassau, who became queen of Holland at the age of ten and who loved riding around on her bike. People also refer to ‘la bécane’, originally a machine or motorbike, but soon becoming popular to refer to a bike (and today often a computer).

Une petite balade à velo or en vélo? You hear both, but according to the Académie Française, ‘en’ is not correct, being reserved for transport where you can sit inside: car, train, plane etc. If you can straddle your two-wheeler (also a horse), you should say ‘à’. Have a good ride!