LA MAISON-BLANCHE EN DORDOGNE?

novembre 23, 2020

Entre Périgueux et Brive-La-Gaillarde en Dordogne se trouve un château qui va vous faire un choc si par hasard vous tombez dessus. Il faudra vous pincer, car le Château de Rastignac est le sosie de la résidence présidentielle des États-Unis à Washington.

Ce n’est pas une coïncidence si le château, situé dans la petite commune de La Bachellerie en pleine campagne périgordine, ressemble à s’y méprendre à la Maison-Blanche. Mais les experts ne sont pas d’accord sur lequel des deux est l’originel.

Il paraît qu’en 1789, Thomas Jefferson, alors ambassadeur des États-Unis en France, a visité l’école d’architecture de Bordeaux où il a vu les croquis de Rastignac et s’en serait inspiré pour la Maison- Blanche. Mais certains soutiennent mordicus que c’est le contraire et que les Français ont copié le bâtiment américain.

Avec ses six colonnes et sa rotonde, tous les historiens s’accordent: les deux bâtiments se ressemblent comme deux gouttes d’eau et la ressemblance est trop grande pour n’être que le pur hasard. Espérons que Donald Trump n’essaie pas d’acheter le château français quand il déménagera de la Maison-Blanche.

THE WHITE HOUSE IN THE DORGOGNE?

Between Périgueux and Brive La Gaillarde in the Dordogne there’s a château which will give you a jolt if you stumble upon it by chance. You’ll have to pinch yourself, as the Château de Rastignac is a dead ringer for the United States presidential residence in Washington.

It’s not a coincidence if the château, situated in the little ‘commune’ of La Bachellerie in the heart of the Perigord countryside, looks suspiciously like the White House. But the experts don’t agree as to which one is the original.

Apparently, in 1789, Thomas Jefferson, at that time United States ambassador to France, visited the Bordeaux school of architecture where he saw the plans for Rastignac and is said to have taken inspiration from them. But others stubbornly maintain that it’s the opposite and that the French copied the American building.

With its six columns and its rotunda, all historians are in agreement: the two buildings are as alike as two peas in a pod and the resemblance is too strong to just be chance. Let’s hope Donald Trump doesn’t try to buy the French château when he moves out of the White House.


COMMENT FAIRE DE LA PUB POUR UN CIMETIÈRE?

août 24, 2020

Comment s’y prendre pour faire de la publicité pour un cimetière? C’est le problème auquel ont dû se confronter les administrateurs du nouveau cimetière parisien qui a ouvert ses portes en 1804, aujourd’hui connu comme Père-Lachaise, le cimetière le plus visité du monde.

Le lieu de convalescence jésuite de 17 hectares, dont l’occupant le plus illustre était le confesseur de Louis XIV, François d’Aix de la Chaise, a été transformé en cimetière en 1804. Malgré les beaux jardins à l’anglaise, les Parisiens ont rechigné le nouveau site qu’ils jugeaient trop éloigné du centre de Paris dans un quartier réputé pour être populaire et pauvre.

Les administrateurs ont eu une idée futée pour une campagne publicitaire par laquelle ils ont transféré les restes de personnes célèbres, notamment Jean de la Fontaine et Molière, au nouveau cimetière, lui donnant ainsi un certain prestige.

Personne ne semble savoir exactement combien de personnes y ont été enterrées au cours des années, parmi les environ 5 000 arbres. Les estimations varient entre 300 000 et 1 000 000, dont le compositeur Frédéric Chopin, l’écrivain Marcel Proust, le poète et dramaturge Oscar Wilde, la chanteuse Édith Piaf et la star du rock Jim Morrison.

HOW WOULD YOU MARKET A CEMETERY?

How would you go about marketing a cemetery? This was the problem facing the administrators of the new Paris cemetery opened in 1804 which came to be known as Père-Lachaise and is now the most visited cemetery in the world.

The 17 hectare Jesuit convalescent home, whose most illustrious occupant was Louis XIV’s confessor, François d’Aix de la Chaise, was converted into a cemetery in 1804. Despite the beautifully landscaped gardens, Parisians turned up their noses at the new site which they thought was too far from the centre of Paris and in an area reputed to be working-class and poor.

The administrators came up with a clever marketing campaign whereby they transferred the remains of famous people, notably Jean de la Fontaine and Molière, to the new cemetery thus giving it a certain cachet.

Nobody seems to know exactly how many people have been buried there over the years amongst the 5000 or so trees. Estimates vary from 300,000 to 1,000,000, including composer Frédéric Chopin, author Marcel Proust, poet and playwright Oscar Wilde, singer Édith Piaf and rock star Jim Morrison.


LES FORTS DES HALLES

septembre 23, 2019

Reconnaissables à leurs blouses bleues et leurs énormes chapeaux – le fameux coltin – les forts étaient des manutentionnaires qui transportaient les marchandises de l’extérieur vers l’intérieur des pavillons des anciennes Halles de Paris. Les chapeaux étaient munis de calottes de plomb qui leur permettaient de porter de lourdes charges sur la tête.

Pour être embauché comme fort des Halles, il fallait être de nationalité française, avoir fait son service militaire, posséder un casier judiciaire vierge, mesurer au minimum 1,67 mètre et être capable de porter une charge de 200 kg sur une distance de 60 mètres. Une tradition parisienne voulait que les forts portent le muguet au Président de la République le matin de chaque premier mai.

C’était en quelque sorte l’aristocratie des Halles. La profession était hiérarchisée, les chefs portaient une médaille en argent, tandis que les simples forts portaient une simple médaille en cuivre.

L’activité des Halles a été transférée à Rungis en 1969 et la corporation n’a pas survécu au nouveau site. Ce métier spécialisé a donc disparu. Les anciennes Halles ont été démolies et remplacées par le Forum des Halles, un centre commercial qui accueillit 150 000 visiteurs par jour.

À noter: le mot ‘halle’ commence avec un H aspiré, c’est-à-dire on ne fait pas la liaison avec le mot précédent. On l’appelle ‘aspiré’, bien qu’il soit muet!

THE STRONGMEN OF THE HALLES

Recognisable by their blue blouses and enormous hats – the famous “coltin” – the strongmen were handlers who carried goods from outside to inside the old Paris market halls. The hats were equipped with lead linings which allowed them to carry heavy weights on their heads.

To get a job as a strongman, you had to be of French nationality, to have done your military service, to have a clear police record, to measure at least 1.67 metres and to be able to carry a 200 kg load over a distance of 60 metres. A Paris tradition held that the strongmen took the “muguet” (lily of the valley) to the President of the Republic on the morning of every 1st of May.

They were the sort of aristocracy of the Halles. The profession had a strict hierarchy, the bosses wearing a silver medal, whereas the ordinary strongmen wore a simple copper medal.

The activities of the Halles were transferred to Rungis in 1969 and the corporation didn’t survive the move to the new site. So this specialised profession has disappeared. The old Halles were demolished and replaced by the Forum des Halles, a shopping mall which attracts 150,000 visitors per day.

Note: the word ‘halle’ begins with an aspirate H, i.e. you don’t make the liaison with the previous word. It’s called ‘aspiré’, even though it’s silent!


POURQUOI PAS UN PRÉFÉRENDUM?

janvier 7, 2019

Il fait partie des 72 savants dont le nom est inscrit sur la Tour Eiffel. Est-ce que Jean-Charles de Borda détient la clé de l’impasse du Brexit?

Né à Dax dans le sud-ouest de la France en 1733, ce mathématicien, physicien, politologue et navigateur français était ingénieur polyvalent dans la marine française. Il a parcouru le monde et ses missions comprenaient des essais de nouveaux modèles de montres et de chronomètres marins. Il a participé à la guerre d’indépendance des États-Unis.

Ça n’a rien à voir avec la choucroute, je vous entends dire. Mais si, parce que de Borda a inventé un système de vote, connu sous le nom de méthode Borda, qui est resté populaire parmi les réformateurs des systèmes électoraux du monde entier. Il s’agit d’un préférendum.

Ce système de vote préférentiel est utilisé par la ligue de base-ball aux États-Unis pour élire le joueur de l’année et aussi pour le concours Eurovision de la chanson. Concernant l’adhésion du Royaume-Uni à l’Union Européenne, ça permettrait une consultation plus sérieuse de la population. Au lieu de dire simplement “oui” ou “non”, on aurait l’occasion de considérer une série de questions et de classer de multiples propositions.

Si le gouvernement britannique oserait avoir recours à cet outil intelligent qui ferait preuve d’une vraie démocratie, j’ai des doutes. Mais c’est une idée intéressante s’ils veulent sauver les meubles.

WHY NOT HOLD A PREFERENDUM?

He’s one of the 72 scientists and scholars whose names are inscribed on the Eiffel Tower. Does Jean-Charles de Borda hold the key to the Brexit impasse?

Born in Dax in south-west France in 1733, this French mathematician, physician, political commentator and navigator was a versatile engineer in the French navy. He travelled the world and his missions included trials of new models of naval watches and stopwatches. He took part in the American war of independence.

This hasn’t got anything to do with the subject, I hear you say. But it has, because de Borda invented a voting system, known as the Borda method, which has remained popular amongst electoral system reformers all over the world. We’re talking about a preferendum.

This system of preferential voting is used by the U.S. baseball league to elect their player of the year and also by the Eurovision song contest. As far as the UK’s membership of the European Union goes, it would allow a more meaningful consultation of the population. Instead of simply saying “yes” or “no”, people would have the chance to consider a series of questions and to rank multiple proposals.

Whether the British government would dare to resort to this smart tool which would show real democracy, I have my doubts. But it’s an interesting idea if they want to salvage something.


LE MOIS DE MAI

mai 1, 2018

Mai: le mois préféré de beaucoup de gens car il annonce l’arrivée du printemps. En France, les employés se régalent du calendrier: quatre jours fériés. Cette année on ne cesse pas de faire le pont* car la Fête du Travail et la Fête de la Victoire tombent un mardi et l’Ascension un jeudi. Ce n’est presque pas la peine d’aller au boulot!

En 1968 c’était le mois des événements. Souvent présenté comme une simple révolte étudiante, il s’agissait en effet de la plus grande grève qui ait jamais eu lieu, pas seulement en France, mais dans le monde. Entre 9 et 10 millions de travailleurs ont fait grève pendant plusieurs semaines.

Dans les rues de Paris et d’autres grandes villes, les pavés volaient et les barricades bloquaient la voie. Au début, la population soutenait les grévistes, mais les syndicats et le parti communiste n’avaient pas de proposition politique alternative susceptible de remplacer le statu quo. La mini-révolution a échoué.

On marque le cinquantenaire de mai 1968 avec des débats, des rétrospectives, des expositions etc. Pour la plupart des soixante-huitards, c’est un pèlerinage dans les lieux du passé. On essaie d’établir un lien entre les grèves actuelles de la SNCF et d’autres, mais la réalité c’est que, pour la plupart des gens, mai 68 est aussi dénué de pertinence que juillet 1789.

Bon premier mai!

*https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2015/07/17/expression-faire-le-pont/

THE MONTH OF MAY

May: many people’s favourite month as it heralds the arrival of spring. In France, employees rejoice in the calendar: four bank holidays. This year people will be repeatedly ‘making the bridge’ * as May Day and Victory Day fall on a Tuesday and Ascension Day on a Thursday. It’s hardly worth going to work!

In 1968, it was the month of the ‘events’. Often described as a mere student revolt, in fact it was the biggest strike that had ever taken place, not only in France, but in the world. Between 9 and 10 million workers came out on strike over several weeks.

In the streets of Paris and other large towns, the cobblestones flew and the barricades blocked the way. At the beginning, the people supported the strikes, but the unions and the communist party didn’t have an alternative political proposal to replace the status quo. The mini-revolution failed.

The fiftieth anniversary of May 1968 is being marked with debates, retrospectives, exhibitions etc. For most of the participants it’s a journey down memory lane. People are trying to establish a link with the current SNCF and other strikes, but the reality is that, for most people, May 1968 is as irrelevant as July 1789.

Happy May Day!

*https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2015/07/17/expression-faire-le-pont/