VOUS VOUS SENTEZ PATRAQUE?

mars 26, 2018

Vous vous sentez patraque ce premier lundi du printemps? Vous n’êtes pas bien dans votre assiette?

Voilà pourquoi. Ce week-end, on est passé à l’heure d’été. Si vous êtes lève-tôt ou couche-tard, n’importe, vous avez probablement raté une heure de sommeil. Votre horloge biologique est détraquée. Rassurez-vous, peu à peu pendant les jours qui viennent, vous allez vous remettre.

Connaissez-vous quelques expressions familières pour exprimer la fatigue? En voilà une petite sélection de mes expressions préférées:

être au bout du rouleau, être flagada, être raplapla, se sentir ramollo, être nase

À parsemer généreusement dans vos conversations informelles.

Le parlement européen propose d’abolir l’alternance entre l’heure d’été et l’heure d’hiver. Olivier Fabre, maire de Mazamet (Tarn) vient de publier une pétition en ligne en faveur des longues soirées d’été. C’est une vieille rengaine. Le Royaume-Uni est en décalage avec la plupart de l’Europe depuis longtemps. Qu’en pensez-vous? Allez-y mollo!

ARE YOU FEELING UNDER THE WEATHER?

Are you feeling under the weather this first Monday of spring? Do you feel off-colour?

Here’s why. This weekend we moved to summer time. Whether you’re an early bird or a night owl, it makes no difference, you probably lost an hour’s sleep. Your body clock is out of kilter. Rest assured, gradually over the coming days, you’ll feel better.

Do you know a few familiar expressions to talk about tiredness? Here’s a small selection of my favourites:

être au bout du rouleau (to be exhausted), être flagada (to be shattered), être raplapla (to be bushed), se sentir ramollo (to feel like a wet rag), être nase (to be knackered)

Sprinkle generously in your informal conversations.

The European parliament is proposing to abolish the change from summertime to wintertime. Olivier Fabre, mayor of Mazamet (Tarn) has just published an online petition in favour of long summer evenings. It’s an old chestnut. The UK has been out of step with most of Europe for a long time. What do you think? Take it easy!

Publicités

BONNE ANNÉE

janvier 1, 2018

Vous aimez observer les traditions? En France, comme au Royaume-Uni, on a l’habitude de se réunir entre amis ou en famille pour réveillonner. Le 31 décembre s’appelle la saint Sylvestre. Les origines sont perdues dans la nuit des temps, mais, paraît-il, n’ont aucun rapport avec le saint du même nom!

On prend un bon repas et on donne aux enfants des étrennes, souvent des pièces en chocolat. Deux personnes qui se retrouvent sous le gui doivent s’embrasser pour porter bonheur. On envoie des cartes de voeux aux amis (plutôt qu’à Noël) et le président de la République s’adresse aux Français à la télé. Les treize desserts de Provence (qui représentent Jésus-Christ et les douze apôtres) sont plutôt associés à la Noël, ce qui ne semble pas empêcher plusieurs hôtesses de les servir aussi à la saint Sylvestre.

Et, bien sûr, comme presque partout dans le monde, c’est le moment de prendre de bonnes résolutions pour la nouvelle année: arrêter de fumer, faire du sport, peut-être apprendre plus de français? Combien de temps vous y tiendrez?

Plusieurs expressions courantes contiennent les mots “an” et “année”, par exemple: “Année de givre, année de fruits” ou “Bon an, mal an” ou “Je m’en moque comme de l’an 40”.

Si la différence entre “an” et “année” vous échappe, jeter un coup d’oeil sous la rubrique “Il y a un truc” de mon site web www.saliannefrenchfocus.com

Bonne Année à tous et à toutes!

HAPPY NEW YEAR

Do you hold with tradition? In France, as in the UK, people tend to get together with friends or family to see in the New Year. The 31 December is called Saint Sylvestre. The origins are lost in the mists of time but, it seems, have nothing to do with the saint of the same name!

You have a nice meal and give children New Year’s gifts, often chocolate money. If two people meet under the mistletoe, they kiss to bring good luck. You send greetings cards to friends (rather than at Christmas) and the President of the Republic addresses the nation on the TV. The thirteen desserts traditional in Provence (representing Jesus Christ and the twelve apostles) are really associated with Christmas, but this doesn’t seem to stop many party-givers from serving them at New Year.

And of course, like all around the world, it’s the time to make New Year’s resolutions: to stop smoking, to do exercise, perhaps to learn more French? How long will you stick to them?

Several common expressions contain the words “an” and “année”, for example “Année de givre, année de fruits” (a frosty New Year means a good year for fruit) ou “Bon an, mal an” (through good times and bad) ou “Je m’en moque comme de l’an 40” (I couldn’t care less).

If you don’t get the difference between “an” and “année”, take a look at the “Il y a un truc” (There’s a knack to it) section of my website www.saliannefrenchfocus.com

Happy New Year to you all!


ALLER CHEZ MA TANTE

novembre 20, 2017

Si je vous dis que je vais “aller chez ma tante”, il est possible que j’aille simplement voir la soeur de ma mère ou de mon père. Mais si j’ai des soucis d’argent, il est plus probable que je vais au Crédit Municipal, autrement dit au mont-de-piété ou au clou, pour mettre en gage des objets de valeur.

D’où viennent ces expressions ? On dit qu’on doit l’histoire de la tante à François Ferdinand-Philippe d’Orléans (fils du roi Louis-Philippe) qui voulait cacher à sa mère qu’il avait mis sa montre en gage pour honorer ses dettes de jeu. Le mont-de-piété vient de l’italien monte di pieta, qui signifiait “montant d’argent de pitié”. Et le “clou”? Les objets mis en gage étaient suspendus à des crochets ou des clous.

Les Crédits Municipaux disposent d’un monopole dans ce domaine. Celui de Limoges a plus de 200 ans et son activité est en hausse. À la fin du siècle dernier, il y avait 1 500 contrats par an, aujourd’hui il y en a 3 700 pour une valeur de 2 millions d’euros. Quelques clients s’en servent comme coffre-fort pendant les vacances. Pour d’autres, surtout chez les retraités qui n’arrivent pas à boucler leur fin de mois, c’est un dernier recours.

Il paraît que la plupart des problèmes de trésorerie sont temporaires: 90% des objets déposés sont récupérés par leurs propriétaires – ceux qui restent sont vendus aux enchères.

GOING TO MY AUNT’S

If I tell you that I’m going to go to my aunt’s place, it’s possible that I’m simply visiting my mother or my father’s sister. But if I’ve got money problems, it’s more likely that I’m going to the “Crédit Municipal” (pawnbrokers), otherwise known as “mont-de-piété” or the “clou” (nail) to pawn some valuables.

Where do these expressions come from? Apparently we owe the aunt story to François Ferdinand-Philippe d’Orléans (son of king Louis-Philippe) who wanted to avoid telling his mother that he had pawned his watch in order honour his gambling debts. “Le mont de piété” comes from the Italian “monte di pieta” which meant “piety money”. And the “nail”? Pawned objects were hung on hooks or nails.

The Crédits Municipaux have a monopoly in this field. The one in Limoges is over 200 years old and its activity is on the increase.At the end of the last century, there were 1,500 contracts per year, today there are 3,700 with a value of 2 million euros. Some customers use it as a safe deposit during the holidays. For others, especially amongst retired people, who can’t make ends meet, it’s a last resort.

Apparently most cash flow problems are temporary: 90% of objects deposited are reclaimed by their owners – the remainder are sold at auction.


MARIÉS À LA MAIRIE DU XIIIe

mai 15, 2017

Cette expression date de l’époque où Paris ne comptait que douze arrondissements. Si un couple vivait en union libre, c’est-à-dire sans être marié, on disait qu’ils étaient mariés à la mairie du XIIIe qui, bien sûr, n’existait pas. À noter que, en 1860 à l’époque d’Haussmann, le nombre d’arrondissements a passé à vingt, donc la formule a perdu quelque peu son sens.

Mais de nos jours, quels mots emploient les Français pour décrire cette situation familiale? Si on cherche dans le dictionnaire le terme qui convient le mieux, on finit par tourner en rond. On trouve diversement petit ami, copain, concubin, époux, compagnon, pacsé, union libre, cohabitation et j’en passe.

Pourtant le nombre de couples qui vivent ensemble sans être mariés ne cesse de croître. Vivre en couple sous le même toit est toujours à la mode, mais le mariage n’est plus la référence absolue. Selon l’INSEE*, en 2015 deux adultes sur trois étaient en couple, dont 73% mariés, 4% pacsés et 23% en union libre. La monoparentalité n’est pas la règle mais elle devient de plus en plus ‘normale’.

Pour moi, la désignation compagnon ou compagne est la plus juste et résume en quelque sorte la nature de ces relations de couple, bien que ça semble quand même peu romantique. Qu’en pensez-vous? Quel mot préférez-vous, en anglais ou en français?

*Institut national de la statistique et des études économiques – équivalent à l’ONS (Office for National Statistics) britannique

MARRIED AT THE TOWN HALL IN THE 13th ARRONDISSEMNT

This expression dates from the time when Paris only had twelve arrondissements. If a couple were living together, i.e. without being married, people said that they had married at the town hall in the 13th which, of course, didn’t exist. Note that, in 1860 in Haussmann’s time, the number of arrondissements went up to twenty, so the saying lost its meaning somewhat.

But these days, what words do the French use to describe this marital status? If you look in the dictionary for the most suitable term, you end up going round in circles. You find variously petit ami, copain, concubin, époux, compagnon, pacsé, union libre, cohabitation (boyfriend, common law husband, husband, partner, civil partner, free union, cohabitation) and more.

And yet the number of couples living together outside marriage continues to rise. Living as a couple under the same roof is still fashionable, but marriage is no longer the benchmark. According to INSEE*, in 2015 two out of three adults were in a couple, 73% were married, 4% had civil partners and 23% were cohabiting. Single parenthood is not the norm, but is becoming more and more ‘normal’.

For me, the word compagnon (for a man) or compagne (for a woman) is the most apt and somehow summarises the nature of this couple relationship, even though it doesn’t seem very romantic. What do you think? Which word do you like best, in English or French?

*INSEE – National Institute for Statistics and Economic Studies – equivalent to the British Office for National Statistics


LES TONTONS FLINGUEURS

janvier 16, 2017

Avez-vous déjà entendu parler des tontons flingueurs, sans savoir exactement de quoi il s’agit?

C’est le titre d’un film décalé qui a connu un immense succès populaire et qui est devenu un vrai film culte.

Cette comédie franco-germano-italienne, réalisée par Georges Lautner, est sortie en 1963, adaptation du roman d’Albert Simonin Grisbi or not Grisbi. Elle est pleine d’’expressions argotiques, de bribes de dialogue et de noms de personnages (comme la pute Lulu La Nantaise) qui sont rentrés dans la culture populaire.

Parmi les plus connus:

Ne touche pas au grisbi, salope”, “Faut reconnaître, c’est du brutal”, “Les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît”.

La petite vie tranquille de Fernand bascule quand il est appelé au lit de mort de Louis, son ami d’enfance dit le Mexicain, de retour à Paris et qui lui confie la gestion de ses affaires et l’éducation de sa fille. Ce qui suit est un pastiche des films de gangster américains.

La version anglaise de ce film de patrimoine français s’appelait Crooks in Clover. Un flingueur est quelqu’un qui utilise des armes à feu, un tueur, un malfaiteur. Tonton c’est bien sûr oncle en langage enfantin. Le verbe flinguer veut dire tuer, détruire ou métaphoriquement démolir la réputation de quelqu’un, d’où son emploi fréquent par les journalistes. Le Nouvel Obs a décrit Alain Juppé, qui était candidat à la nomination de la droite pour les présidentielles, “le tonton flingueur de la droite”.

http://tempsreel.nouvelobs.com/edito/20161011.OBS9674/il-dynamite-il-disperse-il-ventile-juppe-le-tonton-flingueur-de-la-droite.html#xtor=EPR-1-[ObsActu8h]-20161012

THE KILLER UNCLES

Have you ever heard of “les tontons flingueurs”, without knowing exactly what it’s all about?

It’s the title of a quirky film which was a big box office hit and became a real cult film.

This Franco-German-Italian comedy, directed by Georges Lautner, came out in 1963, an adaptation of Albert Simonin’s novel “Grisbi or not Grisbi” (Loot or not Loot). It’s full of slang expressions, snatches of dialogue and characters’ names (such as the prostitute Lulu La Nantaise) which have come into popular culture.

Amongst the most well known:

Don’t touch the loot, bitch”, “You’ve got to admit, it’s brutal” “Bloody idiots try anything, that’s how you recognise them”.

Fernand’s quiet little life is rocked when he’s called to the deathbed of Louis, his childhood friend known as “the Mexican”, who’s returned to Paris and entrusts him with managing his affairs and educating his daughter. What follows is a pastiche of American gangster films.

The English version of this French classic was called “Crooks in Clover”. “Un flingueur” is someone who uses firearms, a killer, a wrongdoer. “Tonton” is of course “uncle” in childish language. The verb “flinguer” means to kill, destroy or, metaphorically, to demolish someone’s reputation, hence its frequent use by journalists. In the Nouvel Observateur magazine, Alain Juppé, who was a candidate for the right’s nomination in the presidential elections, is described as “the tonton flingueur of the right”.