MIAOU!

juillet 25, 2022

Les chats et les chatons sont incontestablement les coqueluches du web. Ils font craquer les internautes partout dans le monde. Leurs frimousses nous rendent amoureux et leurs facéties nous font bien rire. Quelques minutes passées en compagnie d’un chat mignon, même un chat virtuel, nous font du bien.

Mais vous rendez-vous compte combien la langue française (et d’autres langues d’ailleurs) est truffée d’expressions qui contiennent le mot chat? Ci-dessous quelques exemples, vous en trouverez bien d’autres.

Vous êtes gêné pour parler, vous êtes enroué? Évitant toute expression médicale, les Français ont l’habitude de dire “J’ai un chat dans la gorge”. Pourquoi un chat plutôt qu’une grenouille à l’anglaise, je n’en sais pas plus que vous.

Quand on a envie de parler franchement, surtout avec quelqu’un qui tend à l’euphémisme, on encourage l’autre à appeler les choses par leur nom en disant “Appelons un chat un chat”. La bêche qui figure dans l’expression équivalente anglaise est introuvable.

Vous cherchez quelqu’un, mais il n’y a personne? Les Français diraient peut-être “Il n’y a pas un chat” ou “Il n’y a pas la queue d’un chat”. Ça peut aussi signifier qu’il n’y a pas beaucoup de monde dans un endroit où on s’attendait à une foule.

Il semble que les rois de la jungle Internet enrichissent aussi notre façon de parler.

MIAOW!

Cats and kittens are undoubtedly the darlings of the web. People surfing the net can’t resist them. Their sweet little faces make us fall in love and their antics give us a good laugh. A few minutes spent in the company of a cute cat, even a virtual cat, does us good.

But do you realise the extent to which the French language (and other languages besides) is peppered with expressions containing the word cat. Here are a few examples, you’ll find plenty more.

Are you having trouble speaking, are you hoarse? Avoiding all medical expressions, the French are in the habit of saying “I’ve got a cat in my throat”. Why a cat rather than a frog in the English manner, your guess is as good as mine.

When you want to speak frankly, especially with someone who has a tendency to euphemise, you can encourage the other person to call things by their name by saying “Let’s call a cat a cat”. The spade which appears in the equivalent English expression is nowhere to be seen.

Are you looking for someone, but there’s nobody there? French people might say “There isn’t a cat there” or “There isn’t a cat’s tail”. This can also mean that there aren’t many people in a place where you’re expecting a crowd.

It seems that the kings of the Internet jungle also enrich our way of speaking.


COÛTER LES YEUX DE LA TÊTE

mai 2, 2022

On attache beaucoup d’importance à la vue et aux yeux. Donc on voit facilement l’origine de l’expression coûter les yeux de la tête. Ceux qui parlent moins bien disent souvent que ça coûte la peau des fesses.

À cette époque d’inflation qui fait rage, on a recours à toute une flopée d’expressions colorées pour exprimer sa situation. Le citoyen lambda souffre financièrement, tout le monde semble être dans la mouise et rouspète contre l’envolée des prix. On dit qu’on a du mal à joindre les deux bouts ou à boucler ses fins de mois. Si on est vraiment dans la dèche, on dit qu’on est fauché, on n’a plus un radis etc.

Le magazine 60 millions de consommateurs (l’équivalent français du magazine anglais Which?) a lancé son ‘Observatoire de l’inflation’. En février 2022, l’association a constaté que le prix de son panier, composé de 31 produits de première nécessité, avait augmenté de 2,44% sur un an. L’essence, l’électricité, les aliments de base (surtout les pâtes et les huiles végétales) sont les plus touchés. Le magazine prévient de l’impact brutal sur les ménages les plus modestes.

Pour certaines personnes, les banques alimentaires sont devenues des planches de salut. Il n’y a aucun doute, aujourd’hui, faire ses courses hebdomadaires, ça douille.

COÛTER LES YEUX DE LA TÊTE (to cost an arm and a leg)

We attach a lot of importance to eyesight and our eyes. So you can easily see the origin of the expression ‘coûter les yeux de la tête’ (to cost an arm and a leg). Less well-spoken people often say ‘coûter la peau des fesses’ (to cost the skin of the buttocks).

At this time when inflation is rampant, people are resorting to a load of colourful expressions to describe their situation. The average citizen has money problems, everyone seems to be broke and is grumbling about the surge in prices. People say they’re having trouble making ends meet or making it to the end of the month. If you’re flat broke, you say you are ‘fauché’, you haven’t got a radish etc.

The magazine 60 millions de consommateurs (the French equivalent of the English magazine ‘Which?’) launched its ‘Inflation Watchdog’. In February 2022, the association recorded that the price of its basket, made up of 31 basic products, had increased by 2.44% in a year. Petrol, electricity, basic foodstuffs (especially pasta and vegetable oil) are the most affected. The magazine is warning of the drastic impact on low income households.

For some people, food banks have become a lifeline. There’s no doubt about it, doing your weekly shop these days costs a fortune.


RAMENER SA FRAISE

juin 21, 2021

C’est la saison des fraises, mais en fait cette expression haute en couleur, qui évoque une vision de barquettes (en carton ou en bois svp, mais pas en plastique) de fraises sucrées et juteuses, n’a pas grand-chose à voir avec les fraises. La fraise est un mot argotique pour la tête, donc on dit qu’une personne ramène sa fraise quand elle intervient dans une discussion qui ne la regarde pas ou sans qu’on lui demande son avis.

Je ne m’excuse pas de ramener ma fraise au sujet de la souveraineté alimentaire car, ces dernières années, la France a perdu 14% de la surface cultivée en légumes. Avec le changement climatique, les maraîchers, les agriculteurs, les viticulteurs font face à beaucoup de difficultés.

Selon Christiane Lambert, présidente de la FNSEA (Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles), le premier syndicat agricole français, « La France importe de plus en plus son alimentation : 60 % des fruits et 40% des légumes consommés en France sont importés ». Par exemple, deux tiers des fraises mangées en France sont importées, bien que la France soit productrice par excellence de ce fruit délicieux et que beaucoup de Français plébiscitent l’alimentation de proximité.

Le vieillissement de la profession est encore un enjeu majeur. Beaucoup d’agriculteurs prennent leur retraite, sans trouver des jeunes pour les remplacer. Il faut que le gouvernement soutienne ceux qui sont prêts à prendre le relais et les aide à s’installer.

Le réchauffement de la planète est un problème pour le monde entier. La sécurité alimentaire est primordiale pour n’importe quel pays. Il est donc important de réagriculturaliser la France et de réduire les importations au strict minimum. À propos, il en va de même pour le Royaume-Uni.

RAMENER SA FRAISE

It’s the strawberry season, but actually this colourful expression, which brings to mind visions of punnets (cardboard or wood please, not plastic) of sweet, juicy strawberries, doesn’t have much to do with strawberries. ‘La fraise’ (strawberry) is a slang word for the head, so you talk about someone sticking their strawberry in when they intervene in a discussion which is none of their business or when nobody is asking their opinion.

I make no apology for sticking my oar in with regard to food security as, in recent years, France has lost 14% of its agricultural land devoted to vegetables. With climate change, market gardeners, farmers and wine growers are facing a lot of difficulties.

According to Christiane Lambert, president of the FNSEA (National Federation of Agricultural Trade Unions), the biggest French agricultural trade union, “France imports more and more of its food: 60% of fruit and 40% of vegetables eaten in France are imported. For example, two thirds of strawberries consumed in France are imported, even though France is a producer par excellence of this delicious fruit and a lot of French people are overwhelmingly in support of local food.

The ageing of the profession is also a major issue. A lot of farmers are retiring, without finding young people to replace them. The government must give support to those who are willing to take over and help them to set up.

Global heating is a problem for the whole world. Food security is essential for any country. It’s important therefore to re-agriculturalise France and reduce imports to a strict minimum. By the way, the same goes for the UK.


MINUTE PAPILLON!

mars 2, 2021

L’expression:

Minute Papillon!

Qu’est-ce que ça signifie?

Un instant! Pas trop vite! Ne sois pas si pressé! ou Je ne suis pas d’accord

L’origine de cette expression colorée est controversée. Une explication remonte aux années 30: les journalistes du Canard Enchaîné* fréquentaient un café où il y avait un serveur du nom de Papillon. Quand on l’appelait, il répondait toujours “Minute, j’arrive”. Donc on l’a surnommé Minute Papillon et on patientait, peut-être plus qu’une minute, pour le prochain verre.

Mais d’autres pensent qu’elle fait simplement allusion à cet insecte bien-aimé qui orne nos jardins, passant d’une fleur à une autre, et ne se pose jamais plus d’une petite minute.

Ah, les papillons! Quelle beauté! Les paons du jour, les vulcains, les vanesses, les aurores, les machaons et plein d’autres nous remontent le moral quand on les aperçoit au jardin. Si vous voulez les attirer, il vous faut des plantes comme le zinnia, la valériane, le sedum, l’ortie, le fenouil, la rose trémière. Ou bien l’arbuste que tout le monde connaît ‘l’arbre aux papillons’, autrement dit le buddléia, dont les fleurs en grappes attirent les papillons à coup sûr de juillet à septembre.

Quoi qu’il en soit, la prochaine fois que vous exigez que votre interlocuteur patiente un peu – c’est peut-être un moulin à paroles et vous n’arrivez pas à en placer une – vous n’avez qu’à prononcer cette expression: Minute Papillon!

* Pour en savoir un peu plus au sujet du journal Le Canard Enchainé: https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2013/05/07/devant-le-kiosque-3/

HOLD ON A SECOND!

The expression:

Minute Papillon!

What does it mean?

Just a moment! Not so fast! Hold on! or I don’t agree

The origin of this colourful expression is disputed. One explanation dates from the 1930s: journalists from the ‘Canard Enchainé’* used to frequent a café where there was a waiter called Papillon. When you called him, he always replied “Just a minute, I’m coming”. So he was nicknamed Minute Papillon and people waited, maybe longer than a minute, for their next drink.

Others think it simply refers to the well-loved insect which graces our gardens, flitting from one flower to the next, never settling for more than a minute or so.

Ah, butterflies! They’re so beautiful! Peacocks, red admirals, painted ladies, orange tips, swallowtails and many more cheer us up when we see them in the garden. If you want to attract them, you need plants like zinnia, valerian, sedum, nettle, fennel, hollyhock. Or else the shrub which everyone knows ‘the butterfly bush’, otherwise known as buddleia, whose bunches of flowers never fail to attract butterflies between July and September.

In any event, the next time you want to get someone to wait for a moment – perhaps they talk nineteen to the dozen and you can’t get a word in edgeways – all you need to do is to use this expression: Minute Papillon! (Just a minute, butterfly!)

* To find out a bit more about the newspaper ‘The Chained Duck’: https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2013/05/07/devant-le-kiosque-3/


FAIRE DE LA PERRUQUE

septembre 21, 2020

Faire de la perruque: voilà une expression haute en couleur qui signifie faire, pendant les heures de travail, une tâche personnelle, souvent avec le matériel de l’entreprise.

À dire vrai, de temps en temps tous les employés de bureau ont travaillé pour leur propre compte au boulot. C’est inévitable pour ceux qui travaillent à plein temps. Dans la presse par exemple, des journalistes employés par une publication font aussi des piges et cela parfois pendant leurs heures de travail officielles. Mais l’arrivée généralisée du télétravail brouille la frontière maison-travail et risque d’entraîner une épidémie de faire de la perruque.

Déjà à la mode sous Louis XIII, c’est Louis XIV, chauve à 20 ans après avoir attrapé la typhoïde, qui a popularisé le port des perruques à la cour. L’aristocratie et la bourgeoise l’ont vite imité et la beauté de la perruque est devenue une indication de rang social. La révolution de 1789 a mis un terme à la pratique car, si vous portiez une perruque, vous risquiez de perdre la tête qu’elle enjolivait.

La perruque est devenue un symbole de tromperie, d’où l’expression, car le travail personnel au boulot est forcément dissimulé et la pratique trompe l’employeur. On dit que les coiffeurs d’autrefois ramassaient les cheveux coupés pour les vendre aux perruquiers, pour leur propre compte …

FAIRE DE LA PERRUQUE

Faire de la perruque (to do the wig!): here’s a colourful expression which means to do personal stuff during work hours, often using company equipment.

Truth to tell, from time to time all office workers have done private stuff at work. It’s unavoidable for full-time workers. In the press for example, journalists employed by a publication also do freelance work, sometimes during official company time. But the widespread adoption of home working is blurring the home-work boundary and risks leading to an epidemic of ‘wigging’.

Already fashionable under Louis XIII, it was Louis XIV, bald at age 20 after catching typhoid, who popularised wearing wigs at court. The aristocracy and bourgeoisie soon followed suit and the beauty of the wig became an indication of social status. The 1789 revolution put a stop to the practice since, if you wore a wig, you risked losing the head it was embellishing.

The wig became a symbol of deception, hence the expression, as, if you do personal stuff at work, it has of course to be concealed and the practice is deceiving the employer. They say that in the past hairdressers used to collect cut hair to sell it to wigmakers, for their own benefit …