LES CHOUX

juin 1, 2020

Suite à la pandémie Covid-19, un nombre non négligeable de citadins adeptes du télétravail ont exprimé leur désir d’aller planter leurs choux, pour ainsi dire. Est-ce un tournant dans l’évolution de la société qui va inverser l’exode rural que l’on a connu ces cinquante dernières années?

Cette expression “aller planter ses choux”, qui signifie prendre sa retraite à la campagne. m’a rappelé que les choux figurent dans pas mal d’expressions françaises. En voici une sélection qui pourrait vous intéresser:

Si on fait chou blanc, on ne trouve pas ce qu’on cherche, on manque sa cible. on rentre bredouille, comme on dit.

Encore un négatif: si on est dans les choux, on est dans une mauvaise situation, dans le pétrin quoi.

Dans leurs feuilles de chou – la presse tabloïde – les journalistes font leurs choux gras au sujet des supposés tire-au-flanc qui ne veulent pas rentrer au travail par ce temps merveilleux.

On dit que les malheureux qui ont de grandes oreilles décollées ont des oreilles en feuille de chou, qui correspond à l’expression anglaise.

Peut-être vous connaissez d’autres expressions qui se rapportent aux crucifères?

CABBAGES

Following the Covid-19 pandemic, a not insignificant number of townies, enthusiastic about working from home, have expressed a desire to go and plant cabbages, so to speak. Is this a turning point in the development of society which will reverse the rural exodus which we’ve seen over the last fifty years?

This expression “aller planter ses choux”, which means to retire to the country, reminded me that cabbages feature in quite a lot of French expressions. Here’s a selection which might interest you:

If you “faire chou blanc”, you can’t find what you’re looking, draw a blank, come home empty-handed, as they say.

Another negative: if you’re “dans les choux” – in the cabbages – you’re in a bad situation, in a really tight spot.

In their “feuilles de chou” – the tabloid press – journalists are having a field day (faire leurs choux gras) writing about supposed skivers who don’t want to go back to work in this marvellous weather.

People who have large sticking out ears are said to have cabbage ears which corresponds to the English cauliflower ears.

Maybe you know some other expressions which refer to brassicas?


PRENDRE LE TRAIN 11

mai 1, 2020

Si quelqu’un vous dit “Je vais prendre le train 11”, ça ne veut pas forcément dire qu’il va à la gare ferroviaire. En fait, cette expression veut dire que la personne va se déplacer à pied, car le numéro 11 ressemble à deux jambes. L’équivalent en anglais pourrait être “I’m going by Shanks’ pony”.

Les jambes elles-mêmes figurent en profusion dans la langue vernaculaire. Par exemple, celui qui vous tient la jambe vous retient avec des discours ennuyeux. Tout le monde connaît quelqu’un comme ça!

Si quelqu’un n’apporte pas le soin qu’une tâche mérite, on dit qu’il la fait par-dessus la jambe. L’expression, qui date du XVIIe siècle, fait référence au jeu de paume (l’ancêtre du tennis) où l’attitude d’un joueur qui lançait la balle par-dessus la jambe était désapprouvée.

Avec tout cet exercice que vous faites sans doute pendant ce confinement, avez-vous retrouvé vos jambes de 20 ans? Non, vous me faites marcher!

Vous direz peut-être que connaître ces expressions, ça me fait une belle jambe. Peut-être bien, mais c’est quand même fascinant, n’est-ce pas?

CATCHING TRAIN 11

If someone says to you “I’m catching train 11”, it doesn’t necessarily mean they’re off to the railway station. Actually, this expression means that the person is going somewhere on foot, as the number 11 looks like two legs. The English equivalent might be “I’m going by Shanks’ pony”.

There’s a profusion of legs themselves in the vernacular. For example, someone who “holds on to your leg” is buttonholing you or bending your ear with something boring. Everybody knows someone like that!

If someone doesn’t give a job the care it deserves, you say that they’re doing it over the top of their leg, i.e. not doing it properly. The expression, which dates from the seventeenth century, refers to “real” tennis (the forerunner of lawn tennis) where it was frowned on if a player threw the ball “over the top of” his leg.

With all this exercise that you’re doubtless doing during the lockdown, are you moving like someone half your age? No, you’re pulling my leg.

You may well say that knowing these expressions will do you a fat lot of good. That’s as may be, but it’s nonetheless fascinating, isn’t it?


TAMALOU

avril 29, 2019

Vous avez déjà entendu ce mot mystérieux quand deux seniors se croisent et se disent bonjour, sans savoir de quoi il s’agit? Permettez-moi de vous expliquer.

Tamalou” est une contraction de “Tu as mal où?” Vous devez forcément connaître quelqu’un assez bien avant d’avoir recours à cette nouvelle manière de se saluer. Je vous conseille de l’employer avec modération. Sinon, vous risquez de devoir écouter une longue liste de maux et de douleurs.

Ce néologisme a été popularisé par les Goristes (autre contraction, cette fois de “goret” et “choriste”), un groupe de chansonniers Bretons.

Pour écouter la chanson rigolote et voir les paroles: https://www.youtube.com/watch?v=dz7F9wdtZz0

TAMALOU

Have you ever heard this mysterious word when two senior citizens meet and say hello, but you didn’t know what they were on about? Allow me to explain.

Tamalou” is a contraction of “Tu as mal où?” (where does it hurt?). Of course you must know someone quite well before resorting to this new way of greeting someone. I advise you to use it sparingly. Otherwise, you risk having to listen to a long list of aches and pains.

This new word was popularised by the Goristes (another contraction, this time of “goret” (pig) and “choriste” (chorister), a group of Breton singers.

To hear the amusing song and see the words: https://www.youtube.com/watch?v=dz7F9wdtZz0


L’ARROSEUR ARROSÉ

avril 15, 2019

On a beaucoup parlé récemment de ce braconnier tué par un éléphant et mangé par des lions en Afrique du sud. Il essayait de s’en prendre à un rhinocéros dans le parc national Kruger. Il a payé très cher pour cette attaque, on n’a retrouvé qu’un crâne et un pantalon.

Ça me rappelle l’expression française l’arroseur arrosé. Vous le connaissez peut-être?

L’expression a son origine dans le tout premier film humoristique des frères Lumière, tourné en 1895. Le film en noir et blanc montre un garçon qui fait une farce à un jardinier en mettant le pied sur le tuyau d’arrosage. Le jardinier pense que le tuyau est bouché et regarde le bec, à la suite de quoi le garçon retire son pied et le jardinier est arrosé. Le jardinier court après le garçon, l’attrape, lui donne une fessée et l’arrose à son tour.

Pour voir le film (qui ne dure que 45 secondes) : https://www.youtube.com/watch?v=UlbiNuT7EDI

THE BITER BIT

There’s been a lot of talk recently about the poacher killed by an elephant and eaten by lions in South Africa. He was after a rhinoceros in the Kruger national park. He paid dearly for this attack, only a skull and a pair of trousers were found.

It reminds me of the French expression “l’arroseur arrosé”. Maybe you know it?

The expression comes from the first ever comedy film by the Lumière brothers, made in 1895. The black and white film shows a boy playing a practical joke on a gardener by putting his foot on the hosepipe. The gardener thinks the hose is blocked and looks down the spout, whereupon the boy removes his foot and the gardener gets sprayed. The gardener chases the boy, catches him, spanks him and sprays him in turn.

To see the film (which only lasts 45 seconds) : https://www.youtube.com/watch?v=UlbiNuT7EDI


ON FAIT LE PONT

octobre 29, 2018

Pour ceux qui aiment les week-ends prolongés – et, admettons-le, ils sont rares les gens qui ne tiennent pas à ces courtes périodes de repos, de sorties et de loisirs – le mois de novembre 2018 commence bien. La fête de la Toussaint, une fête catholique instituée au VIIIe siècle et célébrée le 1er novembre, tombe un jeudi.

Cela signifie que les employés peuvent profiter de cette tradition française de ne pas rentrer au travail entre le jour férié et le week-end. Les Français adorent faire le pont depuis pas mal de temps. Déjà sous le second Empire (1852-1870) cette expression avait son sens actuel. Comme on passe d’une rive à l’autre sur un pont, on passe soit d’un jeudi à un samedi, soit d’un dimanche à un mardi.

Le mot week-end (avec un trait d’union en français) est évidemment une importation de l’autre côté de la Manche, mais qui est d’usage courant en français et s’avère même acceptable en contexte formel. À noter que les Québécois emploient le vocable ‘fin de semaine’ (à ne pas confondre avec ‘la fin de la semaine’ qui désigne la fin de la semaine ouvrable).

Faire le pont évoque certains ponts français notables comme le viaduc de Millau dans l’Aveyron ou le pont des Arts à Paris qui sont à voir absolument, même si c’est seulement sur Internet. Voir des articles dans l’archive:

https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2014/11/11/le-pont-de-millau-cest-du-beton/

https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2015/02/13/le-pont-des-arts/

MAKING THE BRIDGE’

For people who like taking long weekends – and, let’s face it, there’s not many people who aren’t keen on these short periods of rest, outings and leisure – the month of November 2018 gets off to a good start. All Saints Day, a catholic festival which dates back to the eighth century and is celebrated on 1 November, falls on a Thursday.

This means that employees can avail themselves of this French tradition of not going back to work between the bank holiday and the weekend. The French have been enjoying ‘making the bridge’ for quite a long time. The expression already had its current sense during the Second Empire (1852-1870). Like crossing from one river bank to the other on a bridge, you cross from a Thursday to a Saturday or from a Sunday to a Tuesday.

The word ‘week-end’ (with a hyphen in French) has obviously been imported from the other side of the Channel, but it’s in common usage and even turns out to be acceptable in a formal context. Note that people in Québec use the term ‘fin de semaine’ (end of week) (not to be confused with ‘la fin de la semaine’ (the end of the week) which means the end of the working week).

Faire le pont’ evokes certain notable French bridges, such as the Millau viaduct in Aveyron or the pont des Arts in Paris which are must-sees, even if it’s only on the Internet. See articles in the archive:

https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2014/11/11/le-pont-de-millau-cest-du-beton/

https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2015/02/13/le-pont-des-arts/