CRISE SUR L’ÎLE DE BEAUTÉ

octobre 1, 2018

Ça y est alors. L’île de beauté, autrement dit la Corse, se trouve à court de centres d’enfouissement des déchets. Elle va donc “exporter” une partie de ses déchets sur le continent.

Les sites actuels arrivent à saturation. Selon le journal Le Parisien, c’est “une bombe à retardement écologique, économique et politique”.

L’île produit chaque année 170 000 tonnes de rebut. On demande la construction d’un incinérateur, projet enterré il y a huit ans. Entretemps, dans l’absence d’une amélioration du tri sélectif (26%, bien inférieur à la moyenne française de 46%), c’est le continent qui doit absorber cet excès.

Les destinataires heureux de cet excédent seront, entre autres, une petite commune de la Vienne où les déchets seront enfouis et Perpignan ou Toulouse où ils seront incinérés.

Les générations successives n’ont pas fait attention aux avertissements innombrables des dernières décennies. Italo Calvino a beau écrit sa description alarmante de Leonia dans Les villes invisibles (1972). Les montagnes désolées de détritus dans Bladerunner (1982) de Ridley Scott n’ont pas fait impression non plus.

La Corse n’est pas seule à rencontrer ce problème qui sera sans doute pratiquement universel d’ici quelques années.

CRISIS ON THE BEAUTIFUL ISLAND

That’s it then. The ‘beautiful island’, otherwise known as Corsica, has run out of landfill sites. So it’s going to ‘export’ some of its rubbish to the mainland.

Current sites are completely full. According to ‘Le Parisien’ newspaper, this is an environmental, economic and political time bomb.

The island produces 170 000 tonnes of scrap annually. There are calls for an incinerator to be built, a project which was buried eight years ago. Meanwhile, in the absence of an improvement in recycling rates (26%, well below the French average of 46%), it’s the mainland which has to absorb the excess.

The lucky recipients of this surplus will be, amongst others, a small commune in Vienne where the rubbish will be put into landfill and Perpignan and Toulouse where it will be incinerated.

Successive generations have not heeded the countless warnings of the last decades. In vain Italo Calvino wrote his alarming description of Leonia in ‘Invisible Cities’ (1972). The desolate mountains of rubbish in Ridley Scott’s ‘Bladerunner’ (1982) made no impression either.

Corsica is not alone in encountering this problem which will doubtless be pretty much universal within a few years.

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UN REVERS CUISANT POUR LES ÉCOLOS

septembre 3, 2018

La démission de Nicolas Hulot de son poste de ministre de la transition écologique et solidaire du gouvernement Macron semble complètement légitime. La conversation médiatique se concentre sur son successeur et un remaniement du gouvernement plutôt que sur le réchauffement climatique. L’ironie est totale.

Après avoir mûrement réfléchi, Nicolas Hulot a démissionné au débotté mardi dernier en direct au micro de France Inter. “Je ne veux plus me mentir” a-t-il dit en parlant de la gravité de la crise et de la fin de l’humanité. Il a expliqué qu’on est en train d’assister à la catastrophe et presque personne, notamment le gouvernement, ne fait rien. Il n’a manifestement pu convaincre la société de l’urgence du problème.

Nommé envoyé spécial pour la protection de la planète par François Hollande, sa nomination au gouvernement Macron semblait donner du poids aux arguments de ce fidèle partisan de l’écologie, connu partout en Francophonie comme l’animateur de l’émission Ushuaïa sur TF1. Hulot, c’est l’équivalent français de l’anglais David Attenborough.

Nicolas Hulot était visiblement ému par son choix Cornélien qui opposait l’impuissance d’achever quoi que ce soit à l’abandon de tout effort à changer la donne. Que va-t-il faire à l’avenir? On ne sait pas. Il affirme que ces ambitions politiques sont terminées. Peut-être va-t-il reprendre les rênes de la Fondation pour la Nature et L’Homme qu’il avait créée en 1990. Quoi qu’il arrive, on peut être sûr qu’il continuera la lutte pour sauver et l’humanité et la planète.

Lecture complémentaire dans l’archive du 7 décembre 2012: https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2012/12/07/les-deux-messieurs-hulot/

A SERIOUS SETBACK FOR THE GREEN MOVEMENT

Nicolas Hulot’s resignation from his post as Minister for environmental transition and solidarity in Macron’s government seems to be completely justified. The media is concentrating on who will replace him and a cabinet reshuffle rather than talking about climate change. The irony is total.

After a lot of soul-searching, Nicolas Hulot resigned out of the blue last Tuesday, live on the radio station France Inter. “I can’t lie to myself any more” he said, talking about the seriousness of the crisis and the end of humanity. He explained that we are witnessing a catastrophe and hardly anybody, particularly the government, is doing anything. He has signally failed to convince society of the urgency of the problem.

Appointed ‘special envoy for the protection of the planet’ by François Hollande, his inclusion in Macron’s government seemed to strengthen the case of this stalwart of the environment, well-known throughout French-speaking countries as the presenter of the programme Ushuaïa on TF1. Hulot is the French equivalent of the Englishman David Attenborough.

Nicolas Hulot was visibly upset by the ‘choix Cornélien’ (impossible decision) which set his powerlessness to achieve anything against the abandonment of any effort to make radical change. What does the future hold for him ? We don’t know. He insists that he no longer has any political ambitions. He may pick up the reins of the ‘Foundation for Nature & Mankind’ which he founded in 1990. Whatever happens, we can be confident that he’ll keep on fighting to save both humanity and the planet.

Further reading in the archive dated 7 December 2012: https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2012/12/07/les-deux-messieurs-hulot/


À QUOI SERT UN JARDIN?

février 19, 2018

Selon le dictionnaire, la définition d’un jardin est la suivante: terrain où l’on plante des végétaux comestibles ou d’agrément. C’est une définition assez générale car les jardins ne signifient pas la même chose pour tout le monde.

La liste des activités qu’on peut faire dans un jardin est sans limite, mais comprennent, entre autres: cultiver, jouer, se détendre, se reposer, cuisiner, manger, observer, communier avec la nature, s’entraîner et ainsi de suite.

Qu’est-ce que ça représente pour vous? Un passe-temps ou une corvée? Une compétence pratique qu’on peut apprendre ou un art? On dit qu’avoir la main verte est un talent inné, mais des millions de jardiniers réfutent cette notion.

Grand ou petit, un jardin vous permet d’échapper le train-train quotidien. Si le métro, boulot, dodo vous donne le cafard, rien ne vaut une petite heure au jardin. Et même si vous n’avez qu’un balcon, il est quand même possible d’accomplir des miracles de jardinage. Comme dit Voltaire: Il faut cultiver notre jardin.

Lecture complémentaire: Voir article dans l’archive du 11 novembre 2014 https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2014/11/18/il-faut-cultiver-notre-jardin/

WHAT’S A GARDEN FOR?

According to the dictionary, a garden is defined as follows: land where you plant edible or ornamental vegetation. It’s rather a broad definition as gardens mean different things to different people.

The list of things you can do in a garden is endless but includes, amongst others: growing, playing, relaxing, resting, cooking, eating, observing, communing with nature, working out and so on.

What does a garden mean to you? A pastime or a chore? A practical skill that can be learnt or an art? They say that having green fingers is an innate talent, but millions of gardeners refute this idea.

Large or small, a garden can allow you to escape the daily grind. If the nine-to-five routine is getting you down, there’s nothing better than spending an hour in the garden. And even if you only have a balcony, it’s still possible to work gardening miracles. As Voltaire says: We must cultivate our gardens.

Further reading: See my article in the archive dated 11 November 2014   https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2014/11/18/il-faut-cultiver-notre-jardin/


ROUEN PREND DE L’AVANCE

décembre 11, 2017

Deux ans après l’accord international sur le climat, la lutte contre le réchauffement climatique a fait un pas en avant à Rouen avec le lancement d’une mini COP21. Cette COP21 locale vise à réduire la consommation énergétique en rénovant 100% des logements et convertir totalement en énergie renouvelable avant 2050.

On espère rattraper le retard d’une ville marquée par la pétrochimie et le tout bagnole. En partenariat avec l’ONG WWF, la métropole, qui compte plus de 500 000 habitants, veut créer des conditions de mobilisation pour encourager les citoyens à participer à cette révolution indispensable pour la planète.

Capitale administrative de la région Normandie, la ville de Rouen a été désignée sous le nom de “ville aux cent clochers” par Victor Hugo. Elle est aussi surnommée irrévérencieusement “le pot de chambre de la Normandie” à cause de sa réputation d’être la ville la plus pluvieuse de Normandie. Sa cathédrale, dont la flèche est la plus haute de France à 151 mètres, a inspiré Claude Monet qui l’a immortalisée dans sa série “Cathédrales”. Le Gros Horloge est aussi un monument emblématique de la ville qui est jumelée avec la ville anglaise de Norwich.

Aujourd’hui Rouen prend la balle au bond. Espérons que d’autres villes vont vite suivre l’exemple. Encore un sommet international aura lieu à Paris le 12 décembre 2017, exactement 2 ans après l’accord de Paris.

ROUEN TAKES THE LEAD

Two years after the international climate agreement, the fight against climate change has taken a step forward in Rouen with the launch of a mini COP21. This local COP21 aims to reduce energy consumption by renovating 100% of housing and to convert completely to renewable energy by 2050.

It’s hoped to make up for having fallen behind in this town characterised by the petrochemical industry and overrun with cars. In partnership with the NGO WWF, the metropolis, which has more than 500,000 inhabitants, wants to create the conditions to mobilise its citizens to join in this revolution essential for the planet.

The administrative capital of the Normandy region, the town of Rouen was given the name of “town of a hundred bells” by Victor Hugo. It was also irreverently nicknamed “the chamber pot of Normandy” because of its reputation for being the rainiest town in Normandy. Its cathedral, whose spire is the highest in France at 151 metres, inspired Claude Monet who immortalised it in his “Cathedral” series. The Big Clock is another iconic monument in the town which is twinned with the English town of Norwich.

Today Rouen is seizing the opportunity. Let’s hope that other towns will soon follow suit. Another international summit will be taking place in Paris on 12 December 2017, exactly two years after the Paris agreement.


UNE NOUVELLE GÉNÉRATION DE COLONNES MORRIS

septembre 25, 2017

En juin 2013, j’ai écrit au sujet de la disparition de beaucoup des colonnes Morris traditionnelles de Paris, censément pour désencombrer l’espace public et lutter contre l’affichage sauvage. Pourtant, l’innovation est maintenant prête à remplacer la désuétude.

Une colonne Morris capable de capter autant de dioxyde de carbone qu’une centaine d’arbres vient d’être installée dans le quartier Alésia du XIVe arrondissement de Paris.

On dit que la nouvelle éco-colonne va pouvoir fixer au minimum une tonne de CO2 en une année. Elle prétend aussi capter une partie de l’oxyde d’azote produit par les véhicules.

Le réservoir qui a 4m de hauteur et 2,5m de diamètre contient une culture de micro-algues qui absorbent le CO2. Les micro-algues se multiplient et serviront ensuite à produire du biométhane. C’est une solution gagnant-gagnant que vous allez peut-être voir bientôt dans une ville près de chez vous.

A NEW GENERATION OF MORRIS COLUMNS

In June 2013, I wrote about the disappearance of a lot of Paris’ traditional Morris columns, supposedly to declutter public spaces and fight against excessive fly-posting. However, innovation is now set to replace obsolence.

A Morris column which can capture as much carbon dioxide as around a hundred trees has recently been installed in the Alésia area of Paris’ 14th arrondissement.

Apparently the new eco-column will be able to fix a minimum of a ton of CO2 in a year. It also claims to capture some of the nitrogen oxide emitted by vehicles.

The 4 metre high, 2.5 metre diameter reservoir contains a culture of micro-algae which absorb the CO2. The microalgae multiply and will then be used to produce biomethane. It’s a win-win solution which may be coming soon to a town near you.