ENVIE DE NAGER?

juillet 5, 2021

Envie de nager? Prendre un bain de mer ou faire un petit tour à la piscine, ça fait du bien. Mais pendant que vous vous amusez, dédiez une pensée à Arthur Germain, âgé de 20 ans, fils de la maire de Paris Anne Hidalgo, qui est en train de descendre en autonomie les 784 km de la Seine à la nage.

Arthur tire avec lui un kayak chargé d’alimentation, de vêtements, de matériel de campement et équipement d’échantillonnage. Il nage en combinaison pour limiter le risque d’infection et s’est fait vacciner contre la leptospirose.

Les défis physiques et mentaux, ce jeune aventurier s’y connaît bien. À seize ans, Arthur est le plus jeune français à avoir effectué la traversée de la Manche à la nage.

Son parcours de la source de la Seine prés de Dijon à son embouchure au Havre a pour but de sensibiliser à la pollution des fleuves qui provient notamment de la présence de matières fécales, de pesticides et de nitrates de rejets agricoles. Pourtant, il a été agréablement surpris et dit que la Seine ne mérite pas sa mauvaise réputation.

Sa mère souhaite rendre possible la baignade dans la Seine à Paris d’ici 2025. Entretemps, son fils est attendu au Havre le 28 juillet. Quel défi fou!

FANCY A SWIM?

Fancy a swim? Going for a dip in the sea or a little trip to the swimming pool, it does you good. But whilst you’re enjoying yourself, spare a thought for twenty year old Arthur Germain, son of Paris mayor Anne Hidalgo, who is in the process of doing a solo swim along the 784 km of the Seine.

Arthur is pulling with him a kayak loaded with food, clothing, camping gear and sampling equipment. He’s swimming in a wetsuit to limit the risk of infection and has been vaccinated against leptospirosis.

This young adventurer is no stranger to physical and mental challenges. At the age of sixteen, Arthur became the youngest French person to swim the English Channel.

His journey from the source of the Seine near Dijon to its mouth at Le Havre aims to raise awareness of river pollution which mostly comes from the presence of fecal matter, pesticides and nitrates from agricultural run-off. However, he has been pleasantly surprised and says that the Seine doesn’t deserve its bad reputation.

His mother hopes to make it possible to bathe in the Seine in Paris from 2025. Meanwhile, her son is expected in Le Havre on 28 July. What an amazing challenge!


RAMENER SA FRAISE

juin 21, 2021

C’est la saison des fraises, mais en fait cette expression haute en couleur, qui évoque une vision de barquettes (en carton ou en bois svp, mais pas en plastique) de fraises sucrées et juteuses, n’a pas grand-chose à voir avec les fraises. La fraise est un mot argotique pour la tête, donc on dit qu’une personne ramène sa fraise quand elle intervient dans une discussion qui ne la regarde pas ou sans qu’on lui demande son avis.

Je ne m’excuse pas de ramener ma fraise au sujet de la souveraineté alimentaire car, ces dernières années, la France a perdu 14% de la surface cultivée en légumes. Avec le changement climatique, les maraîchers, les agriculteurs, les viticulteurs font face à beaucoup de difficultés.

Selon Christiane Lambert, présidente de la FNSEA (Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles), le premier syndicat agricole français, « La France importe de plus en plus son alimentation : 60 % des fruits et 40% des légumes consommés en France sont importés ». Par exemple, deux tiers des fraises mangées en France sont importées, bien que la France soit productrice par excellence de ce fruit délicieux et que beaucoup de Français plébiscitent l’alimentation de proximité.

Le vieillissement de la profession est encore un enjeu majeur. Beaucoup d’agriculteurs prennent leur retraite, sans trouver des jeunes pour les remplacer. Il faut que le gouvernement soutienne ceux qui sont prêts à prendre le relais et les aide à s’installer.

Le réchauffement de la planète est un problème pour le monde entier. La sécurité alimentaire est primordiale pour n’importe quel pays. Il est donc important de réagriculturaliser la France et de réduire les importations au strict minimum. À propos, il en va de même pour le Royaume-Uni.

RAMENER SA FRAISE

It’s the strawberry season, but actually this colourful expression, which brings to mind visions of punnets (cardboard or wood please, not plastic) of sweet, juicy strawberries, doesn’t have much to do with strawberries. ‘La fraise’ (strawberry) is a slang word for the head, so you talk about someone sticking their strawberry in when they intervene in a discussion which is none of their business or when nobody is asking their opinion.

I make no apology for sticking my oar in with regard to food security as, in recent years, France has lost 14% of its agricultural land devoted to vegetables. With climate change, market gardeners, farmers and wine growers are facing a lot of difficulties.

According to Christiane Lambert, president of the FNSEA (National Federation of Agricultural Trade Unions), the biggest French agricultural trade union, “France imports more and more of its food: 60% of fruit and 40% of vegetables eaten in France are imported. For example, two thirds of strawberries consumed in France are imported, even though France is a producer par excellence of this delicious fruit and a lot of French people are overwhelmingly in support of local food.

The ageing of the profession is also a major issue. A lot of farmers are retiring, without finding young people to replace them. The government must give support to those who are willing to take over and help them to set up.

Global heating is a problem for the whole world. Food security is essential for any country. It’s important therefore to re-agriculturalise France and reduce imports to a strict minimum. By the way, the same goes for the UK.


DES MILLIERS DE FEUX

avril 13, 2021

La vague d’air polaire qui est descendue brutalement sur la France la semaine dernière a frappé durement des agriculteurs et viticulteurs dans 10 des 13 régions de la France métropole. On parle d’une crise historique, pire encore que celle de 1991, pour les gens qui dépendent des vignes et des arbres fruitiers pour leur subsistance.

Le gouvernement va activer le régime de “calamité naturelle” pour apporter des aides financières aux agriculteurs et viticulteurs victimes de cette chute du thermomètre en dessous de zéro. L’ampleur des dégâts n’a pas encore été évaluée, mais certains pensent avoir tout perdu et vont probablement mettre la clé sous la porte.

Contrairement à une chaleur exceptionnelle les semaines précédentes, les températures sont descendues à moins 5 ou moins 6 degrés. L’histoire se répète, mais encore pire cette fois. Comme j’ai écrit il y a quelques années (https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2017/05/01/des-bougies-dans-les-vignobles/) les vignerons se sont mis en quatre pour sauver leurs vignes en allumant d’énormes bougies, des braseros et des bottes de foin. Ils ont même eu recours à des hélicoptères pour survoler les champs et ainsi plaquer de la chaleur au sol. Tout ça peut-être en oubliant la pollution qu’ils créent et leur contribution au réchauffement climatique.

Les pruniculteurs du Lot et Garonne ont été particulièrement touchés. C’est déchirant, mais malheureusement les onctueux pruneaux d’Agen risquent d’être une denrée rare cette année.

Pour voir des images spectaculaires de milliers de feux allumés dans les vignobles pour réchauffer les vignes: https://www.youtube.com/watch?v=sMKr6dKaErI

THOUSANDS OF FIRES

The wave of polar air which swept brutally down to France last week has hit farmers and wine growers hard in 10 out of the 13 French regions in mainland France. There’s talk of an historic crisis, even worse than the one in 1991, for people who depend on vines and fruit trees for their livelihoods.

The government will activate the “natural calamity” system to give financial support to farmers and wine growers who are victims of this plunge of the thermometer below zero. The extent of the damage hasn’t yet been evaluated, but some people think they’ve lost everything and will probably go to the wall.

In contrast to the exceptional warmth in the preceding weeks, temperatures fell to minus 5 or minus 6 degrees. History’s repeating itself, but even worse this time. As I wrote a few years back (https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2017/05/01/des-bougies-dans-les-vignobles/) wine growers have bent over backwards to save their vines by lighting enormous candles, braziers or bundles of hay. They’ve even resorted to getting helicopters to fly over the fields and thus keep the heat at ground level. All this perhaps forgetting the pollution they’re creating and their contribution to global heating.

Plum growers in the Lot and Garonne have been particularly affected. It’s heartbreaking but unfortunately the succulent Agen prunes risk being like golddust this year.

To see some spectactular images of the thousands of fires lit in vineyards to heat the vines:


SAINT VALENTIN: LE VILLAGE DES AMOUREUX

février 16, 2021

La Saint-Valentin. Une occasion romantique pour célébrer votre amour? Une fête ringarde et enfantine qui convient aux ados mais pas aux adultes? Encore une fête de la consommation qui profite aux chocolatiers, aux fabricants de cartes de voeux et aux marchands de vin? Les opinions divergent.

À Saint Valentin, une petite commune de 300 habitants dans l’Indre, on contribue, peut-être sans le vouloir, à la lutte contre le réchauffement climatique car le Jardin des Amoureux du village est devenu un véritable arboretum.

Maire depuis 1983, Pierre Rousseau a voulu faire connaître le village et encourager le tourisme dans la région. Créé dans les années 80, le parc de 4 hectares abrite de nombreux arbres d’essences diverses plantés par des donateurs du monde entier. Planter un arbre pour commémorer votre amour, c’est un geste beaucoup plus durable que d’acheter des roses qui proviennent d’un pays lointain, sont cultivées dans des conditions de travail peut-être douteuses et importées par avion, impliquant forcément des “kilomètres fleuris”.

Si le confinement vous a empêchés de visiter Saint Valentin ce mois de février, rassurez-vous. On peut y faire des promenades bucoliques à chaque saison. Le Jardin des Amoureux vous attend toute l’année et il est toujours possible que Cupidon perce votre coeur de sa flèche.

Pourquoi parle-t-on de la Saint-Valentin? Ça devrait être masculin, non? Mais on parle de la fète de Saint Valentin.

Lecture complémentaire:

https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/tag/peynet/

http://www.village-saint-valentin.com/413_p_14246/le-jardin-des-amoureux.html

SAINT VALENTIN: THE VILLAGE OF LOVERS

Valentine’s Day. A romantic occasion to celebrate your love? A naff, childish festival suitable for teenagers, but not for adults. Another festival of consumption which benefits chocolate makers, greetings card manufacturers and wine merchants? Opinions vary.

In Saint Valentin, a small district of 300 inhabitants in the Indre, they’re contributing, perhaps unintentionally, to the fight against climate change, as the village’s ‘Lovers Garden’ has become a real arboretum.

Mayor since 1983, Pierre Rousseau wanted to put the village on the map and encourage tourism in the area. Created in the eighties, the 4 hectare park is home to numerous trees of various species, planted by donors from around the world. Planting a tree to honour your love is a much more sustainable gesture than buying roses which come from a faraway country, may have been grown in dubious working conditions and are imported by plane, necessarily involving ‘flower miles’.

If the lockdown has stopped you from visiting Saint Valentin this February, no need to worry. You can go for bucolic walks there at any time of year. The ‘Lovers Garden’ is open all year round and there’s always a chance that Cupid will put an arrow in your heart.

Why do we refer to la Saint-Valentin? It should be masculine shouldn’t it? But we’re talking about la fète de Saint Valentin which is feminine.

Further reading:

https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/tag/peynet/

http://www.village-saint-valentin.com/413_p_14246/le-jardin-des-amoureux.html


L’AFFAIRE DU SIÈCLE

février 9, 2021

Mercredi dernier, le tribunal administratif de Paris a jugé que l’État français n’a pas fait assez pour la lutte contre le réchauffement climatique. C’est une décision historique de ce qui est maintenant connu comme “l’affaire du siècle”.

C’est un groupe de quatre ONG qui a saisi le tribunal (Notre affaire à tous, Greenpeace France, Fondation Nicolas Hulot et Oxfam France), soutenu par une pétition signée par plus de 2,3 millions de citoyens inquiets. Décidément, ils ne plaisantaient pas. La trajectoire fixée dans l’accord de Paris en 2015 n’a pas été suivie. L’État a été condamné à verser un euro symbolique aux associations.

Cependant, pour l’instant, il n’y a aucune obligation juridique à agir. Que va-t-il se passer alors? Encore de l’inaction? On dit que le gouvernement se trouve au pied du mur. La proposition de loi issue des mesures avancées par la Convention citoyenne sur le climat doit être présentée en conseil des ministres cette semaine.

« Je ne vois pas comment, aujourd’hui, le gouvernement pourrait rester les bras ballants », dit Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France. « Ce serait une faute politique incompréhensible si Emmanuel Macron ne faisait rien suite à un tel jugement”. L’avenir le dira.

THE CASE OF THE CENTURY

Last Wednesday, the Paris administrative court ruled that the French state has not done enough in the fight against global warming. It’s an historic decision in what is now commonly known as “the case of the century”.

It was a group of 4 NGOs who took the matter to court (Notre affaire à tous, Greenpeace France, Fondation Nicolas Hulot and Oxfam France), supported by a petition signed by over 2.3 million concerned citizens. They certainly meant business. The path determined in the Paris agreement of 2015 hasn’t been followed. The state was sentenced to pay a symbolic amount of one euro to the organisations.

However, for the time being, there’s no legal obligation to do anything about it. What’s going to happen then? More inaction? It’s said that the government has its back to the wall. The bill which was the result of the proposals put forward by the Citizens convention on the climate is due to be presented to the council of ministers this week.

I can’t see how, today, the government could just do nothing” says Jean-François Julliard, the head of Greenpeace France. “It would be an incomprehensible political mistake if Emmanuel Macron were to do nothing following such a judgement”. Time will tell.