LE VÉLO FAIT SON CHEMIN

mai 8, 2020

En décembre 2018 j’ai écrit un article au sujet du vélotaf (aller au travail à vélo). https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/tag/velotaf/ Avec le coronavirus, c’est le moment ou jamais de sauter le pas. Éviter les trains, les trams ou les bus bondés, dire adieu à la voiture polluante, ne plus jamais se trouver coincés dans des bouchons. Quelque chose à redire?

Pendant le confinement en France il est autorisé de prendre son vélo pour effectuer des déplacements de son domicile à son lieu de travail, au cabinet du médecin ou au supermarché pour faire des courses. Les magasins de vélos sont restés ouverts, jugés essentiels par le gouvernement.

En période normale, les avantages du cyclisme sont déjà nombreux: poursuivre cette activité physique régulière est bon pour la santé, déstressant, améliore le sommeil. C’est aussi mieux pour la communauté car ça permet de respirer mieux. En période de confinement, se déplacer seul limite le risque de contamination.

Dans plusieurs pays, de nouvelles pistes cyclables se sont matérialisées – une répartition plus équitable de l’espace public et un signe de l’adoption croissante de ce mode de transport. Signer des pétitions, aller à des manifs, attendre les politiques, ça ne sert à rien. Mais prendre son vélo c’est adopter une nouvelle philosophie de vie.

Dans le podcast Tilt de Sylvain Zimmermann sur RTL, Jean raconte comment il a abandonné la voiture en faveur du vélo. https://www.rtl.fr/actu/conso/transports-pourquoi-et-comment-remplacer-sa-voiture-par-un-velo-7800416460

THE BICYCLE IS MAKING HEADWAY

In December 2018 I wrote an article about cycle commuting. https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/tag/velotaf/  With the coronavirus, it’s the moment to take the plunge. Avoiding crowded trains, trams our buses, saying goodbye to the polluting motor car, never getting stuck in traffic jams again. What’s not to like?

During the lockdown in France, you’re allowed to cycle from your home to your workplace, to the doctor’s surgery or to the supermarket for shopping. Bike shops have stayed open, deemed essential by the governement.

In normal times, there are already numerous advantages to cycling: doing this regular physical activity is good for your health, relaxing, improves sleep. It’s also better for the community as it improves the air people breathe. Under lockdown, moving around on your own reduces the risk of contamination.

In several countries, new cycle tracks have materialised – a fairer distribution of public space and a sign that more and more people are using this method of transport. Signing petitions, going to demos, waiting for the politicians, there’s no point. But using your bike equals adopting a new life philosophy.

In Sylvain Zimmermann’s podcast “Tilt” on RTL, Jean tells how he has abandoned his car in favour of the bike. https://www.rtl.fr/actu/conso/transports-pourquoi-et-comment-remplacer-sa-voiture-par-un-velo-7800416460

 


LES FLEURS DU MAL

avril 20, 2020

La plupart des villes françaises ont leurs fleuristes, même s’ils doivent rester fermés pendant cette période de confinement. Mais où sont les floriculteurs de France? 85% des fleurs achetées en France viennent de l’étranger, notamment des Pays-Bas et de l’Afrique de l’Est.

Selon l’ADEME, l’agence française de l’environnement, l’empreinte carbone d’une seule fleur coupée importée est de 0.5 à 1.4 kg, l’équivalent de 2 à 5 kilomètres en voiture. Il est difficile de tracer les modes de production du point de vue des conditions de travail et des intrants qui nuisent à la planète. Une étude de Greenpeace pour la Saint Valentin de 2018 a trouvé jusqu’à 25 pesticides dans les bouquets mixtes.

Inspiré du Slow Flower Movement né aux États-Unis au milieu des années 2000, le Collectif de la fleur française soutient depuis 2017 la culture de fleurs locales et de saison. Aussi les fleurs d’antan, comme le phlox ou le pois de senteur, qui méritent de retrouver leur popularité. Leur annuaire Slow Flower est un réseau inestimable de la fleur responsable.

Décrire les fleurs importées comme les fleurs du mal est peut-être exagéré, mais ça montre combien toute décision quotidienne puisse produire un effet plus profond que l’on aurait pu penser. Il faut demander à nos fleuristes de vendre les fleurs du bien!

Avec mes excuses à Charles Baudelaire. Je n’ai pas pu m’empêcher de piquer le titre de son célèbre recueil de poèmes.

THE FLOWERS OF EVIL

Most French towns have their florists, even if they’re having to stay closed during this lockdown period. But where are the French flower growers? 85% of flowers bought in France come from abroad, notably Holland and East Africa.

According to ADEME, the French environment agency, the carbon footprint of a single imported cut flower is between 0.5 and 1.4 kg, the equivalent of driving a car 2-5 kilometres. It’s difficult to trace production methods from the point of view of working conditions and inputs which harm the planet. A Greenpeace study for Valentine’s Day in 2018 found as many as 25 pesticides in mixed bouquets.

Inspired by the Slow Flower Movement which originated in the United States in the middle of the noughties, the French Flower Collective has been supporting local and seasonal flowers since 2017. Also old-fashioned flowers like phlox and sweet peas, which deserve to become popular again. Their Slow Flower directory is an invaluable network of responsible flowers.

Describing imported flowers as “the flowers of evil” is perhaps an exaggeration, but it shows how every daily decision can have a more profound effect than you might have thought. We must ask our florists to sell “good” flowers.

With apologies to Charles Baudelaire. I couldn’t help pinching the title of his famous poetry collection.


UN TERRAIN DE FOOT ÉCORESPONSABLE

avril 13, 2020

Le coronavirus, vous en avez ras-le-bol? Bon, parlons d’autre chose, et de quelque chose de positif en plus.

Moi, j’adore les olives. Je préfère les acheter dénoyautés, c’est moins dangereux pour les dents! La devinette d’aujourd’hui: Quel est le point commun entre des olives et un terrain de foot?

Pour leur terrain artificiel, le stade Bouissou de La Ciotat (Bouches-du-Rhône) a trouvé une alternative locale et naturelle aux billes de caoutchouc synthétique habituelles. Ils ont préféré choisir un remplissage qui ne vient pas de l’autre côté de la planète mais en circuit court, des noyaux d’olives qui viennent du Muy, à une centaine de kilomètres de la ville.

Le gazon artificiel est toujours en plastique, mais au lieu du revêtement en caoutchouc, même jugé carcinogène par certains, les Ciotadens foulent des noyaux d’olives, les déchets de la production de l’huile d’olive. Ça nécessite moins d’entretien et, selon le responsable Romain Gensul, “la couche de noyaux assure la souplesse du revêtement et le bon drainage des eaux de pluie”.

Le matériau pour ce terrain de foot écoresponsable est issu directement des moulins à huile de Provence. Sans traitement, les noyaux sont juste reconcassés et séchés. Le club est donc sûr que la matière qui part peu à peu ne va pas polluer la mer.

La question sur toutes les lèvres: ça sent l’olive? Un peu, paraît-il, au moment des travaux, mais il semble que l’odeur s’en va rapidement. Quel dommage!

AN ECO-FRIENDLY FOOTBALL PITCH

Are you fed up with coronavirus? OK, let’s talk about something else, and something positive to boot.

I love olives. I prefer to buy them pitted, it’s less dangerous pour the teeth.Today’s riddle: What do olives and a football pitch have in common?

For their artificial pitch, the Bouissou stadium in La Ciotat (Bouches-du-Rhône) has found a local, natural alternative to the usual synthetic rubber beads. They preferred to choose a filling which doesn’t come from the other side of the planet but have short circuited to olive stones which come from Le Muy, around a hundred kilometres from the town.

The artificial grass is still plastic, but instead of the rubber surface, which is even deemed to be carcinogenic by some, the Ciotadens are treading on olive stones, a waste product of olive oil production. There’s less maintenance needed and, according to the official in charge Romain Gensul, “the layer of olive stones makes the covering flexible and ensures good rainwater drainage”.

The material for this eco-friendly football pitch comes directly from olive mills in Provence. Untreated, the pits are just crushed and dried. So the club can be sure that the matter which is gradually washed away isn’t going to pollute the sea.

The question on everyone’s lips: can you smell olives? A little, it seems, when the work was in progress, but the smell rapidly dissipates. What a shame!


DES MEUBLES À PARTIR DE LA BIÈRE

mars 30, 2020

Boire une bière et en même temps vous asseoir dessus! Qu’est-ce qu’elle raconte maintenant?

Il s’agit de ce qu’on appelle le mobilier brassé. Tout ce qu’il vous faut, c’est un peu d’imagination. Le designer Franck Grossel en a à la pelle. Il récupère les drêches de brasserie (en moyenne 300 kilos de drêche pour 1.000 litres de bière brassés) et les sèche. La drêche est le moût de malt et des céréales qui reste après le brassage. La fibre qui en résulte devient très résistante et, grâce au sucre, permet d’avoir un liant naturel.

Je fabrique du mobilier durable” dit le recycleur par excellence, “car je ne veux pas régler une problématique en créant d’autres. Or, tant qu’on consommera de la bière, il y aura de la matière !” Deux milliards de litres de bière ont été consommés en France en 2017. 

Selon Europe 1, le mot déchet devient presque un gros mot. Les meubles brassés disent oui à prendre un pot et non au gaspi. Santé!

FURNITURE FROM BEER

Drink a beer and sit on it at the same time! What’s she on about now?

It concerns what’s known as “brewery furniture”. All you need is a little imagination. The designer Franck Grossel has it in spades. He recovers brewery draff (on average 300 kilos of draff per 1,000 litres of beer brewed) and dries it. Draff is the wort of malt and cereals which remains after brewing. The resulting fibre becomes very hard-wearing and, thanks to the sugar, is a natural adhesive.

I make sustainable furniture” says the champion recycler, “because I don’t want to solve one problem by creating others. So now, as long as people keep drinking beer, the material will be available!” Two billion litres of beer were drunk in France in 2017.

According to Europe 1, the word “waste” has become almost a dirty word. Brewery furniture says yes to having a drink and no to waste. Cheers!


LE RETOUR DU CASTOR

mars 16, 2020

Nous vivons des heures sombres, c’est indéniable. Jouer les Cassandre fait fureur et à juste titre. Mais parmi toutes les mauvaises nouvelles se cachent de temps en temps des bonnes. Des traces de la présence des castors ont été découvertes dans le nord de la France où, à toutes fins pratiques, ils avaient disparu. Le grand rongeur arriverait de la Belgique où il a été réintroduit il y a une dizaine d’années. Pour autant, personne n’a vu l’animal lui-même.

Les castors étaient présents partout en France jusqu’au XVIIe siècle. Mais malheureusement les chasseurs étaient présents eux aussi, la fourrure de l’animal étant très prisée. Les castors ont changé leur comportement pour devenir nocturnes et ainsi éviter la menace humaine.

En France, les castors sont une espèce protégée depuis 1968. Au Royaume-Uni, selon le Woodland Trust, on estime la population de castors à 400. Pourtant il n’y a pas de protection juridique et les propriétaires terriens peuvent les abattre sans réglementation.

Parfois les castors font des dégâts sur les arbres en bordure des cours d’eau, mais, en construisant des barrages, ils créent de nouvelles zones humides et contribuent à la biodiversité avec de nouveaux habitats. Dans certaines régions le risque d’inondation est diminué grâce à ces bosseurs, un grand avantage dans cette période de crues.

Vous vous rappellerez peut-être que Jean-Paul Sartre appelait Simone de Beauvoir “Castor” car son nom rappelait l’anglais “beaver”. Il tenait en estime les castors “qui vont en bande et qui ont l’esprit constructeur”. Il nous incombe de les respecter, nous aussi.

THE RETURN OF THE BEAVER

We’re living in dark times, that’s for sure. Spreading doom and gloom is all the rage and justifiably so. But in amongst all the bad news, good news is occasionally hidden. Beaver tracks have been found in the north of France where, to all intents and purposes, they’d become extinct. The large rodent is said to have come from Belgium where it was reintroduced about ten years ago. Even so, no-one’s actually seen the animal itself.

Beavers were around in France until the seventeenth century. But unfortunately, hunters were also around, the animal’s fur being very sought after. Beavers changed their behaviour to become nocturnal and thus avoid the threat from humans.

In France, beavers have been a protected species since 1968. In the UK, according to the Woodland Trust, the population is estimated at 400. However, there is no legal protection and landowners can cull them without regulation.

Sometimes beavers cause damage to trees on the banks of water courses, but, by building dams, they create new wetland areas and contribute to biodiversity with new habitats. In some areas, the flood risk is diminished thanks to these hard workers, a big advantage in this time of rising waters.

You may remember that Jean-Paul Sartre used to call Simone de Beauvoir “Castor” as her name was reminiscent of the English “beaver”. He held beavers in high respect “they’re team players and have a constructive spirit”. It’s incumbent on us too to respect them.