DES MEUBLES À PARTIR DE LA BIÈRE

mars 30, 2020

Boire une bière et en même temps vous asseoir dessus! Qu’est-ce qu’elle raconte maintenant?

Il s’agit de ce qu’on appelle le mobilier brassé. Tout ce qu’il vous faut, c’est un peu d’imagination. Le designer Franck Grossel en a à la pelle. Il récupère les drêches de brasserie (en moyenne 300 kilos de drêche pour 1.000 litres de bière brassés) et les sèche. La drêche est le moût de malt et des céréales qui reste après le brassage. La fibre qui en résulte devient très résistante et, grâce au sucre, permet d’avoir un liant naturel.

Je fabrique du mobilier durable” dit le recycleur par excellence, “car je ne veux pas régler une problématique en créant d’autres. Or, tant qu’on consommera de la bière, il y aura de la matière !” Deux milliards de litres de bière ont été consommés en France en 2017. 

Selon Europe 1, le mot déchet devient presque un gros mot. Les meubles brassés disent oui à prendre un pot et non au gaspi. Santé!

FURNITURE FROM BEER

Drink a beer and sit on it at the same time! What’s she on about now?

It concerns what’s known as “brewery furniture”. All you need is a little imagination. The designer Franck Grossel has it in spades. He recovers brewery draff (on average 300 kilos of draff per 1,000 litres of beer brewed) and dries it. Draff is the wort of malt and cereals which remains after brewing. The resulting fibre becomes very hard-wearing and, thanks to the sugar, is a natural adhesive.

I make sustainable furniture” says the champion recycler, “because I don’t want to solve one problem by creating others. So now, as long as people keep drinking beer, the material will be available!” Two billion litres of beer were drunk in France in 2017.

According to Europe 1, the word “waste” has become almost a dirty word. Brewery furniture says yes to having a drink and no to waste. Cheers!


LE RETOUR DU CASTOR

mars 16, 2020

Nous vivons des heures sombres, c’est indéniable. Jouer les Cassandre fait fureur et à juste titre. Mais parmi toutes les mauvaises nouvelles se cachent de temps en temps des bonnes. Des traces de la présence des castors ont été découvertes dans le nord de la France où, à toutes fins pratiques, ils avaient disparu. Le grand rongeur arriverait de la Belgique où il a été réintroduit il y a une dizaine d’années. Pour autant, personne n’a vu l’animal lui-même.

Les castors étaient présents partout en France jusqu’au XVIIe siècle. Mais malheureusement les chasseurs étaient présents eux aussi, la fourrure de l’animal étant très prisée. Les castors ont changé leur comportement pour devenir nocturnes et ainsi éviter la menace humaine.

En France, les castors sont une espèce protégée depuis 1968. Au Royaume-Uni, selon le Woodland Trust, on estime la population de castors à 400. Pourtant il n’y a pas de protection juridique et les propriétaires terriens peuvent les abattre sans réglementation.

Parfois les castors font des dégâts sur les arbres en bordure des cours d’eau, mais, en construisant des barrages, ils créent de nouvelles zones humides et contribuent à la biodiversité avec de nouveaux habitats. Dans certaines régions le risque d’inondation est diminué grâce à ces bosseurs, un grand avantage dans cette période de crues.

Vous vous rappellerez peut-être que Jean-Paul Sartre appelait Simone de Beauvoir “Castor” car son nom rappelait l’anglais “beaver”. Il tenait en estime les castors “qui vont en bande et qui ont l’esprit constructeur”. Il nous incombe de les respecter, nous aussi.

THE RETURN OF THE BEAVER

We’re living in dark times, that’s for sure. Spreading doom and gloom is all the rage and justifiably so. But in amongst all the bad news, good news is occasionally hidden. Beaver tracks have been found in the north of France where, to all intents and purposes, they’d become extinct. The large rodent is said to have come from Belgium where it was reintroduced about ten years ago. Even so, no-one’s actually seen the animal itself.

Beavers were around in France until the seventeenth century. But unfortunately, hunters were also around, the animal’s fur being very sought after. Beavers changed their behaviour to become nocturnal and thus avoid the threat from humans.

In France, beavers have been a protected species since 1968. In the UK, according to the Woodland Trust, the population is estimated at 400. However, there is no legal protection and landowners can cull them without regulation.

Sometimes beavers cause damage to trees on the banks of water courses, but, by building dams, they create new wetland areas and contribute to biodiversity with new habitats. In some areas, the flood risk is diminished thanks to these hard workers, a big advantage in this time of rising waters.

You may remember that Jean-Paul Sartre used to call Simone de Beauvoir “Castor” as her name was reminiscent of the English “beaver”. He held beavers in high respect “they’re team players and have a constructive spirit”. It’s incumbent on us too to respect them.


SUR LES TOITS DE PARIS

décembre 2, 2019

Non, je ne parle pas du célèbre film de René Clair, pionnier en 1930 du genre de la comédie musicale, qui s’appelait Sous les toits de Paris, ni des bars branchés que l’on trouve perchés tout en haut de divers bâtiments parisiens.

Il s’agit en effet d’Agripolis, le nouveau maraîcher par excellence, qui a pris la devise Mangeons local en Île de France à la lettre.

Dans le XVe arrondissement, au sud-ouest de Paris, en haut d’un centre d’expositions, Agripolis est probablement la plus grande exploitation agricole urbaine de l’Europe. En haute saison, on compte produire plus de 1000 kg de fruits et légumes par jour. Les kilomètres alimentaires seront minimisés.

L’initiateur du projet, Pascal Hardy, vise un système de production de fruits et légumes en circuit fermé 100% durable. Il cultive une cinquantaine de variétés différentes, en utilisant une technique d’agriculture bio innovante: l’aéroponie. Ça se compose de colonnes reliées avec un système hydraulique qui verse de l’eau chargée en nutriments directement sur les racines et n’utilise que 10% de l’eau nécessaire en agriculture traditionnelle.

Les habitants du quartier auront aussi l’occasion de louer des petits lopins de terre pour cultiver leurs légumes eux-mêmes.

ON THE ROOFTOPS OF PARIS

No, I’m not talking about the famous René Clair film, a pioneer in 1930 of the musical comedy genre, which was called ‘Under the rooftops of Paris’, nor of the trendy bars you can find perched on top of various Parisian buildings.

In fact, it’s about Agripolis, the new market gardener par excellence, who’s taken the slogan ‘Eat local in the Île de France’ literally.

In the 15th arrondissement, in the south-west of Paris, on top of an exhibition centre, Agripolis is probably the largest urban farm in Europe. In the high season, they expect to produce more than 1000 kg of fruit and vegetables a day. ‘Food miles’ will be at a minimum.

The originator of the project, Pascal Hardy, is aiming at a closed circuit fruit and veg production system which is 100% sustainable. He’s growing around fifty varieties and different varieties, using an innovative organic agricultural technique: aeroponics. This consists of columns linked by a hydraulic system which delivers nutrient-rich water directly to the roots and only uses 10% of the water necessary in traditional agriculture.

Locals will also have the opportunity to rent plots to grow their own veg.


TOUS EN SELLE!

novembre 18, 2019

Un autre monde est possible? Comment sensibiliser les gens aux solutions écologiques déjà disponibles? Sur qui peut-on compter pour transformer notre société?

Par exemple sur Amory Piquiot. Jeune sportif qui rêve d’une société hyper développée en harmonie avec la nature, il a importé en France une idée des Pays-Bas. À Louviers dans l’Eure, à la place du bus scolaire polluant, des s’coolbus, espèce de vélobus à assistance électrique, ramassent et déposent les enfants.

Portant leurs casques et gilets jaunes fluo obligatoires, les citoyens de demain partent sur le bon pied et pédalent avec entrain. Ils sont contents de retrouver leurs copains et copines sur le vélo collectif, c’est vraiment cool! Et le service gratuit plaît beaucoup aux parents qui gagnent du temps, matin et soir.

Bravo à la collectivité de Louviers, la première en France, d’avoir signé un contrat pour financer ce projet écologique, pédagogique et social qui prône la pratique régulière du sport. On souhaite la meilleure des chances à Amory et ses amis qui espèrent agrandir la flotte des s’coolbus dans d’autres régions.

Pour en savoir plus: https://www.scool-bus.org/  Regarder la vidéo sur leur site ou sur Youtube, ça vaut la peine!   https://www.youtube.com/watch?v=gYVNxOYbe-0

SADDLE UP!

Is another world possible? How do we make people aware of the green solutions which are already available? Who can we look to to transform our society?

To Amory Piquiot, for one. A sporty young man who dreams of a very developed society in harmony with nature, he imported an idea from Holland to France. In Louviers, in the Eure department, instead of a polluting school bus, ‘s’coolbuses’, a type of electric-assisted cycle bus, pick up and drop off children.

Wearing their compulsory helmets and fluorescent yellow vests, tomorrow’s citizens are starting off on the right foot and pedalling with enthusiasm. They enjoy meeting up with their friends on the communal bike, it’s really cool! And parents like the free service which saves them time in the mornings and evenings.

Congratulations to the Louviers authorities, the first in France, for signing a contract to finance this green, educational and social project which encourages regular sporting activity. Good luck to Amory and his friends who hope to expand the ‘s’coolbus’ fleet in other areas.

To find out more: https://www.scool-bus.org/  Watch the video on their site or on Youtube, it’s worth it!    https://www.youtube.com/watch?v=gYVNxOYbe-0


ON M’EMPÊCHE DE PROTÉGER MA POPULATION

novembre 11, 2019

Jusqu’où s’étendent les pouvoirs d’un élu local? Un maire a-t-il le droit d’interdire les pesticides afin de protéger ses villageois de l’exposition aux produits toxiques? Il paraît que non.

Un arrêté municipal récent du maire de Langouët (Ille-et-Vilaine), Daniel Cueff, a été annulé par le tribunal administratif de Rennes. L’arrêté a imposé une distance d’éloignement de 150 mètres entre les zones d’habitation et l’épandage de pesticides.

L’État est en train de proposer de mettre en place une distance de 5-10 mètres. Monsieur Cueff trouve ça insuffisant et inutile. Il a poussé un coup de gueule en brandissant un bidon vide de 5 litres de fongicide. Même sur le bidon du produit, c’était indiqué de ne pas retourner au champ pendant 48 heures après la pulvérisation.

Une centaine de maires dans d’autres régions de la France (dont Paris et Lille) ont suivi son exemple et plusieurs se sont déplacés pour le soutenir au tribunal. Cependant le tribunal a jugé qu’un maire ne détient pas le pouvoir de police sanitaire. Ce pouvoir est réservé à l’État. Le rapporteur public a rappelé la différence entre légalité et légitimité.

La petite commune de 600 personnes accueille 14 agriculteurs. Monsieur Cueff souligne qu’il n’accuse pas les agriculteurs, mais les produits. Emmanuel Macron prétend soutenir dans ses intentions le maire breton, donc on attend la suite. Les conséquences pour les riverains restent à découvrir.

YOU WON’T LET ME PROTECT MY POPULATION

How far do the powers of a local representative extend? Does a mayor have the right to ban pesticides in order to protect his villagers from exposure to toxic products? Apparently not.

A recent municipal bye-law introduced by the mayor of Langouët (Ille-et-Vilaine), Daniel Cueff, was quashed by the Rennes administrative court. The bye-law imposed a distance of 150 metres between residential areas and the application of pesticides. The state is currently proposing the instigation of a 5-10 metre exclusion zone. Mr Cueff thinks this is insufficient and useless. He had a rant whilst brandishing an empty 5 litre container of fungicide. Even on the product’s container, there was a warning not to return to the field for 48 hours after spraying.

Around a hundred mayors in other parts of France (including Paris and Lille) have followed his example and many of them made the journey to support him at the court. However, the court ruled that the mayor doesn’t have the power to police sanitary matters. This power belongs solely to the state. The ‘public rapporteur’ pointed out the difference between legality and legitimacy.

The little ‘commune’ with 600 residents has 14 farmers. Mr Cueff emphasised that he’s not accusing the farmers, but the products. Emmanuel Macron claims to support the Breton mayor’s intentions, so we await developments. The consequences for the locals remain to be seen.