L’AMI DU JARDINIER EN DANGER

juillet 27, 2020

Le hérisson, petit mammifère insectivore, ami du jardinier, est menacé de disparition en France. On estime que pour 100 hérissons il y a 30 ans, il y en a 3 aujourd’hui. Leur espérance de vie est passé de 10 à 2 ans. Il est possible que le hérisson ait disparu en Europe d’ici 2030.

L’activité humaine est la principale cause de leur disparition. La liste est longue: pesticides, écrasement sur les routes, sécheresse, empoisonnement, perte d’habitat, noyade dans les piscines, blessures mortelles par des débroussailleuses. Quelle litanie d’horreurs.

Classée en préoccupation mineure dans la liste rouge de l’union internationale pour la conservation de la nature (UICN), il y a aujourd’hui plus de hérissons en ville qu’à la campagne. Les haies, les tas de broussailles, du sous-bois leur offrent un abri.

La campagne Mission Hérisson a commencé le 16 juillet. On demande aux participants d’installer des tunnels de suivi dans leurs jardins, munis de croquettes pour chat, d’une plaque encrée et de feuilles de papier. Chaque matin durant 5 jours, vous entreprenez d’aller voir si des empreintes ont été laissées et de saisir les données sur le site de la campagne (www.missionherisson.org)

À propos de hérissons, connaissez-vous le formidable livre L’élégance du hérisson de Muriel Barbery? Il ne s’agit pas de vrais hérissons mais de quelqu’un qui les rappelle par sa personnalité piquante. Vous trouverez une courte critique du film Le Hérisson basé sur le livre sur la page Cinoche de mon site web: www.saliannefrenchfocus.com Un livre et un film à ne pas manquer.

À noter: le mot ‘hérisson’ commence avec un H aspiré, c’est-à-dire on ne fait pas la liaison avec le mot précédent. On l’appelle ‘aspiré’, bien qu’il soit muet!

THE GARDENER’S FRIEND IN DANGER

The hedgehog, the small insect-eating mammal, the gardener’s friend, is threatened with extinction in France. It’s estimated that where there were 100 hedgehogs 30 years ago, there are only 3 today. Their life expectancy has gone from 10 to 2 years. It’s possible that there won’t be any hedgehogs left in Europe by 2030.

Human activity is the main cause of their disappearance. It’s a long list: pesticides, being squashed on the roads, drought, poisoning, loss of habitat, drowning in swimming pools, fatal injuries from strimmers. What a litany of horrors.

Classified as a minor concern in the red list of the International Union for the Conservation of Nature (UICN), there are more hedgehogs in towns today that in the countryside. Hedges, brushwood and undergrowth offer them shelter.

The “Hedgehog Mission” campaign began on 16 July. Participants are asked to install tracking tunnels in their gardens, equipped with dry cat food, an inked sheet and sheets of paper. Every morning for 5 days, you undertake to go and see if any footprints have been left and to enter the data on the campaign’s website (www.missionherisson.org)

Talking of hedgehogs, do you know the brilliant book “The elegance of the hedgehog” by Muriel Barbery? It’s not about real hedgehogs but about someone who is reminiscent of them with her prickly personality. You’ll find a short review of the film “The Hedgehog” based on the book on the “Cinoche” page of my website: www.saliannefrenchfocus.com A book and a film not to be missed.

Note that the word ‘hérisson’ begins with an aspirate H, i.e. you don’t make the liaison with the previous word. It’s called aspirate, even though it’s silent!


ÇA SENT BON, LES VACANCES

juillet 20, 2020

L’odeur délicieuse de la crème solaire … c’est le parfum de la nostalgie.

Vous devez votre crème solaire au fondateur du groupe L’Oréal, Eugène Schueller. Il attrapait des coups de soleil en pratiquant de la voile en Bretagne et a demandé à ses labos de créer une crème protectrice.

Ambre Solaire est d’abord vendue sur la Côte d’Azur en 1935 et partout en France depuis 1936, date de l’arrivée des congés payés. La crème solaire Ambre Solaire est devenue un produit culte, sa bouteille canelée indispensable dans votre sac de plage, surtout après la Seconde Guerre mondiale, quand le bronzage est entré dans les moeurs.

L’indice de protection solaire a été introduit en 1962. Le lien entre le cancer de la peau et le vieillissement prématuré de l’épiderme commençait à être reconnu. Vos séances de bronzette n’étaient plus sans souci.

Et aujourd’hui, on a des soucis d’un autre genre: les crèmes solaires nuisent à l’environnement. Même un rapide plouf risque d’avoir un effet. Selon le magazine National Geographic, 14000 tonnes de cosmétiques solaires se répandent dans la mer chaque été, entraînant le blanchissement du corail sur le fond marin et la perturbation des planctons.

Quel avenir pour Ambre Solaire et ses concurrents? On travaille sur des crèmes bio qui ne mettront pas notre écosystème en danger et même des pilules capables de protéger la peau pendant plusieurs semaines.

Il va falloir trouver d’autres odeurs qui rappellent les vacances et nous font connaître ces moments “madeleine” décrits par Proust. Vous avez des suggestions?

THE HOLIDAYS SMELL GOOD

The delicious smell of sun cream … it’s the smell of nostalgia.

You’ve got Eugène Schueller, founder of the L’Oréal group, to thank for your sun cream. He was getting sunburnt whilst sailing in Brittany and asked his labs to create a protective cream.

Ambre Solaire was first sold on the Côte d’Azur in 1935 and in the rest of France in1936, when the first paid holidays came in. Ambre Solaire sun cream became a cult product, its notched bottle a beach bag essential, especially after the Second World War, when getting a suntan became fashionable.

The sun protection factor was introduced in 1962. The link between skin cancer and premature skin ageing was beginning to be recognised. Sunbathing sessions were no longer carefree.

And today, we have worries of a different nature: sun creams are harming the environment. Even a quick dip risks having an effect. According to National Geographic magazine, 14,000 tonnes of sun cosmetics find their way into the sea every summer, causing bleaching of coral on the sea bed and disruption to plankton.

What does the future hold for Ambre Solaire and its competitors? People are working on organic creams which won’t endanger the ecosystem and even pills which can protect the skin for several weeks.

We’ll have to find some other smells which remind us of our holidays and allow us to experience those “madeleine” moments described by Proust. Any suggestions?


LE VÉLO FAIT SON CHEMIN

mai 8, 2020

En décembre 2018 j’ai écrit un article au sujet du vélotaf (aller au travail à vélo). https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/tag/velotaf/ Avec le coronavirus, c’est le moment ou jamais de sauter le pas. Éviter les trains, les trams ou les bus bondés, dire adieu à la voiture polluante, ne plus jamais se trouver coincés dans des bouchons. Quelque chose à redire?

Pendant le confinement en France il est autorisé de prendre son vélo pour effectuer des déplacements de son domicile à son lieu de travail, au cabinet du médecin ou au supermarché pour faire des courses. Les magasins de vélos sont restés ouverts, jugés essentiels par le gouvernement.

En période normale, les avantages du cyclisme sont déjà nombreux: poursuivre cette activité physique régulière est bon pour la santé, déstressant, améliore le sommeil. C’est aussi mieux pour la communauté car ça permet de respirer mieux. En période de confinement, se déplacer seul limite le risque de contamination.

Dans plusieurs pays, de nouvelles pistes cyclables se sont matérialisées – une répartition plus équitable de l’espace public et un signe de l’adoption croissante de ce mode de transport. Signer des pétitions, aller à des manifs, attendre les politiques, ça ne sert à rien. Mais prendre son vélo c’est adopter une nouvelle philosophie de vie.

Dans le podcast Tilt de Sylvain Zimmermann sur RTL, Jean raconte comment il a abandonné la voiture en faveur du vélo. https://www.rtl.fr/actu/conso/transports-pourquoi-et-comment-remplacer-sa-voiture-par-un-velo-7800416460

THE BICYCLE IS MAKING HEADWAY

In December 2018 I wrote an article about cycle commuting. https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/tag/velotaf/  With the coronavirus, it’s the moment to take the plunge. Avoiding crowded trains, trams our buses, saying goodbye to the polluting motor car, never getting stuck in traffic jams again. What’s not to like?

During the lockdown in France, you’re allowed to cycle from your home to your workplace, to the doctor’s surgery or to the supermarket for shopping. Bike shops have stayed open, deemed essential by the governement.

In normal times, there are already numerous advantages to cycling: doing this regular physical activity is good for your health, relaxing, improves sleep. It’s also better for the community as it improves the air people breathe. Under lockdown, moving around on your own reduces the risk of contamination.

In several countries, new cycle tracks have materialised – a fairer distribution of public space and a sign that more and more people are using this method of transport. Signing petitions, going to demos, waiting for the politicians, there’s no point. But using your bike equals adopting a new life philosophy.

In Sylvain Zimmermann’s podcast “Tilt” on RTL, Jean tells how he has abandoned his car in favour of the bike. https://www.rtl.fr/actu/conso/transports-pourquoi-et-comment-remplacer-sa-voiture-par-un-velo-7800416460

 


LES FLEURS DU MAL

avril 20, 2020

La plupart des villes françaises ont leurs fleuristes, même s’ils doivent rester fermés pendant cette période de confinement. Mais où sont les floriculteurs de France? 85% des fleurs achetées en France viennent de l’étranger, notamment des Pays-Bas et de l’Afrique de l’Est.

Selon l’ADEME, l’agence française de l’environnement, l’empreinte carbone d’une seule fleur coupée importée est de 0.5 à 1.4 kg, l’équivalent de 2 à 5 kilomètres en voiture. Il est difficile de tracer les modes de production du point de vue des conditions de travail et des intrants qui nuisent à la planète. Une étude de Greenpeace pour la Saint Valentin de 2018 a trouvé jusqu’à 25 pesticides dans les bouquets mixtes.

Inspiré du Slow Flower Movement né aux États-Unis au milieu des années 2000, le Collectif de la fleur française soutient depuis 2017 la culture de fleurs locales et de saison. Aussi les fleurs d’antan, comme le phlox ou le pois de senteur, qui méritent de retrouver leur popularité. Leur annuaire Slow Flower est un réseau inestimable de la fleur responsable.

Décrire les fleurs importées comme les fleurs du mal est peut-être exagéré, mais ça montre combien toute décision quotidienne puisse produire un effet plus profond que l’on aurait pu penser. Il faut demander à nos fleuristes de vendre les fleurs du bien!

Avec mes excuses à Charles Baudelaire. Je n’ai pas pu m’empêcher de piquer le titre de son célèbre recueil de poèmes.

THE FLOWERS OF EVIL

Most French towns have their florists, even if they’re having to stay closed during this lockdown period. But where are the French flower growers? 85% of flowers bought in France come from abroad, notably Holland and East Africa.

According to ADEME, the French environment agency, the carbon footprint of a single imported cut flower is between 0.5 and 1.4 kg, the equivalent of driving a car 2-5 kilometres. It’s difficult to trace production methods from the point of view of working conditions and inputs which harm the planet. A Greenpeace study for Valentine’s Day in 2018 found as many as 25 pesticides in mixed bouquets.

Inspired by the Slow Flower Movement which originated in the United States in the middle of the noughties, the French Flower Collective has been supporting local and seasonal flowers since 2017. Also old-fashioned flowers like phlox and sweet peas, which deserve to become popular again. Their Slow Flower directory is an invaluable network of responsible flowers.

Describing imported flowers as “the flowers of evil” is perhaps an exaggeration, but it shows how every daily decision can have a more profound effect than you might have thought. We must ask our florists to sell “good” flowers.

With apologies to Charles Baudelaire. I couldn’t help pinching the title of his famous poetry collection.


UN TERRAIN DE FOOT ÉCORESPONSABLE

avril 13, 2020

Le coronavirus, vous en avez ras-le-bol? Bon, parlons d’autre chose, et de quelque chose de positif en plus.

Moi, j’adore les olives. Je préfère les acheter dénoyautés, c’est moins dangereux pour les dents! La devinette d’aujourd’hui: Quel est le point commun entre des olives et un terrain de foot?

Pour leur terrain artificiel, le stade Bouissou de La Ciotat (Bouches-du-Rhône) a trouvé une alternative locale et naturelle aux billes de caoutchouc synthétique habituelles. Ils ont préféré choisir un remplissage qui ne vient pas de l’autre côté de la planète mais en circuit court, des noyaux d’olives qui viennent du Muy, à une centaine de kilomètres de la ville.

Le gazon artificiel est toujours en plastique, mais au lieu du revêtement en caoutchouc, même jugé carcinogène par certains, les Ciotadens foulent des noyaux d’olives, les déchets de la production de l’huile d’olive. Ça nécessite moins d’entretien et, selon le responsable Romain Gensul, “la couche de noyaux assure la souplesse du revêtement et le bon drainage des eaux de pluie”.

Le matériau pour ce terrain de foot écoresponsable est issu directement des moulins à huile de Provence. Sans traitement, les noyaux sont juste reconcassés et séchés. Le club est donc sûr que la matière qui part peu à peu ne va pas polluer la mer.

La question sur toutes les lèvres: ça sent l’olive? Un peu, paraît-il, au moment des travaux, mais il semble que l’odeur s’en va rapidement. Quel dommage!

AN ECO-FRIENDLY FOOTBALL PITCH

Are you fed up with coronavirus? OK, let’s talk about something else, and something positive to boot.

I love olives. I prefer to buy them pitted, it’s less dangerous pour the teeth.Today’s riddle: What do olives and a football pitch have in common?

For their artificial pitch, the Bouissou stadium in La Ciotat (Bouches-du-Rhône) has found a local, natural alternative to the usual synthetic rubber beads. They preferred to choose a filling which doesn’t come from the other side of the planet but have short circuited to olive stones which come from Le Muy, around a hundred kilometres from the town.

The artificial grass is still plastic, but instead of the rubber surface, which is even deemed to be carcinogenic by some, the Ciotadens are treading on olive stones, a waste product of olive oil production. There’s less maintenance needed and, according to the official in charge Romain Gensul, “the layer of olive stones makes the covering flexible and ensures good rainwater drainage”.

The material for this eco-friendly football pitch comes directly from olive mills in Provence. Untreated, the pits are just crushed and dried. So the club can be sure that the matter which is gradually washed away isn’t going to pollute the sea.

The question on everyone’s lips: can you smell olives? A little, it seems, when the work was in progress, but the smell rapidly dissipates. What a shame!