LA CAROTTE ROUGE

avril 20, 2021

Quel est le lien entre une carotte et un tabac? Ça ressemble à une devinette. Si vous êtes observateur et même si vous n’êtes pas fumeur, vous aurez remarqué l’enseigne des tabacs qui représente une carotte rouge. Une obligation légale depuis 1906, la signalétique que l’on trouve sur la façade de tous les tabacs français n’a pas été désignée par hasard. Pour savoir son origine, il faut retourner au XVIe siècle.

À cette époque, le tabac était vendu exclusivement en feuilles que l’on mâchait, prisait ou fumait. D’habitude, ces feuilles étaient vendues en rouleaux ficelés serrés, dont la forme ressemblait à celle d’une carotte. À l’origine cette carotte n’était pas forcément rouge (autrefois les carottes étaient blanches, jaunes ou pourpres) mais de nos jours, elle doit être rouge et lumineuse.

Aujourd’hui l’État nomme les débitants de tabac qui sont obligés de vendre les tabacs aux prix publiés dans le Journal Officiel et de ne pas les vendre aux personnes de moins de 18 ans. Le nombre de débits est en diminution: on compte environ 24 000, contre 45 000 en 1945.

Avec la baisse des ventes de cigarettes, les buralistes ont dû diversifier leurs activités: maintenant on peut souvent y acheter des journaux, du pain, des billets de train, des billets de loto, des timbres-poste et même des tickets de bitcoin. Tout pour le non-fumeur comme pour le fumeur!

Pour faire bonne mesure, voici une vraie devinette: Comment faire cuire 9 carottes sans eau? Tu enlèves une et les carottes sont cuites (que huit)!

THE RED CARROT

What’s the link between a carrot and a tobaconnist? It sounds like a riddle. If you’re observant and even if you’re not a smoker, you’ll have noticed the tobacconist’s sign which depicts a red carrot. A legal obligation since 1906, the signage which you find on the facade of all French tobacconists wasn’t a haphazard thing. To find out its origin, we have to go back to the sixteenth century.

At that time, tobacco was only sold in leaf form which you chewed, used as snuff or smoked. Usually these leaves were sold in tightly bound rolls, whose form ressembled that of a carrot. Originally this carrot wasn’t necessarily red (in the past carrots were white, yellow or purple), but these days it must be red and luminous.

Today the state appoints tobacconists who have to sell tobacco at the prices shown in the Official Journal and must not sell it to people aged under 18. The number of outlets is decreasing: they number around 24,000, compared to 45,000 in 1945.

With the drop in cigarette sales, tobacconists have had to diversify their activities: now you can often buy newspapers, bread, train tickets, lottery tickets, stamps and even bitcoin vouchers. Everything for the non-smoker and smoker alike!

For good measure, here’s a real riddle: How do you cook 9 carrots without water? You remove one and … here’s where the joke is completely lost in translation …’les carottes sont cuites’ (expression which literally translated means the carrots are cooked, but the metaphorical sense is ‘the game’s up’, ‘it’s all over’) sounds like ‘les carottes sont que huit’ (there are only 8 carrots).


LA BAGUETTE: ÉLEMENT INDISPENSABLE DU QUOTIDIEN FRANÇAIS

janvier 12, 2021

C’est un cliché vu et revu: le Français archétype, son béret à la tête et sa baguette sous le bras. Mais le fait est que les Français consommeraient 10 milliards de baguettes par an. La majorité des foyers achète au moins une baguette fraîche chaque jour, soit pour le petit déjeuner, soit pour accompagner un repas, soit pour un sandwich.

Les ingrédients d’une baguette ne sont que quatre: la farine, la levure, l’eau et le sel. Elle fait 5 à 6 centimètres de large, 3 à 4 centimètres de haut et 70 à 80 centimètres de long et elle pèse 250 grammes. On peut aussi acheter une demi-baguette ou ce qu’on appelle une déjeunette.

L’origine de la baguette est souvent un sujet de débat. Certains disent qu’elle date de la Révolution Française où les pauvres réclamaient le droit au même pain que les aristocrates. c’est-à-dire un pain long au lieu d’un pain rond. Au XVIIIe siècle, le pain représentait 90% de l’alimentation des pauvres qui en mangeaient 1,5 kg par jour.

Un autre hypothèse suggère que la baguette a été créée pour l’armée de Napoléon puisqu’elle était plus facile à porter qu’une miche de pain. Tandis que certains prétendent que les Français ont simplement copié le pain viennois, créé à la même époque.

La candidature de la baguette française au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO est actuellement en cours. Quoi qu’il en soit, une bonne baguette encore chaude, bien équilibrée entre la croûte croustillante et la mie blanche, est un délice français par excellence.

THE BAGUETTE: AN ESSENTIAL ELEMENT OF FRENCH DAILY LIFE

It’s a hackneyed cliché: the archetype Frenchman, wearing a beret with a baguette under his arm. But the fact of the matter is that the French apparently consume 10 billion baguettes per year. Most households buy at least one fresh baguette every day, either for breakfast, to go with a meal or for a sandwich.

There are only four ingredients in a baguette: flour, yeast, water and salt. It measures 5-6 centimetres wide by 3-4 centimetres high by 70-80 centimetres long and weighs 250 grammes. You can also buy a half-baguette or what’s known as a ‘déjeunette’ (a little lunch baguette).

The origin of the baguette is often discussed. Some people say that it dates from the French Revolution when poor people demanded the right to the same bread as aristocrats, i.e. a long loaf rather than a round one. In the eighteenth century, bread represented 90% of a poor person’s diet and they ate 1.5 kg per day.

Another theory suggests that the baguette was made for Napoleon’s army since it was easier to carry than a large loaf. Whereas others claim that the French simply copied a Viennese loaf which was created at the same time.

The baguette is currently a candidate for UNESCO’s intangible cultural heritage list. In any event, a nice baguette, still warm, well balanced between the crisp crust and the white crumb, is a quintessential French delight.


LE MOUCHOIR DE MARILYN MONROE

août 17, 2020

Personne ne sait combien de théâtres vont survivre à l’épidémie de Covid-19. Leur avenir est en jeu et peut-être seulement les plus forts ou les plus dynamiques d’entre eux vont revivre de bons moments.

Le créateur d’un théâtre pas comme les autres a décidé de sauver son enfant chéri, la Comédie Italienne. Situé au coeur du XIVe arrondissement, le théâtre à la façade attirante est un petit bout de l’Italie à Paris, où on programme exclusivement des pièces italiennes traduites en français.

Pour rembourser les dettes de ce lieu unique, le créateur, Attilio Maggiuli, a vendu un objet qui appartenait à la vedette de cinéma Marilyn Monroe. Le mouchoir brodé de dentelles a changé de main plusieurs fois depuis sa découverte dans les toilettes de l’hôtel Waldorf Astoria à New York. Maggiuli a dû avoir bien du mal à se séparer de son porte-bonheur, un vrai crève-coeur pour lui, mais une aubaine pour le théâtre. Le petit carré de soie s’est vendu 300.000 euros.

Il y a deux ans, Maggiuli a mis en scène une pièce de Fabio Fabi intitulé Le mouchoir de Marilyn Monroe qui représente la star toujours vivante, nonagénaire, en conversation avec une petite fille et évoquant le fabuleux destin de Marilyn.

Espérons que la Comédie Italienne réussit à surmonter cette crise qui nuit tellement à nos théâtres bien-aimés.

MARILYN MONROE’S HANDKERCHIEF

Nobody knows how many theatres are going to survive the Covid-19 epidemic. Their future is in the balance and maybe only the strongest and most dynamic amongst them will see the good times again.

The creator of an unusual theatre decided to save his brainchild, the Comédie Italienne. Situated in the heart of the 14th arrondissement, the theatre with the eye-catching facade is a little piece of Italy in Paris, where they only put on Italian plays translated into French.

To pay off this unique place’s debts, its creator, Attilio Maggiuli, sold an object which used to belong to the film star, Marilyn Monroe. The handkerchief embroidered with lace has changed hands several times since it was discovered in the toilets of the Waldorf Astoria in New York. Maggiuli must have found it really hard to part with his good luck charm, really heart-breaking for him, but a godsend for the theatre. The little square of silk fetched 300,000 euros.

Two years ago, Maggiuli staged a Fabio Fabi play entitled “Marilyn Monroe’s handkerchief” in which the star is still alive, in her nineties, talking with a young girl and evoking the amazing fate of Marilyn.

Let’s hope that the Comédie Italienne manages to ride out the crisis which is doing such harm to our beloved theatres.


LA FÊTE DE LA MUSIQUE S’ADAPTE ET INNOVE

juin 22, 2020

La fête telle qu’on l’a connue n’a pas pu avoir lieu cette année à cause de la crise sanitaire, c’était une évidence. Les grands rassemblements sont encore interdits et même dans les rues on n’a pas le droit de se rassembler à plus de dix.

Cependant, il fallait continuer à célébrer la musique et pendant tout le week-end plusieurs alternatives ont assuré la continuité de cette fête bien-aimée des Français. Donc, plus de concerts spontanés, mais à leur place, des salles de concert ont pu ouvrir leurs portes à un public réduit, distancié et masqué. Il y avait aussi des concerts dans les hôpitaux et des concerts en plein air, comme celui de l’Institut du monde Arabe, sous la tutelle de son président, l’ancien ministre de la Culture, Jack Lang, fondateur de la fête.

Le point culminant du week-end était Alone Together, un concert virtuel en direct de Jean Michel Jarre, sous le patronage du ministère de la Culture. L’avatar de Jarre a joué dans un lieu de performance imaginaire, conçu pour l’occasion. Le pionnier de la musique électronique a décrit l’événement comme ressemblant le film The Matrix. Une première mondiale dont la fête doit être fière.

Vive la fête de la musique! Bousculée par la pandémie, mais pas déchue!

Lecture complémentaire: https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2013/06/21/la-fete-de-la-musique/

THE FESTIVAL OF MUSIC ADAPTS AND BREAKS NEW GROUND

The festival such as we’ve known it couldn’t take place this year because of the pandemic, that was obvious. Large gatherings are still illegal and even in the streets, numbers are limited to ten.

However, music still had to be celebrated and throughout the weekend several alternatives ensured the continuity of this festival beloved of the French. So, no more spontaneous concerts, but, in their place, concert halls were able to open their doors to a smaller number of people, socially distanced and masked. There were also concerts in hospitals and open air concerts, like the one at the Arab World Institute, under the supervision of its president, former culture minister Jack Lang, the founder of the festival.

The highlight of the weekend was ‘Alone Together’ Jean-Michel Jarre’s live virtual concert, under the auspices of the ministry of culture. Jarre’s avatar played in an imaginary performance space, designed for the occasion. The pioneer of electronic music described the event as being like the film ‘The Matrix’. A world first of which the festival should be proud.

Long live the ‘fête de la musique’! Shaken up by the pandemic, but not defeated!

Further reading: https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2013/06/21/la-fete-de-la-musique/


LE PHÉNOMÈNE DU CANCAN

février 17, 2020

Quand vous entendez le mot cancan, vous pensez peut-être à l’attraction touristique des cabarets et music-halls parisiens comme Le Moulin Rouge, ou Les Folies Bergère. Pour beaucoup de touristes, surtout pendant la première moitié du XXe siècle, c’était un élément incontournable de leur séjour à Paris. Mais le cancan était à l’origine une danse de la rue.

L’ancêtre du cancan était ce qu’on appelait le chahut. Descendante du quadrille, la danse était un galop exécuté en couple dans les bals et cabarets. Le chahut était très mal vu par les autorités et les défenseurs de la morale traditionnelle. Le quadrille, une danse formelle, ne laissait pas de place pour l’improvisation donc les hommes ont décidé de faire cavalier seul et de se permettre quelques minutes d’anarchie. Ensuite les femmes leur ont emboîté le pas et ont participé, elles aussi, à cette débauche. Le cancan est né. Vive la Révolution!

C’était au début du XXe siècle que l’hymne du French Cancan a été utilisé pour la première fois dans un cabaret : le célèbre galop infernal de Jacques Offenbach, tiré de l’opéra bouffe Orphée aux EnfersPourquoi le nom cancan? La danse rappelait le dandinement des canards qui font coincoin!

Le cinéma a souvent rendu hommage au cancan. On se rappelle French Cancan de Jean Renoir (1954) et Moulin Rouge de Baz Luhrmann (2001). Mais c’est grace aux peintures d’Henri de Toulouse Lautrec que les cancaneuses de Montmartre et de Pigalle s’exposent dans les musées du monde entier. La goulue était le surnom d’une des stars du cancan pendant les années 1880, immortalisée dans cette affiche.

THE CANCAN PHENOMENON

When you hear the word ‘cancan’, you probably think of the tourist attraction in Parisian cabarets and

music halls such as the Moulin Rouge or the Folies Bergère. For many tourists, particularly during the first half of the twentieth century, it was an unmissable part of their stay in Paris. But the cancan was originally a street dance.

The cancan’s ancestor was what was called the ‘chahut’ (row, racket, bedlam). A descendant of the quadrille, it was a gallop danced in couples in dance halls and cabarets. The authorities took a pretty dim view of it as did defenders of traditional morals. The quadrille, a formal dance, didn’t allow for any improvisation, so the men decided to go it alone and to allow themselves a few minutes of anarchy. Then the women followed suit and joined in the debauchery. The cancan was born. Long live the Revolution!

It was at the beginning of the twentieth century that the theme tune of the French Cancan was used for the first time in a cabaret: the famous infernal gallop by Jacques Offenbach, taken from the comic opera ‘Orpheus in the Underworld’. Why is it called the cancan? The dance reminded people of ducks waddling and quacking (faire coincoin)!

Cinema has often paid tribute to the cancan. You may remember Jean Renoir’s ‘French Cancan’ (1954) and Baz Luhrmann’s ‘Moulin Rouge’ (2001). But it’s thanks to Henri de Toulouse Lautrec’s paintings that the cancan dancers of Montmartre and Pigalle can be seen in museums the world over. ‘La goulue’ (the glutton) was the nickname of one of the cancan stars of the 1880s, immortalised in this poster.