JOSÉPHINE BAKER PANTHÉONISÉE

septembre 13, 2021

Emmanuel Macron a décidé récemment d’honorer Joséphine Baker en la faisant rentrer au Panthéon parce que, selon l’Élysée, elle est “l’incarnation de l’esprit français”.

Née en misère à St Louis en 1905, la chanteuse et danseuse exotique a fait sensation aux Folies Bergère en 1926 avec sa jupe de bananes artificielles. Elle était la première femme noire à jouer dans un grand film muet, La sirène des Tropiques, sorti en 1927.

L’essayiste Laurent Kupferman a recueilli 38 000 signatures sur sa pétition en faveur de la panthéonisation de la grande humaniste Joséphine Baker. “Ce n’est pas une femme qui se paye de mots” dit-il “C’est une femme d’action, une femme courageuse”. Pendant l’Occupation, Joséphine a profité de sa célébrité comme couverture pour se montrer plus maligne que les nazis. Qui oserait fouiller à corps Joséphine Baker?

Figure non seulement de la Résistance, mais aussi de la lutte antiraciste, elle rejoindra les rares femmes déjà inhumées parmi les “grands hommes” de la République: Simone Veil, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillion, Marie Curie et Sophie Berthelot.

Au coeur du Quartier Latin, le Panthéon, monument de style néoclassique, était à l’origine une église, mais depuis la Révolution française, elle abrite les dépouilles de personnages illustres ayant marqué l’histoire de la France. La cérémonie aura lieu le 30 novembre et fera de Joséphine la première femme noire à faire son entrée dans la nécropole laïque.

JOSÉPHINE BAKER HONOURED IN THE PANTHÉON

Emmanuel Macron recently decided to honour Joséphine Baker with a place in the Panthéon because, according to the Élysée, she is “French spirit” incarnate.

Born in poverty in St Louis in 1905, the exotic singer and dancer caused a stir at the Folies Bergère in 1926 with her skirt made of artificial bananas. She was the first black woman to have a role in a major silent film, Siren of the Tropics, which came out in 1927.

The essayist Laurent Kupferman collected 38,000 signatures on his petition in favour of installing the great humanist Joséphine Baker in the Panthéon. “She’s not a woman who’s all talk” he says “She’s a woman of action, a brave woman.During the Occupation, Joséphine used her fame as cover to outwit the nazis. Who would dare strip-search Joséphine Baker?

A figure not only of the Resistance, but also of the anti-racist struggle, she will join the few women already buried among the “great men” of the Republic: Simone Veil, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillion, Marie Curie et Sophie Berthelot.

In the heart of the Latin Quarter, the Panthéon, a neo-classical monument, was originally a church, but since the French Revolution, it has housed the remains of illustrious individuals who have stood out in French history. The ceremony will take place on 30 November and will make Joséphine the first black woman to gain entry to the secular necropolis.


AU BONHEUR DES BOÎTES

août 16, 2021

Yvette Dardenne se décrit comme buxidaferrophile. Difficile à prononcer, non? Cette dame belge de 80 ans collectionne les boîtes en fer-blanc illustrées.

C’est une boîte Côte d’Or des années cinquante qu’elle a reçue de sa tante en 1987 qui l’a enthousiasmé pour ces boîtes en fer-blanc lithographiées. Elle a tout de suite racheté une collection de 166 boîtes d’un ancien collectionneur. Depuis lors, la collection n’a cessé de croître: au cours des années, elle a rassemblé chez elle dans son Moulin du Grand-Hallet plus de 60 000 boîtes.

Madame Dardenne a dû passer pas mal de temps et d’argent à faire les brocantes, à chiner, à fouiner un peu partout. Ce sont de véritables oeuvres d’art ces boîtes qui protégeaient les denrées alimentaires comme le thé, le chocolat, les gâteaux secs, les épices etc. et aussi les médicaments. Le résultat est stupéfiant: que de couleurs, que de mode, que de souvenirs sont représentés sur ces boîtes, un microcosme de la culture du 19e et 20e siècles. On peut même apprendre beaucoup d’histoire par le biais de ces boîtes.

C’est la plus grande collection du monde en son genre et est inscrite au Guinness Book des Records depuis 1992 (quand il n’y avait que 16 542 pièces). Le musée privé est accessible sur demande.

THE DELIGHT OF BOXES

Yvette Dardenne describes herself as a ‘buxidaferrophile’. A mouthful, isn’t it? This 80 year old Belgian woman collects illustrated tin boxes.

It was a Côte d’Or (chocolate) box from the fifties which she got from her aunt in 1987 which filled her with enthusiasm for these lithographed tin boxes. Straightaway she bought a collection of 166 boxes from a former collector. Ever since, the collection has grown continuously: over the years, she’s assembled more than 60,000 boxes at her home the Moulin du Grand-Hallet.

Mrs Dardenne must have spent a lot of time and money going round second-hand markets, hunting for boxes, rummaging all over the place. They’re real works of art these boxes which were used to pack food products such as tea, chocolate, biscuits, spices etc. and also medicines The result is astounding: so many colours, fashions and memories are represented on these boxes, a microcosm of nineteenth and twentieth century culture. You can even learn a lot of history by means of these boxes.

It’s the biggest collection of its type in the world and has been listed in the Guinness Book of Records since 1992 (when there were only 16,542 items). The private museum can be visited by arrangement.


COCO CHANEL, ICÔNE DE STYLE

mai 24, 2021

L’histoire de la vie de Gabrielle Chanel se lit comme un conte de fées: une mère qui meurt jeune, un père indifférent, une enfance à l’orphelinat, des débuts modestes, une histoire d’amour qui finit mal, une fulgurante ascension vers la célébrité, un succès foudroyant, la mise en doute de sa moralité pendant la Seconde Guerre mondiale …

On l’a surnommé Coco quand elle était encore jeune fille qui chantait dans un cabaret “Qui qu’a vu Coco dans le Trocadéro?” Peu de temps après, le nom de Chanel était connu partout dans le monde. Elle a révolutionné la mode féminine avec ses créations à contre-courant de la mode de l’époque. Elle a raccourci les robes, libéré les tailles, jeté les corsets, porté un pyjama. En s’inspirant des styles masculins, tout est devenu plus simple, plus profilé. Même ses cheveux coupés à la garçonne.

Et ses parfums! Chanel No. 5 était le parfum incontournable du XXe siècle, symbolisant la femme moderne. À la question “Que portez-vous au lit?”, Marilyn Monroe a donné la réponse célèbre: “Seules quelques gouttes du No. 5”.

Il y a beaucoup de phrases culte associées à Coco Chanel, dont peut-être la plus révélatrice serait: “La mode se démode, le style jamais”. Depuis cent ans, le mot Chanel est synonyme de style.

COCO CHANEL, STYLE ICON

Gabrielle Chanel’s life story reads like a fairy tale: a mother who died young, an uncaring father, a childhood in an orphanage, humble beginnings, a love story which ended badly, a meteoric rise to fame, staggering success, her morality called into question during the second world war …

She was nicknamed Coco when she was still a young girl singing in a cabaret “Who’s seen Coco at the Trocadéro?”. Not long afterwards, the Chanel name was known all round the world. She revolutionised female fashion with her creations which were completely counter to fashion at the time. She shortened dresses, loosened waists, threw away corsets, wore pyjamas. Getting her inspiration from male styles, everything became simpler, more streamlined. Even her boyish haircut.

And her perfumes! Chanel No. 5 was the go-to perfume of the twentieth century, epitomising the modern woman. When asked “What do you wear in bed?”, Marilyn Monroe famously replied:”Just a few drops of No. 5”.

There are a lot of cult quotes associated with Coco Chanel, of which perhaps the most telling is “Fashions go out of fashion, but style never does”. For a hundred years, the word Chanel has been synonymous with style.


LA CAROTTE ROUGE

avril 20, 2021

Quel est le lien entre une carotte et un tabac? Ça ressemble à une devinette. Si vous êtes observateur et même si vous n’êtes pas fumeur, vous aurez remarqué l’enseigne des tabacs qui représente une carotte rouge. Une obligation légale depuis 1906, la signalétique que l’on trouve sur la façade de tous les tabacs français n’a pas été désignée par hasard. Pour savoir son origine, il faut retourner au XVIe siècle.

À cette époque, le tabac était vendu exclusivement en feuilles que l’on mâchait, prisait ou fumait. D’habitude, ces feuilles étaient vendues en rouleaux ficelés serrés, dont la forme ressemblait à celle d’une carotte. À l’origine cette carotte n’était pas forcément rouge (autrefois les carottes étaient blanches, jaunes ou pourpres) mais de nos jours, elle doit être rouge et lumineuse.

Aujourd’hui l’État nomme les débitants de tabac qui sont obligés de vendre les tabacs aux prix publiés dans le Journal Officiel et de ne pas les vendre aux personnes de moins de 18 ans. Le nombre de débits est en diminution: on compte environ 24 000, contre 45 000 en 1945.

Avec la baisse des ventes de cigarettes, les buralistes ont dû diversifier leurs activités: maintenant on peut souvent y acheter des journaux, du pain, des billets de train, des billets de loto, des timbres-poste et même des tickets de bitcoin. Tout pour le non-fumeur comme pour le fumeur!

Pour faire bonne mesure, voici une vraie devinette: Comment faire cuire 9 carottes sans eau? Tu enlèves une et les carottes sont cuites (que huit)!

THE RED CARROT

What’s the link between a carrot and a tobaconnist? It sounds like a riddle. If you’re observant and even if you’re not a smoker, you’ll have noticed the tobacconist’s sign which depicts a red carrot. A legal obligation since 1906, the signage which you find on the facade of all French tobacconists wasn’t a haphazard thing. To find out its origin, we have to go back to the sixteenth century.

At that time, tobacco was only sold in leaf form which you chewed, used as snuff or smoked. Usually these leaves were sold in tightly bound rolls, whose form ressembled that of a carrot. Originally this carrot wasn’t necessarily red (in the past carrots were white, yellow or purple), but these days it must be red and luminous.

Today the state appoints tobacconists who have to sell tobacco at the prices shown in the Official Journal and must not sell it to people aged under 18. The number of outlets is decreasing: they number around 24,000, compared to 45,000 in 1945.

With the drop in cigarette sales, tobacconists have had to diversify their activities: now you can often buy newspapers, bread, train tickets, lottery tickets, stamps and even bitcoin vouchers. Everything for the non-smoker and smoker alike!

For good measure, here’s a real riddle: How do you cook 9 carrots without water? You remove one and … here’s where the joke is completely lost in translation …’les carottes sont cuites’ (expression which literally translated means the carrots are cooked, but the metaphorical sense is ‘the game’s up’, ‘it’s all over’) sounds like ‘les carottes sont que huit’ (there are only 8 carrots).


LA BAGUETTE: ÉLEMENT INDISPENSABLE DU QUOTIDIEN FRANÇAIS

janvier 12, 2021

C’est un cliché vu et revu: le Français archétype, son béret à la tête et sa baguette sous le bras. Mais le fait est que les Français consommeraient 10 milliards de baguettes par an. La majorité des foyers achète au moins une baguette fraîche chaque jour, soit pour le petit déjeuner, soit pour accompagner un repas, soit pour un sandwich.

Les ingrédients d’une baguette ne sont que quatre: la farine, la levure, l’eau et le sel. Elle fait 5 à 6 centimètres de large, 3 à 4 centimètres de haut et 70 à 80 centimètres de long et elle pèse 250 grammes. On peut aussi acheter une demi-baguette ou ce qu’on appelle une déjeunette.

L’origine de la baguette est souvent un sujet de débat. Certains disent qu’elle date de la Révolution Française où les pauvres réclamaient le droit au même pain que les aristocrates. c’est-à-dire un pain long au lieu d’un pain rond. Au XVIIIe siècle, le pain représentait 90% de l’alimentation des pauvres qui en mangeaient 1,5 kg par jour.

Un autre hypothèse suggère que la baguette a été créée pour l’armée de Napoléon puisqu’elle était plus facile à porter qu’une miche de pain. Tandis que certains prétendent que les Français ont simplement copié le pain viennois, créé à la même époque.

La candidature de la baguette française au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO est actuellement en cours. Quoi qu’il en soit, une bonne baguette encore chaude, bien équilibrée entre la croûte croustillante et la mie blanche, est un délice français par excellence.

THE BAGUETTE: AN ESSENTIAL ELEMENT OF FRENCH DAILY LIFE

It’s a hackneyed cliché: the archetype Frenchman, wearing a beret with a baguette under his arm. But the fact of the matter is that the French apparently consume 10 billion baguettes per year. Most households buy at least one fresh baguette every day, either for breakfast, to go with a meal or for a sandwich.

There are only four ingredients in a baguette: flour, yeast, water and salt. It measures 5-6 centimetres wide by 3-4 centimetres high by 70-80 centimetres long and weighs 250 grammes. You can also buy a half-baguette or what’s known as a ‘déjeunette’ (a little lunch baguette).

The origin of the baguette is often discussed. Some people say that it dates from the French Revolution when poor people demanded the right to the same bread as aristocrats, i.e. a long loaf rather than a round one. In the eighteenth century, bread represented 90% of a poor person’s diet and they ate 1.5 kg per day.

Another theory suggests that the baguette was made for Napoleon’s army since it was easier to carry than a large loaf. Whereas others claim that the French simply copied a Viennese loaf which was created at the same time.

The baguette is currently a candidate for UNESCO’s intangible cultural heritage list. In any event, a nice baguette, still warm, well balanced between the crisp crust and the white crumb, is a quintessential French delight.