CÉSAR

février 27, 2017

À quoi ou à qui pensez-vous quand vous entendez le mot ‘César’? Pour les Anglais, c’est probablement à Jules César, général, homme politique, écrivain romain, mort en mars 44 avant J.-C. On se souvient des célèbres ides de mars ou peut-être de la pièce éponyme de Shakespeare.

Mais pour les Français, le mot ‘César’ a bien d’autres connotations, essentiellement dans le monde du cinéma. Le César est une récompense cinématographique créée en 1976 et remise chaque année dans la discipline du 7e art.

À l’instar des Oscar américains, les catégories comprennent, entre autres, meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur et actrice (dans un second rôle aussi). Les César ont quand même leurs critiques. On leur reproche souvent d’élitisme car ils rejettent la plupart des succès du box-office. Vendredi dernier le palmarès a compris: Isabelle Huppert pour son rôle dans le film Elle de Paul Verhoeven et Ken Loach pour le meilleur film étranger Moi, Daniel Blake.

On pense aussi aux compressions de César, les sculptures de César Baldaccini, sculpteur français mort en 1998. Dans les années soixante, il a créé le scandale avec ses sculptures de voitures compressées, un défi à la société de consommation. C’est lui qui a créé le trophée en bronze de la cérémonie des César du cinéma.

César c’est aussi une marque très connue d’alimentation en barquettes pour petits chiens et, bien sûr, un nom populaire pour un chien.

Lecture complémentaire: mon article de blog Le 7e Art dans l’archive en date du 25 juin 2013.

CAESAR

What or who do you think of when you hear the word ‘Caesar’? For English people, it’s probably Julius Caesar, the Roman general, politician and writer who died in march 44 BC. People remember the famous ides of March or perhaps the eponymous Shakespeare play .

But for French people, the word ‘César’ has several other connotations, principally in the world of the cinema. ‘César’ is a film award created in 1976 and given every year in the discipline of ‘the seventh art’.

Like the American Oscars, the categories include, amongst others, best film, best director, best actor and actress (and also supporting actor and actress) and best foreign film. The Cesars aren’t without their critics. They are often accused of elitism as most box office successes are ignored. Last Friday, the list of prize winners included Isabelle Huppert for her role in Paul Verhoeven’s film ‘Elle’ (She) and Ken Loach for the best foreign film ‘I, Daniel Blake’.

People also think of ‘César’s compressions’, the sculptures of César Baldaccini who died in 1998. During the sixties, he caused scandal with his sculptures of compressed cars which challenged the consumer society. It was he who created the bronze trophy for the César cinema ceremony.

César is also a very well-known brand of dog food in tubs and, of course, a popular name for a dog.

Further reading: my blog post ‘Le 7e Art’ in the archive dated 25 June 2013.


LES TONTONS FLINGUEURS

janvier 16, 2017

Avez-vous déjà entendu parler des tontons flingueurs, sans savoir exactement de quoi il s’agit?

C’est le titre d’un film décalé qui a connu un immense succès populaire et qui est devenu un vrai film culte.

Cette comédie franco-germano-italienne, réalisée par Georges Lautner, est sortie en 1963, adaptation du roman d’Albert Simonin Grisbi or not Grisbi. Elle est pleine d’’expressions argotiques, de bribes de dialogue et de noms de personnages (comme la pute Lulu La Nantaise) qui sont rentrés dans la culture populaire.

Parmi les plus connus:

Ne touche pas au grisbi, salope”, “Faut reconnaître, c’est du brutal”, “Les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît”.

La petite vie tranquille de Fernand bascule quand il est appelé au lit de mort de Louis, son ami d’enfance dit le Mexicain, de retour à Paris et qui lui confie la gestion de ses affaires et l’éducation de sa fille. Ce qui suit est un pastiche des films de gangster américains.

La version anglaise de ce film de patrimoine français s’appelait Crooks in Clover. Un flingueur est quelqu’un qui utilise des armes à feu, un tueur, un malfaiteur. Tonton c’est bien sûr oncle en langage enfantin. Le verbe flinguer veut dire tuer, détruire ou métaphoriquement démolir la réputation de quelqu’un, d’où son emploi fréquent par les journalistes. Le Nouvel Obs a décrit Alain Juppé, qui était candidat à la nomination de la droite pour les présidentielles, “le tonton flingueur de la droite”.

http://tempsreel.nouvelobs.com/edito/20161011.OBS9674/il-dynamite-il-disperse-il-ventile-juppe-le-tonton-flingueur-de-la-droite.html#xtor=EPR-1-[ObsActu8h]-20161012

THE KILLER UNCLES

Have you ever heard of “les tontons flingueurs”, without knowing exactly what it’s all about?

It’s the title of a quirky film which was a big box office hit and became a real cult film.

This Franco-German-Italian comedy, directed by Georges Lautner, came out in 1963, an adaptation of Albert Simonin’s novel “Grisbi or not Grisbi” (Loot or not Loot). It’s full of slang expressions, snatches of dialogue and characters’ names (such as the prostitute Lulu La Nantaise) which have come into popular culture.

Amongst the most well known:

Don’t touch the loot, bitch”, “You’ve got to admit, it’s brutal” “Bloody idiots try anything, that’s how you recognise them”.

Fernand’s quiet little life is rocked when he’s called to the deathbed of Louis, his childhood friend known as “the Mexican”, who’s returned to Paris and entrusts him with managing his affairs and educating his daughter. What follows is a pastiche of American gangster films.

The English version of this French classic was called “Crooks in Clover”. “Un flingueur” is someone who uses firearms, a killer, a wrongdoer. “Tonton” is of course “uncle” in childish language. The verb “flinguer” means to kill, destroy or, metaphorically, to demolish someone’s reputation, hence its frequent use by journalists. In the Nouvel Observateur magazine, Alain Juppé, who was a candidate for the right’s nomination in the presidential elections, is described as “the tonton flingueur of the right”.


EXPOSITION 007

août 1, 2016

Si vous projetez de visiter Paris cet été et vous êtes passionné d’agents secrets et surtout de James Bond, ne ratez pas l’exposition actuelle à la Grande Halle de La Villette à Paris. L’expo a été créé en 2012 par le Centre Barbican de Londres à l’occasion des 50 ans de 007. L’entrée pour un adulte vous coûtera 19,90 euros (quelle arnaque quand même!)

L’ancien abattoir devenu centre culturel accueillit la rétrospective qui présente plus de 500 objets originaux, costumes, voitures et gadgets du célèbre espion. Le bikini d’Ursula Andress (Dr No 1962) côtoie les dents métalliques de Requin (L’espion qui m’aimait 1977).

Comme vous le savez sans doute, le personnage de James Bond figure depuis 1953 dans les romans d’Ian Fleming. Le premier film est sorti en 1962 avec Sean Connery dans le rôle-titre. On dit que personne parmi ses successeurs – George Lazenby, Roger Moore, Timothy Dalton, Pierce Brosnan et Daniel Craig – n’a jamais réussi à capter l’imagination des amateurs du cinéma de la même manière.

Reconnaissez-vous ces films de leurs titres français? Dangereusement vôtre, Opération Tonnerre, Permis de tuer, Le monde ne suffit pas, Vivre et laisser mourir, Jamais plus jamais. Le titre français de Dr No était James Bond 007 contre Dr No. Peut-être les lecteurs et lectrices de ce blog auront des suggestions plus inspirantes ou amusantes?

 

007 EXHIBITION

If you’re planning to visit Paris this summer and you’re keen on secret agents and particularly James Bond, don’t miss the current exhibition at the Grande Halle de la Villette in Paris. The exhibition was originally curated in 2012 by the Barbican Centre in London to celebrate 50 years of 007. Admission for an adult will cost you 19.90 euros (really, what a rip-off!)

The former slaughterhouse turned cultural centre is playing host to the retrospective exhibition which presents over 500 original objects, costumes, cars and gadgets belonging to the famous spy. Ursula Andress’ bikini (Dr No 1962) can be seen alongside the metal teeth of ‘Jaws’ (The spy who loved me 1977).

As you doubtless know, the James Bond character first appeared in 1953 in Ian Fleming’s novels. The first film came out in 1962 with Sean Connery in the title role. It’s said that none of his successors – George Lazenby, Roger Moore, Timothy Dalton, Pierce Brosnan et Daniel Craig – has ever succeeded in capturing the imagination of filmgoers in quite the same way.

Do you recognise these films from their French titles? Dangereusement vôtre, Opération Tonnerre, Permis de tuer, Le monde ne suffit pas, Vivre et laisser mourir, Jamais plus jamais. The French title of ‘Dr No’ was ‘James Bond 007 contre Dr No. Perhaps readers of this blog will have some more inspiring or amusing suggestions?


JOURNAL DE FRANCE

juin 13, 2016

Le photographe acclamé Raymond Depardon, Lauréat du Prix Pulitzer en 1977, qui est aussi photojournaliste et réalisateur, a fait le tour de la France avec sa compagne Claudine Nougaret, afin de capturer des images de rues, de bâtiments, de paysages et d’une culture qui sont en train de disparaître.

Contrairement à ce qu’on aurait pu attendre, ce film ne se contente pas de la France. Ces images d’un maître en train d’exercer son métier sont entrecoupées d’extraits des documentaires tournés par Depardon pendant un demi-siècle, une sorte de rétrospective de son œuvre parfois émouvante, parfois intrigante. Du Biafra à Prague, des malades mentaux aux paparazzi, des petits délinquants aux otages, de Nelson Mandela à Valéry Giscard d’Estaing: quelle panoplie d’évènements et de personnages du 20e siècle.

C’est un film très personnel qui vous accorde des aperçus uniques. La bande sonore est aussi très variée, virante de Mahler à Patti Smith en passant par la légende du rock français Alain Bashung.

Si vous avez l’occasion d’aller voir ce film, ça vaut vraiment la peine. Pour voir la bande-annonce: https://www.youtube.com/watch?v=DzXZXE4b9CE

Encore des critiques de film (en texte bilingue) sont disponibles gratuitement sur la page Au Cinoche de mon site web : www.saliannefrenchfocus.com avec des liens aux bandes-annonces.

JOURNAL DE FRANCE

The acclaimed photographer Raymond Depardon, a Pulitzer prizewinner in 1977, who is also a photo-journalist and director, went round France with his partner Claudine Nougaret, in order to capture images of streets, buildings, landscapes and a culture which are disappearing.

Contrary to what you might have expected, this film is not limited to France. These images of a master at work are interspersed with clips from documentaries Depardon filmed over a half-century, a sort of retrospective of his work, sometimes moving, sometimes intriguing. From Biafra to Prague, from mental patients to paparazzi, from petty criminals to hostages, from Nelson Mandela to Valéry Giscard d’Estaing: what an array of events and personalities from the 20th century.

It’s a very personal film which allows you unique insights. The soundtrack is also very varied, swinging from Mahler to Patti Smith by way of French rock legend Alain Bashung.

If you get the chance to see this film, it’s really worth it. To see the trailer: https://www.youtube.com/watch?v=DzXZXE4b9CE

More film reviews (bilingual text) are available for free on the ‘At the Flicks’ page of my website : www.saliannefrenchfocus.com with links to trailers.


LES VACANCES DE MONSIEUR HULOT

août 18, 2015

C’est les vacances! Dans les journaux, c’est la saison des serpents de mer et chez les cinéphiles c’est peut-être le moment de se complaire dans la nostalgie. Ceux qui connaissent déjà le film de Jacques Tati peuvent se régaler d’une reprise de ce classique en suivant le lien:

https://www.youtube.com/watch?v=NiWehPomo_s

Si vous avez un sens du ridicule et de l’absurde et vous ne l’avez jamais vu, faites vous plaisir, vous n’en serez pas déçu. Vous n’allez pas pouvoir vous empêcher de rire tout haut.

Il s’agit d’un des personnages les plus attachants du cinéma français. Le film en noir et blanc a été tourné en 1953 mais semble chevaucher l’ère du cinéma muet et celui du parlant. Le mime doué Jacques Tati a créé un inadapté indépendant, quelqu’un qui jure avec le monde moderne. On compatit avec lui, en se demandant ce qu’il penserait de la deuxième décennie du vingt-et-unième siècle, si la technologie des années cinquante le tracasse.

On dit que Tati s’est inspiré de son voisin architecte, le grand-père de l’écologiste médiatisé Nicolas Hulot. À son tour, il me semble que le personnage britannique de Mister Bean doit beaucoup à Monsieur Hulot.

Tati a tourné encore quatre films de Monsieur Hulot: Mon oncle (1958), Playtime (1967), Domicile Conjugal (1970) et Trafic (1971).

Amusez-vous bien! Faites-moi savoir ce que vous en pensez.

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MR HULOT’S HOLIDAY

It’s holiday time! In the newspapers it’s the silly season and for film-lovers perhaps it’s the moment to wallow in some nostalgia. Those of you who already know Jacques Tati’s film can enjoy another showing of this classic by following the link:

https://www.youtube.com/watch?v=NiWehPomo_s

If you have a sense of the ridiculous and the absurd and you’ve never seen it, give yourself a treat, you won’t be disappointed. You won’t be able to stop yourself from laughing out loud.

It’s about one of French cinema’s most appealing characters. The black and white film was shot in 1953 but seems to straddle the silent movie era and the talkies. The talented mime Jacques Tati created an independent misfit, someone who’s at odds with the modern world. You sympathise with him, whilst wondering what he’d think of the second decade of the twenty-first century, if the technology of the nineteen-fifties bothers him.

Tati is supposed to have based the character on his architect neighbour, the grandfather of the environmentalist Nicolas Hulot who’s always in the news. In turn, I think that the British character Mr Bean owes a lot to Monsieur Hulot.

Tati made four further films about Monsieur Hulot: Mon oncle (My uncle)(1958), Playtime (1967), Domicile Conjugal (Marital Home) (1970) andT rafic (1971).

Enjoy the film! Let me know what you think of it.