DÉRÈGLEMENT CLIMATIQUE: QUAND IL FAUT PARTIR

septembre 27, 2021

Quand on entend parler des réfugiés climatiques, il y a tendance à penser aux gens qui habitent des pays lointains, surtout dans le tiers monde. Ces personnes anonymes doivent quitter leurs maisons, leurs terres, parfois leurs régions, à cause de la dégradation de leur environnement liée au changement climatique. Que ce soit la hausse du niveau de la mer, la dégradation des sols ou des catastrophes comme les inondations, les sécheresses, les incendies, les ouragans, les glissements de terrain etc. Malheureusement, ce n’est pas de la science-fiction, ce ne sont pas des risques pour un futur lointain, c’est le monde d’aujourd’hui.

Mais saviez-vous que les premiers déplacés climatiques émergent en France? Une émission récente dans la série Interception sur France Inter raconte les histoires de Français déjà victimes de catastrophes, comme par exemple des inondations à Dijon “On se croirait dans un blockbuster Américain” dit un monsieur. Le littoral français devient de plus en plus fragile: 1,5 million de Français sont menacés par la submersion marine.

Quelquefois, il ne s’agit pas d’événements dramatiques, mais simplement de la chaleur insupportable en été. On a interviewé un certain Yves Martin, âgé de 78 ans, qui a dû quitter le Lot-et-Garonne pour s’installer en Bretagne. Il s’identifie comme “un vieil écolo”. Il a pris sa retraite dans le sud-ouest et a fait construire une maison écolo, mais le réchauffement climatique l’a “rattrapé”, parce qu’il souffrait tant des grosses chaleurs. Donc, ses problèmes de santé l’ont poussé à quitter la maison de ses rêves pour s’installer plus au nord dans un endroit où il juge le climat plus raisonnable. “Je suis très inquiet pour les petits enfants” dit-il “C’est un gâchis”.

C’est quand même choquant de se rendre compte que la moitié sud de la France est en train de devenir inhabitable.

CLIMATE CHANGE: WHEN IT’S TIME TO LEAVE

When you hear about climate refugees, there’s a tendancy to think of people who live in faraway countries, especially in the third world. These anonymous pople have to leave their houses, land, sometimes their area, because of the deterioration of their environment due to climate change. Whether its a rise in sea level, soil degradation or disasters like floods, droughts, fires, hurricanes, landslides etc. Unfortunately, this isn’t science fiction, these aren’t risks for a distant future, it’s today’s world.

But did you know that the first climate refugees are emerging in France? A recent programme in the “Interception” series on France Inter tells the stories of French people already victims of disasters like, for example, floods in Dijon. “It felt like we were in an American blockbuster” says one man. The French coast is getting more and fragile: 1.5 million French people are under threat of marine submersion.

Sometimes, it’s not a case of dramatic events, but simply the unbearable summer heat. They interviewed a certain Yves Martin, aged 78, who had to leave the Lot-et-Garonne to move to Brittany. He sees himself as an “old eco warrior”. He retired to the south-west and built an eco-house, but global heating has “caught up with” him because he was suffering so much from the extreme heat. So his health problems drove him to leave his dream house to move further north to a place where he thinks the climate is more manageable. “I’m very worried for the grandchildren” he says “It’s a mess”.

It really is shocking to realise that the southern half of France is in the process of becoming uninhabitable.


JOSÉPHINE BAKER PANTHÉONISÉE

septembre 13, 2021

Emmanuel Macron a décidé récemment d’honorer Joséphine Baker en la faisant rentrer au Panthéon parce que, selon l’Élysée, elle est “l’incarnation de l’esprit français”.

Née en misère à St Louis en 1905, la chanteuse et danseuse exotique a fait sensation aux Folies Bergère en 1926 avec sa jupe de bananes artificielles. Elle était la première femme noire à jouer dans un grand film muet, La sirène des Tropiques, sorti en 1927.

L’essayiste Laurent Kupferman a recueilli 38 000 signatures sur sa pétition en faveur de la panthéonisation de la grande humaniste Joséphine Baker. “Ce n’est pas une femme qui se paye de mots” dit-il “C’est une femme d’action, une femme courageuse”. Pendant l’Occupation, Joséphine a profité de sa célébrité comme couverture pour se montrer plus maligne que les nazis. Qui oserait fouiller à corps Joséphine Baker?

Figure non seulement de la Résistance, mais aussi de la lutte antiraciste, elle rejoindra les rares femmes déjà inhumées parmi les “grands hommes” de la République: Simone Veil, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillion, Marie Curie et Sophie Berthelot.

Au coeur du Quartier Latin, le Panthéon, monument de style néoclassique, était à l’origine une église, mais depuis la Révolution française, elle abrite les dépouilles de personnages illustres ayant marqué l’histoire de la France. La cérémonie aura lieu le 30 novembre et fera de Joséphine la première femme noire à faire son entrée dans la nécropole laïque.

JOSÉPHINE BAKER HONOURED IN THE PANTHÉON

Emmanuel Macron recently decided to honour Joséphine Baker with a place in the Panthéon because, according to the Élysée, she is “French spirit” incarnate.

Born in poverty in St Louis in 1905, the exotic singer and dancer caused a stir at the Folies Bergère in 1926 with her skirt made of artificial bananas. She was the first black woman to have a role in a major silent film, Siren of the Tropics, which came out in 1927.

The essayist Laurent Kupferman collected 38,000 signatures on his petition in favour of installing the great humanist Joséphine Baker in the Panthéon. “She’s not a woman who’s all talk” he says “She’s a woman of action, a brave woman.During the Occupation, Joséphine used her fame as cover to outwit the nazis. Who would dare strip-search Joséphine Baker?

A figure not only of the Resistance, but also of the anti-racist struggle, she will join the few women already buried among the “great men” of the Republic: Simone Veil, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillion, Marie Curie et Sophie Berthelot.

In the heart of the Latin Quarter, the Panthéon, a neo-classical monument, was originally a church, but since the French Revolution, it has housed the remains of illustrious individuals who have stood out in French history. The ceremony will take place on 30 November and will make Joséphine the first black woman to gain entry to the secular necropolis.


LE JEAN SOUS TOUTES SES COUTURES

septembre 6, 2021

Chaque seconde, 73 jeans sont vendus quelque part dans le monde. Incroyable, non? Une expo au musée Cité des sciences et de l’industrie à Paris jusqu’au 22 janvier 2022, lève le voile sur ce vêtement universel, inusable et indémodable et examine le jean sous toutes ses coutures.

Un film choc qui fait partie de l’expo apporte un éclairage inquiétant sur la production et la consommation de jeans. La surconsommation d’eau et de pesticides dans la culture du coton, les conditions de travail des ouvriers et la surproduction sont sous la loupe. Entre la filature, la teinture, le tissage, la confection et le délavage, un jean conventionnel peut parcourir jusqu’à 65 000 km lors de sa fabrication, car chaque étape a lieu dans un pays différent.

2013, entrée en scène du projet 1083, une entreprise de la Drôme qui vise à relocaliser tous ces processus pour que le jean n’effectue plus que 1083 km au total. La crédibilité en matière d’écologie de la société s’étend au coton 100% bio avec une irrigation raisonnée et le délavage au laser, mons polluant. Ils aspirent à fabriquer des jeans en coton recyclé pour assurer une économie circulaire. Ils travaillent aussi avec linpossible, un collectif d’acteurs engagés en faveur du développement en France d’une filière du lin et chanvre textile 100% locale.

La prochaine fois que vous faites les magasins à la recherche d’un nouveau jean, demandez aux vendeurs s’ils vendent des jeans éco-résponsables. Vous serez peut-être agréablement surpris. Entretemps, si vous êtes à Paris, ne manquez pas cette expo incontournable qui informe, cultive et amuse.

Pour ceux qui s’intéressent à ce sujet, vous pouvez regarder une belle web-série en 6 épisodes du musée cité-sciences en partenariat avec Paris Match. https://www.parismatch.com/Culture/Art/Jeans-La-saga-la-nouvelle-web-serie-sur-parismatch-com-1715754 N’oubliez pas que, contrairement à l’anglais, le jean est singulier en français. Il en va de même pour le pantalon, le pyjama, le short et le slip.

JEANS FROM EVERY ANGLE

Every second, 73 pairs of jeans are sold somewhere in the world. Incredible, isn’t it? An exhibition at the Cité des sciences et de l’industrie museum in Paris until 22 January 2022 unveils this universal, hard-wearing, classic garment and examines jeans from every angle.

A shocking film which is part of the exhibition throws a worrying light on the production and consumption of jeans. Excessive water and pesticide consumption in the cultivation of coton, workers’ working conditions and overproduction come under the miscroscope. Between spinning, dying, weaving, sewing and fading, a conventional pair of jeans can travel up to 65,000 km during its manufacture, as each stage takes place in a different country.

2013 and project 1083 makes its entrance, a company in the Drôme which aims to relocate all these processes so that the jeans travel no further than a total of 1083 km. The green credentials pf the company extend to 100% organic cotton grown with sensible irrigation and fading by laser, which is less polluting. They aspire to manufacture jeans from recycled cotton to provide a circular economy. They are also working with linpossible, a cooperative of players committed to the development of a 100% local flax and hemp textile industry in France.

Next time you’re going round the shops looking for a new pair of jeans, ask the salespeople if they’re selling eco-friendly jeans. You may be pleasantly surprised. Meanwhile, if you’re in Paris, don’t miss this major exhibition which is informative, cultural and fun.

For anyone interested in this subject, you can watch a lovely web series in 6 episodes from the musée cité-siences in partnership with Paris March. https://www.parismatch.com/Culture/Art/Jeans-La-saga-la-nouvelle-web-serie-sur-parismatch-com-1715754 Don’t forget that, unlike in English, jeans are singular in French. The same goes for trousers, pyjamas, shorts and knickers.


LA RENTRÉE SCOLAIRE

août 30, 2021

C’est la rentrée, cette période inéluctable de l’année, difficile à éviter même si on n’a plus l’âge d’aller à l’école ou de devenir étudiant.e. Les Français en font tout un plat, souvent pour des raisons commerciales, car les grandes surfaces se mettent en quatre pour vous convaincre de dépenser vos ARS chez eux.

ARS est l’acronyme de l’allocation de rentrée scolaire versée chaque fin août aux familles qui ont des enfants scolarisés. Le montant est non négligeable: 370,31 € par enfant âgé de 6 à 10 ans, 390,74 € par enfant âgé de 11 à 14 ans et 404,28 € par enfant âgé de 15 à 18 ans. Le matériel scolaire et les vêtements neufs sont les achats les plus fréquents.

Qu’est-ce qui est différent en 2021 (à part la Covid)? Voici deux choses qui ont retenu mon attention. Cette année, pour la première fois, pour obtenir une licence, les étudiants vont devoir passer une certification d’anglais. Être nul en anglais est souvent une source de problèmes au travail. L’anglais est aussi utile pour postuler dans les masters, notamment à l’étranger, ou pour mettre en valeur un CV.

À l’école primaire, beaucoup d’enseignants s’enthousiasment pour enseigner l’intelligence artificielle à leurs élèves. Parce que l’IA est présente dans de nombreux aspects de la vie quotidienne (et le sera de plus en plus), il est important, même pour les plus petits, de comprendre comment ça fonctionne.

Si vous emmenez vos enfants à l’école en voiture à Paris, n’oubliez pas de partir en temps et en heure, car la ville passe à 30 km/h presque partout dès aujourd’hui.

Avis à tous mes lecteurs et lectrices:

Toutes les ressources sur mon site web sont désormais disponibles gratuitement. Jetez un coup d’oeil: www.saliannefrenchfocus.com

BACK TO SCHOOL

It’s back to school time, that inescapable period of the year, difficult to avoid even if you’re no longer of school or university age. The French make a big deal out of it, often for commercial reasons, as the hypermarkets bend over backwards to persuade you to spend your ARS with them.

ARS is the acronym for ‘allocation de rentrée scolaire’ (back to school benefit), paid every year to families who have children in education. The amount is not inconsiderable: 370.31 € per child aged 6 to 10, 390.74 € per child aged 11 to 14 and 40,28 € per child aged 15 to 18. School equipment and new clothes are the most common buys.

What’s different in 2021 (apart from Covid)? Here are a couple of things that caught my eye. This year, for the first time, in order to get a degree, students will have to take an English test. Being hopeless at English is often a source of problems at work. English is also useful for applying to do a masters degree or to beef up your CV.

At junior school, many teachers are keen to teach artificial intelligence to their pupils. Because AI is now part of numerous aspects of daily life (and will be more and more), it’s important, even for the youngest pupils, to understand how this works.

If you do the school run by car in Paris, don’t forget to leave in good time, as a 30 km/hour speed limit is in force from today.

Notice to all my readers:

All the resources on my website are available free of charge from today. Take a look:

www.saliannefrenchfocus.com


LE BANC CLIMATIQUE

août 23, 2021

C’est le mois d’août et encore une fois le retour des serpents de mer. On nous apprend que la résilience des villes face aux enjeux climatiques a reçu un coup de pouce avec l’arrivée place Jeanne d’Arc dans le 13e arrondissement de Paris du prototype d’un ‘banc climatique’.

S’asseoir sur un banc rafraîchissant quand la température extérieure excède les 25 degrés serait une aubaine pour des citadins stressés par les canicules. Mais comment ça fonctionne?

Un ventilateur puise l’aire à dix mètres sous terre et l’insuffle dans le banc en pierre, qui est creux. L’air sort par tous les orifices, donnant la sensation d’un coussin frais. C’est pareil au système géothermique du puits provençal.

Mais on se demande quel est l’impact environnemental de la construction d’un tel banc? S’éclabousser d’eau à une fontaine Wallace et se désaltérer en même temps serait beaucoup plus écolo.

Un autre inconvénient, c’est le prix, situé actuellement à 19 000 euros. Ça coûterait la peau des fesses aux communes déjà sous la pression budgétaire. Ça douille, n’est-ce pas? Le rapport qualité-prix n’est évidemment pas au centre des préoccupations des dessinateurs. Les gens qui savent exploiter notre situation désespérée en ce qui concerne le réchauffement de la planète font leurs choux gras.

THE CLIMATE BENCH

It’s August and once again it’s the silly season. It’s reported that the resilience of towns in the face of climate issues has received a boost with the arrival in place Jeanne d’Arc in the thirteenth arrondissement of Paris of a ‘climate bench’ prototype.

To sit down on a refreshing bench when the outside temperature is more than 25 degrees is supposedly a boon for city dwellers stressed by heatwaves. But how does it work?

A fan draws air from ten metres underground and blows it around inside the stone bench, which is hollow. The air comes out of all the openings, giving the sensation of a cool cushion. It’s the same as the geothermal system of a Provencal well.

But you wonder what the environmental impact is of the construction of such a bench? Splashing yourself with water at a Wallace fountain and quenching your thirst at the same time would be much greener.

Another disadvantage is the price, currently set at 19,000 euros. This would cost local authorities, already under budgetary pressures, an arm and a leg. Pricey, isn’t it? Value for money is obviously not in the forefront of the designers’ minds. People who know how to exploit our desperate situation as regards climate change are having a field day.