DES MILLIERS DE FEUX

avril 13, 2021

La vague d’air polaire qui est descendue brutalement sur la France la semaine dernière a frappé durement des agriculteurs et viticulteurs dans 10 des 13 régions de la France métropole. On parle d’une crise historique, pire encore que celle de 1991, pour les gens qui dépendent des vignes et des arbres fruitiers pour leur subsistance.

Le gouvernement va activer le régime de “calamité naturelle” pour apporter des aides financières aux agriculteurs et viticulteurs victimes de cette chute du thermomètre en dessous de zéro. L’ampleur des dégâts n’a pas encore été évaluée, mais certains pensent avoir tout perdu et vont probablement mettre la clé sous la porte.

Contrairement à une chaleur exceptionnelle les semaines précédentes, les températures sont descendues à moins 5 ou moins 6 degrés. L’histoire se répète, mais encore pire cette fois. Comme j’ai écrit il y a quelques années (https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2017/05/01/des-bougies-dans-les-vignobles/) les vignerons se sont mis en quatre pour sauver leurs vignes en allumant d’énormes bougies, des braseros et des bottes de foin. Ils ont même eu recours à des hélicoptères pour survoler les champs et ainsi plaquer de la chaleur au sol. Tout ça peut-être en oubliant la pollution qu’ils créent et leur contribution au réchauffement climatique.

Les pruniculteurs du Lot et Garonne ont été particulièrement touchés. C’est déchirant, mais malheureusement les onctueux pruneaux d’Agen risquent d’être une denrée rare cette année.

Pour voir des images spectaculaires de milliers de feux allumés dans les vignobles pour réchauffer les vignes: https://www.youtube.com/watch?v=sMKr6dKaErI

THOUSANDS OF FIRES

The wave of polar air which swept brutally down to France last week has hit farmers and wine growers hard in 10 out of the 13 French regions in mainland France. There’s talk of an historic crisis, even worse than the one in 1991, for people who depend on vines and fruit trees for their livelihoods.

The government will activate the “natural calamity” system to give financial support to farmers and wine growers who are victims of this plunge of the thermometer below zero. The extent of the damage hasn’t yet been evaluated, but some people think they’ve lost everything and will probably go to the wall.

In contrast to the exceptional warmth in the preceding weeks, temperatures fell to minus 5 or minus 6 degrees. History’s repeating itself, but even worse this time. As I wrote a few years back (https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2017/05/01/des-bougies-dans-les-vignobles/) wine growers have bent over backwards to save their vines by lighting enormous candles, braziers or bundles of hay. They’ve even resorted to getting helicopters to fly over the fields and thus keep the heat at ground level. All this perhaps forgetting the pollution they’re creating and their contribution to global heating.

Plum growers in the Lot and Garonne have been particularly affected. It’s heartbreaking but unfortunately the succulent Agen prunes risk being like golddust this year.

To see some spectactular images of the thousands of fires lit in vineyards to heat the vines:


AU DELÀ DU TEMPS

avril 6, 2021

Passer 40 jours sous terre dans l’obscurité totale, ça vous dit? Ce n’est pas ce que j’appelle m’amuser, mais c’est ce qui se passe actuellement dans la grotte de Lombrives à Ussat en Ariège dans les contreforts des Pyrénées, pas loin de la frontière espagnole.

Cette expédition scientifique, une première mondiale, est pilotée, par l’explorateur-chercheur franco-suisse Christian Clot, directeur de l’Institut d’adaptation humaine. L’objectif est de mieux comprendre l’adaptation de l’homme à un environnement confiné. Comment gérer la désorientation quand on se trouve dans une situation complètement nouvelle? Comment notre cerveau gère-t-il le temps quand il n’a pas d’indicateur. Est-ce qu’un groupe d’êtres humains arrive à se synchroniser et à fonctionner ensemble dans ces conditions bizarres?

Le groupe de 15 personnes (7 femmes et 8 hommes) se compose de scientifiques, psychologues, médecins, une infirmière, une bijoutière et une professeur de maths.

Vous en avez ras-le-bol des confinements continus? D’accord, mais pensez quelques instants à ces pionniers dont le confinement est volontaire. L’idée est née avant la pandémie, mais semble avoir encore plus de pertinence aujourd’hui. Le jour J où ils sont plongés dans la terre, c’était le 14 mars, donc on attend avec impatience leur réapparition le 22 avril.

DEEP TIME

Spending 40 days underground in total darkness, does that appeal to you? It’s not what I call fun, but it’s what’s happening at the moment in the Lombrives cave at Ussat in Ariège in the foothills of the Pyrenees, not far from the Spanish border.

This scientific expedition, a world first, is led by the Franco-Swiss explorer-researcher Christian Clot, director of the Human Adaptation Institute. The aim is to improve our understanding of how mankind adapts to a confined environment. How do we manage our disorientation when we are in a completely new situation? How do our brains manage time when there are no indicators? Can a group of humans manage to synchronise themselves and function together in these strange conditions?

The group of 15 people (7 women and 8 men) consists of scientists, psychologists, doctors, a nurse, a jeweller and a maths teacher.

Are you fed up with continuous lockdowns? OK, but spare a thought for these pioneers whose confinement is voluntary. The idea came about before the pandemic, but seems to have even more relevance today. D-day, when they plunged into the earth, was 14 March, so we look forward to their reappearance on 22 April.


UNE PÉRIODE DIFFICILE POUR LES BOUQUINISTES DE PARIS

mars 23, 2021

Selon Jérôme Callais, bouquiniste près du Pont Neuf depuis 30 ans, interviewé récemment par le Guardian, son métier est moins un boulot, plutôt une philosophie de vie. Ces libraires de livres anciens et d’occasion travaillent pour des prunes, mais l’air frais, la liberté, les relations avec les clients réguliers, les contacts avec de parfaits inconnus compensent le maigre revenu.

Les bouquinistes, qui colportent leurs marchandises sur les quais de la Seine depuis le XVIe siècle, comptent à peu près 85 femmes et 125 hommes. La plupart ont plus de 50 ans, 40% plus de 65 ans. Chaque franchise, qui comprend quatre boîtes vertes de 2 mètres, est attribuée par la Mairie de Paris avec une licence de 5 ans. Il n’y a pas de loyer, mais les bouquinistes doivent ouvrir au moins quatre jours par semaine et exercer la profession de libraire. Les babioles et les souvenirs destinés aux touristes étrangers qui ne cherchent pas de bouquins français sont permis dans une de vos quatre boîtes.

Les bouquinistes ont dû confronter beaucoup de problèmes ces dernières années: la concurrence d’Amazon et des liseuses électroniques, les manifs des gilets jaunes et les grèves de transport et maintenant les interdictions de voyager, les confinements et les couvre-feux. On espère que la pandémie ne s’avéra pas le coup de grâce.

Après des journées à zéro vente, un des bouquinistes, David Nosek, a créé un site vitrine sur Internet pour présenter à la vente livres, documents et objets de collection: https://bouquinistesdeparis.com/ Il faut faire contre mauvaise fortune bon coeur.

Entretemps, faute de touristes et d’étudiants, les librairies Gibert Jeune emblématiques du Quartier Latin viennent de mettre la clé sous la porte. C’est la fin d’une époque pour ce haut lieu de jeunesse intellectuelle.

A DIFFICULT TIME FOR PARIS’ SECOND-HAND BOOKSELLERS

According to Jérôme Callais, second-hand bookseller near the Pont Neuf for 30 years, recently interviewed by The Guardian, his profession is less of a job, more a philosophy of life. These sellers of antiquarian and second-hand books work for peanuts, but the fresh air, freedom, relationships with regular customers and contacts with complete strangers make up for the low income.

The booksellers, who have been hawking their wares on the embankment of the Seine since the sixteenth century, number around 85 women and 125 men. Most are over 50, 40% are over 65. Each franchise, which comprises 4 green 2 metre boxes, is assigned by the city of Paris with a 5-year licence. No rent is payable, but the booksellers undertake to open at least four days a week and to trade as booksellers. Trinkets and souvenirs suitable for foreign tourists who aren’t looking for French books can be sold from one of your four boxes.

The booksellers have had to face many problems in recent years: competition from Amazon and e-readers, ‘yellow vest‘ demos and transport strikes and now the travel restrictions, lockdowns and curfews. They’re hoping that the pandemic won’t turn out to be the final straw.

After days without any sales at all, one of the booksellers, David Nosek, set up an Internet shop window to display books, documents and collectibles online: https://bouquinistesdeparis.com/ You have to make the best of a bad job.

Meanwhile, due to a lack of tourists and students, the Gibert Jeune bookshops, landmarks of the Latin Quarter, have just pulled down the shutters for good. It’s the end of an era for this Mecca for intellectual youth.


LES CIGOGNES DE SARRALBE

mars 16, 2021

Sarralbe, une petite commune de Moselle dans le nord de la France, accueille de nouvelles vedettes de téléréalité. La mairie abrite des occupants qui ne connaissent rien de la bureaucratie. Une caméra montée sur le toit vous montre en temps réel la vie d’une paire de cigognes blanches qui y ont installé leur nid.

Si vous êtes fou des oiseaux, pour une fois vous n’avez pas besoin de cachette. La webcam est braquée sur le nid 24 heures sur 24. Montez le son et vous entendrez le craquètement de leurs becs énormes, leur seul moyen de communication audible. Cependant, tout petit, un cigogneau peut produire un miaulement.

Les nids des cigognes sont des oeuvres d’art, bien construits de branchages et durent souvent plusieurs années. Les oiseaux ne font pas beaucoup de ménage mais ajoutent des couches supplémentaires au besoin.

Ces oiseaux échassiers sont carnivores: leur alimentation se compose de grenouilles, poissons, insectes, reptiles, vers, petits oiseaux et mammifères. Elles trouvent la plupart de leur nourriture au sol, parmi la végétation basse et dans l’eau peu profonde.

Tout un cortège de légendes est associé à la cigogne, y compris celle des bébés qu’ils apportent. Vous serez contents d’apprendre que la cigogne blanche est considérée comme une espèce de préoccupation mineure par l’Union internationale pour la conservation de la nature. Ne manquez pas cette occasion incontournable d’observer en gros plan ces créatures merveilleuses, dont l’envergure est entre 155 et 215 cm. On attend avec impatience la ponte des oeufs, leur éclosion et l’arrivée des cigogneaux dans le monde.

Pour regarder la webcam: https://www.sarralbe.fr/Webcam.html

THE STORKS OF SARRALBE

Sarralbe, a small community in Moselle in northern France, is hosting some new reality TV stars. The town hall is home to some occupants who know nothing about bureaucracy. A camera installed on the roof shows you in real time the life of a pair of white storks who’ve built their nest there.

If you’re a twitcher, for once you won’t need a hide. The webcam is trained on the nest 24 hours a day. Turn the sound up and you’ll hear the clacking of their enormous beaks, their only way of communicating audibly. And yet, when they’re very small, a stork chick can produce a little miaowing sound.

Storks’ nests are works of art made of twigs and branches and often last for several years. The birds don’t do much housework but add extra layers when necessary.

These waders are carnivores: their diet consists of frogs, fish, insects, reptiles, worms, small birds and mammals. They find most of their food on the ground amongst low growing vegetation and in shallow water.

There’s a string of legends associated with stalks, including the one about them bringing babies. You’ll be pleased to hear that the white stork is a species which is only of minor preoccupation to the International Union for nature conservation. Don’t miss this major chance to observe in closeup these marvellous creatures, whose wingspan is between 155 and 215 cm. We’re looking forward to the laying of the eggs, their hatching and the arrival of the baby storks in the world.

To watch the webcam: https://www.sarralbe.fr/Webcam.html


CHIENS RENIFLEURS À LA RESCOUSSE

février 23, 2021

Vous avez sans doute souvent entendu parler des chiens de détection, ces canidés qui sont spécialement dressés pour signaler la présence d’explosifs, de stupéfiants, de restes humains et bien d’autres choses.

On dit que l’odorat des chiens est un million de fois plus développé que celui des êtres humains. Les chiens de berger et les chiens de chasse comme le labrador sont les races les plus communément utilisées pour ce genre de travail.

Mais ces chiens ont maintenant une nouvelle corde à leur arc: le dépistage de la Covid 19. À l’École nationale vétérinaire de Maison Alfort, on planche sur cette idée depuis mars dernier.

On place plusieurs échantillons prélevés sous l’aisselle dans des cônes, le chien renifle chaque cône et quand il détecte l’odeur du virus, il s’agite devant son dresseur, pour le signaler. “C’est un jeu pour l’animal”, explique le professeur Dominique Grandjean. On espère démontrer scientifiquement la capacité de ces chiens à détecter le virus d’ici deux à trois semaines.

Plusieurs pays, comme la Finlande, le Chili et les Émirats Arabes Unis, emploient déjà cette méthode, notamment dans leurs aéroports. On estime l’efficacité à 95% et le coût minime par rapport aux tests PCR.

SNIFFER DOGS TO THE RESCUE

You’ve doubtless heard of sniffer dogs, those canines who are specially trained to find explosives, drugs, human remains and many other things.

It’s said that dogs’ sense of smell is a million times more developed than that of human beings. Sheepdogs and hunting dogs such as the labrador are the breeds most commonly used for this type of work.

But these dogs now have another string to their bow: detecting Covid 19. They’ve been working on this idea at the national veterinary school at Maison Alfort since last March.

You put several samples taken from people’s armpits into cones, the dog sniffs each cone and when it detects the odour of the virus, it jumps about in front of its trainer to let him know. “It’s a game for the animal” explains professor Dominique Grandjean. They hope to scientifically prove these dogs’ capacity to detect the virus within the next two to three weeks.

Several countries, including Finland, Chile and the United Arab Emirates, are already using this method, particularly at their airports. It’s deemed to be 95% effective with a minimal cost compared to PCR tests.