LE MUGUET INDUSTRIEL

avril 27, 2021

Je suis consciente depuis longtemps de la tradition française d’offrir un brin de muguet à ses proches le premier mai. La tradition remonte au XVIe siècle à la cour de Charles IX qui en offrait à ses dames. J’aime beaucoup le parfum du muguet qui pousse dans mon jardin et fleurit comme sur des roulettes au début de mai. Mais je dois reconnaître que j’étais tout à fait ignorante de l’industrialisation du muguet.

Depuis longtemps, les particuliers sont permis de vendre le muguet dans la rue le 1er mai seulement, sans licence et sans taxe, à condition que ce soit sans racines, sans emballage et sans conteneur. Autrefois ces personnes cueillaient le muguet dans les bois et forêts et dans leurs propres jardins afin de gagner un peu d’argent.

Mais maintenant les fleuristes et les producteurs sont entrés en jeu. Il y a du fric à gagner. Seulement en Loire-Atlantique, on constate 2 500 postes d’emplois saisonniers pour cueillir, trier et conditionner le muguet à partir de la mi-avril. Une trentaine de maraîchers de la région nantaise produisent plus de 80% du muguet français. La région est bien adaptée à la culture de cette plante qui aime le doux et l’humidité mais craint le soleil, bien qu’on la cultive aussi sous châssis et sous serres.

J’ai lu que pour acheter trois brins de muguet chez le fleuriste, il faut compter 8 euros et pour un muguet en pot 39 euros. Je comprends que les fleuristes ont été durement touchés par la crise sanitaire, mais suis-je seule à trouver ça de l’arnaque?

INDUSTRIAL LILY OF THE VALLEY

I’ve long been aware of the French tradition of giving a sprig of lily of the valley to your loved ones on the 1st of May. The tradition dates back to the sixteenth century to the court of Charles IX who used to present it to his ladies. I love the smell of the lily of the valley which grows in my garden and flowers like clockwork at the beginning of May. But I must admit that I was totally unaware of the industrialisation of lily of the valley.

For a long time, individuals have been allowed to sell lily of the valley in the street just on the 1st of May, without a licence or having to pay any tax, on condition that it’s without roots, packaging or container. In the past, these people picked the lily of the valley in woods and forests and their own gardens in order to earn a bit of money.

But now florists and producers have come into play. There’s money to be made. In the Loire-Atlantique alone, we see 2,500 seasonal jobs for picking, sorting and packing lily of the valley from mid-April onwards. Around thirty growers in the Nantes area produce 80% of French lily of the valley. The area is well suited to growing this plant which likes mild, damp conditions but is easily damaged by sunshine, even though it is also grown in cold frames or under glass.

I’ve been reading that to buy three sprigs of lily of the valley in a florists, it’ll cost you 8 euros and for a plant in a pot 39 euros. I understand that florists have been badly hit by the coronavirus crisis, but am I alone in finding this a rip-off?