ON FAIT LE PONT

octobre 29, 2018

Pour ceux qui aiment les week-ends prolongés – et, admettons-le, ils sont rares les gens qui ne tiennent pas à ces courtes périodes de repos, de sorties et de loisirs – le mois de novembre 2018 commence bien. La fête de la Toussaint, une fête catholique instituée au VIIIe siècle et célébrée le 1er novembre, tombe un jeudi.

Cela signifie que les employés peuvent profiter de cette tradition française de ne pas rentrer au travail entre le jour férié et le week-end. Les Français adorent faire le pont depuis pas mal de temps. Déjà sous le second Empire (1852-1870) cette expression avait son sens actuel. Comme on passe d’une rive à l’autre sur un pont, on passe soit d’un jeudi à un samedi, soit d’un dimanche à un mardi.

Le mot week-end (avec un trait d’union en français) est évidemment une importation de l’autre côté de la Manche, mais qui est d’usage courant en français et s’avère même acceptable en contexte formel. À noter que les Québécois emploient le vocable ‘fin de semaine’ (à ne pas confondre avec ‘la fin de la semaine’ qui désigne la fin de la semaine ouvrable).

Faire le pont évoque certains ponts français notables comme le viaduc de Millau dans l’Aveyron ou le pont des Arts à Paris qui sont à voir absolument, même si c’est seulement sur Internet. Voir des articles dans l’archive:

https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2014/11/11/le-pont-de-millau-cest-du-beton/

https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2015/02/13/le-pont-des-arts/

MAKING THE BRIDGE’

For people who like taking long weekends – and, let’s face it, there’s not many people who aren’t keen on these short periods of rest, outings and leisure – the month of November 2018 gets off to a good start. All Saints Day, a catholic festival which dates back to the eighth century and is celebrated on 1 November, falls on a Thursday.

This means that employees can avail themselves of this French tradition of not going back to work between the bank holiday and the weekend. The French have been enjoying ‘making the bridge’ for quite a long time. The expression already had its current sense during the Second Empire (1852-1870). Like crossing from one river bank to the other on a bridge, you cross from a Thursday to a Saturday or from a Sunday to a Tuesday.

The word ‘week-end’ (with a hyphen in French) has obviously been imported from the other side of the Channel, but it’s in common usage and even turns out to be acceptable in a formal context. Note that people in Québec use the term ‘fin de semaine’ (end of week) (not to be confused with ‘la fin de la semaine’ (the end of the week) which means the end of the working week).

Faire le pont’ evokes certain notable French bridges, such as the Millau viaduct in Aveyron or the pont des Arts in Paris which are must-sees, even if it’s only on the Internet. See articles in the archive:

https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2014/11/11/le-pont-de-millau-cest-du-beton/

https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2015/02/13/le-pont-des-arts/

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LAUTREC L’AUTR’AIL

octobre 22, 2018

Originaire de l’Asie centrale, l’ail est cultivé et consommé depuis des millénaires. Les amateurs de l’ail parmi vous qui connaissent le Tarn connaîtront certainement le village de Lautrec et son savoureux ail rose légendaire. Pour en savoir plus: https://www.ailrosedelautrec.com/ail-rose-lautrec-label-rouge-indicatio-geogra_2.php

J’adore l’ail, pas vous? On dit que c’est un goût acquis, surtout chez les Britanniques. Mais de nos jours, l’ail est devenu très populaire dans toutes sortes de cuisines.

J’aime aller au marché pour l’acheter. Je cherche toujours les têtes bien renflées, assez lourdes dans la main. Je les presse délicatement entre mes doigts pour juger la fermeté des gousses. Je suis tatillonne et je sélectionne soigneusement.

Pour l’éplucher, je mets les gousses dans un bocal et je secoue vigoureusement. Comme ça, la peau se détache facilement.

Pour moi, l’ail cru est un peu trop fort. Je ne l’aime pas trop, mais l’ail cuit, c’est autre chose. Souvent je coupe l’ail en lamelles pour ajouter à un ragoût, une marinade ou une sauce. J’aime aussi faire rôtir une tête tout entière. Cuit au four, l’ail devient moins piquant, mais délicieux quand même. L’ail est aussi bon pour la santé. Comment ne pas l’aimer?

THE ‘OTHER’ GARLIC FROM LAUTREC

Originating in central Asia, garlic has been cultivated and eaten for millennia. The garlic lovers amongst you who know the Tarn will surely know the village of Lautrec and its tasty, legendary pink garlic. To find out more : https://www.ailrosedelautrec.com/ail-rose-lautrec-label-rouge-indicatio-geogra_2.php

I’m very fond of garlic, aren’t you? They say it’s an acquired taste, especially amongst the British. But nowadays, garlic has become very popular in all sorts of cuisines.

I like going to the market to buy it. I always look for plump bulbs, quite heavy in the hand. I press them delicately between my fingers to see how firm the cloves are. I’m fussy and I choose carefully.

To peel it, I put the cloves in a jar and shake it vigorously. This is how to get the skin to come off easily.

Raw garlic is a bit too strong for me. I don’t really like it, but cooked, it’s quite different. I often cut garlic into slivers to add to a stew, a marinade or a sauce. I also like to roast a whole head. Cooked in the oven, garlic becomes less piquant, but still delicious. Garlic is also good for your health. What’s not to like?


NOUVELLES DES CAFÉS

octobre 15, 2018

Vous aimez les cafés français? Naturellement! Les cafés font partie intégrante du style de vie français. Quoi de mieux que de s’asseoir sur la terrasse d’un café, prendre un verre ou un café et s’accorder un bon temps. On s’échappe du “métro-boulot-dodo” et peut-être on refait le monde.

Les cafés-vélo sont actuellement très tendance en France, comme le Café Vélo à Grenoble ou le Café Musette à Bordeaux. Dans une ambiance décontractée, on peut y déguster du bon café, la restauration est souvent bio et végétarienne et on peut faire réparer son vélo en même temps.

L’association Colibri 51 organise “un café des bonnes nouvelles” au café végane La Végé Table à Reims. Là on discute des initiatives positives dans la ville comme des jardins partagés, un atelier de réparation solidaire ou une épicerie participative.

Entretemps, des “cofyshops” à Paris qui commercialisaient des produits à base de cannabinol ont été fermés par le gouvernement.

Dans la capitale, une association de propriétaires de cafés et bistrots parisiens veut inscrire leurs cafés, ces lieux de liberté et de débat, au patrimoine culturel de l’UNESCO. À suivre …

CAFÉ NEWS

Do you like French cafés? Of course you do! Cafés are part and parcel of the French lifestyle. What better than to sit down outside a café, have a drink or a coffee and watch the world go by. You get away from the daily grind and maybe set the world to rights.

Bike cafés are currently very trendy in France, like the Café Vélo in Grenoble or the Café Musette in Bordeaux. In a relaxed atmosphere you can enjoy a good coffee, the menu is often organic and vegetarian and you can get your bike repaired at the same time.

The Colibri 51 group organises a “good news café” at the vegan café La Végé Table in Reims. Customers discuss positive initiatives in the town such as shared gardens, a community repair workshop and a community grocery store.

Meanwhile, “cofyshops” in Paris which were selling cannabinol based products have been closed down by the government.

In the capital, a group of café and bistrot owners want to get their cafés, these places of freedom and debate, on to UNESCO’s intangible cultural heritage list. Watch this space …


LES MADELEINES

octobre 8, 2018

Une madeleine est une spécialité pâtissière traditionnelle Lorraine en forme de coquillage, ronde ou allongée, qui est originaire de la ville de Commercy.

La légende raconte que, le duc de Lorraine, n’ayant pas le moindre gâteau à proposer à ses invités, a baptisé ces gâteaux en hommage à Madeleine Paulmier, la jeune cuisinière qui les a cuisinés au dernier moment pour sauver le duc de l’embarras. Selon d’autres sources, le gâteau remonterait à l’origine du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle: une jeune fille nommée Madeleine en aurait cuisinés, moulés dans des coquilles Saint-Jacques.

Laissons l’origine deu mot de côté, si vous êtes amateur de Proust, vous savez que c’est un petit gâteau qui a déclenché des réminiscences d’enfance chez le narrateur du roman Du côté de chez Swann.

Je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j’avais laissé s’amollir un morceau de madeleine’ est une des phrases les plus connues de la littérature française.

C’est quand même décevant de découvrir que les brouillons du roman révèlent qu’à l’origine c’était une tranche de pain grillé qui a été trempée dans le thé !

Quelle est votre pâtisserie française préférée ? Les palmiers, les profiteroles, les mille feuilles, les puits d’amour …

MADELEINES

A madeleine is a traditional speciality cake from the Lorraine in the shape of a rounded or elongated shell, which originally came from the town of Commercy.

According to legend, the duke of Lorraine, who was completely out of cakes to offer to his guests, named these cakes in honour of Madeleine Paulmier, the young cook who made them at the last minute to save the duke from embarrassment. According to other sources, the cake dates back to the Saint-Jacques de Compostelle pilgrimage : a young girl called Madeleine is said to have cooked them in ‘coquille Saint-Jacques’ moulds.

Leaving the origins of the word aside, if you’re a lover of Proust, you know that it’s a little cake which triggered memories of childhood in the narrator of the novel ‘Du côté de chez Swann’.

I brought to my lips a spoonful of tea in which I had dunked a piece of madeleine’ is one of the most famous phrases in French literature.

Still, it’s disappointing to find out that early drafts of the novel showed that originally it was a piece of toast which was dunked in the tea !

What’s your favourite French pastry or cake ? Palmiers, profiteroles, mille feuilles, puits d’amour …


CRISE SUR L’ÎLE DE BEAUTÉ

octobre 1, 2018

Ça y est alors. L’île de beauté, autrement dit la Corse, se trouve à court de centres d’enfouissement des déchets. Elle va donc “exporter” une partie de ses déchets sur le continent.

Les sites actuels arrivent à saturation. Selon le journal Le Parisien, c’est “une bombe à retardement écologique, économique et politique”.

L’île produit chaque année 170 000 tonnes de rebut. On demande la construction d’un incinérateur, projet enterré il y a huit ans. Entretemps, dans l’absence d’une amélioration du tri sélectif (26%, bien inférieur à la moyenne française de 46%), c’est le continent qui doit absorber cet excès.

Les destinataires heureux de cet excédent seront, entre autres, une petite commune de la Vienne où les déchets seront enfouis et Perpignan ou Toulouse où ils seront incinérés.

Les générations successives n’ont pas fait attention aux avertissements innombrables des dernières décennies. Italo Calvino a beau écrit sa description alarmante de Leonia dans Les villes invisibles (1972). Les montagnes désolées de détritus dans Bladerunner (1982) de Ridley Scott n’ont pas fait impression non plus.

La Corse n’est pas seule à rencontrer ce problème qui sera sans doute pratiquement universel d’ici quelques années.

CRISIS ON THE BEAUTIFUL ISLAND

That’s it then. The ‘beautiful island’, otherwise known as Corsica, has run out of landfill sites. So it’s going to ‘export’ some of its rubbish to the mainland.

Current sites are completely full. According to ‘Le Parisien’ newspaper, this is an environmental, economic and political time bomb.

The island produces 170 000 tonnes of scrap annually. There are calls for an incinerator to be built, a project which was buried eight years ago. Meanwhile, in the absence of an improvement in recycling rates (26%, well below the French average of 46%), it’s the mainland which has to absorb the excess.

The lucky recipients of this surplus will be, amongst others, a small commune in Vienne where the rubbish will be put into landfill and Perpignan and Toulouse where it will be incinerated.

Successive generations have not heeded the countless warnings of the last decades. In vain Italo Calvino wrote his alarming description of Leonia in ‘Invisible Cities’ (1972). The desolate mountains of rubbish in Ridley Scott’s ‘Bladerunner’ (1982) made no impression either.

Corsica is not alone in encountering this problem which will doubtless be pretty much universal within a few years.