ÇA VA, MANU?

juin 25, 2018

Ça va?” C’est une des premières questions que les débutants en français apprennent à prononcer, avec sa réponse identique (à part l’accent tonique): “Ça va”. Mais cette petite phrase anodine, en association avec un surnom trop familier, a fait polémique la semaine dernière.

Lors de la commémoration des 78 ans de l’Appel du 18 juin (l’appel lancé en 1940 depuis Londres par le Général de Gaulle pour exhorter les Français à la résistance de l’occupation allemande), Emmanuel Macron prenait un bain de foule lorsqu’un ado lui a demandé “Ça va, Manu?”

Monsieur Macron ne l’a pas apprécié et l’a fait savoir. “Tu m’appelles Monsieur le Président ou Monsieur” a-t-il répondu. (À noter l’emploi du tutoiement). Le jeune homme s’est excusé mais le Président en a fait tout un fromage en essayant de lui donner une leçon de morale. A-t-il bien agi en réagissant comme ça ou aurait-il dû l’ignorer?

Selon l’opinion générale, le collégien ne veut plus en parler, craignant que ça lui porte préjudice au lycée. Certains pensent que la diffusion de cet échange sur le site web de l’Élysée constitue du cyber harcèlement.

On cherche en vain un équivalent anglais. “Alright, Queenie?” ou “Wotcha, Tess”. Peut-être avez-vous d’autres suggestions?

Regardez la vidéo https://www.youtube.com/watch?v=3vYB8LKqFnI

ALRIGHT, MANU?

Ça va?” It’s one of the first questions that beginners learn to say in French, with its identical reply (apart from the stress): “Ça va?” But this innocuous little phrase, together with an over-familiar nickname, caused controversy last week.

At the commemoration of the 78th anniversary of the 18th June appeal (General de Gaulle’s radio appeal from London in 1940 to exhort the French to resist the German occupation), Emmanuel Macron was mingling with the crowd when a teenager asked him “Ça va, Manu?”

Mr Macron didn’t like it and let it be known. “You call me Mister President or Sir” he replied. (Note the use of ‘tu’). The young man apologised but the president made a big thing of it by trying to give him a moral sermon. Did he do the right thing reacting like this or should he have ignored him?

By all accounts, the schoolboy doesn’t want to talk about it any more, fearful of problems at school. Some people think that playing the video of this exchange on the Élysée website constitutes cyber bullying.

You try in vain to come up with an English equivalent. “Wotcha, Tess” or “Alright, Queenie?” Perhaps you have some other suggestions?

Watch the video https://www.youtube.com/watch?v=3vYB8LKqFnI

Publicités

L’ÉPREUVE REINE

juin 18, 2018

Aujourd’hui, pendant quatre heures de 8h à midi, 750 000 candidats au bac vont plancher sur l’épreuve philosophie, une épreuve discutée et redoutée et presque inconnue des ados anglais.

L’étude de la philo, comme on appelle communément la philosophie, est obligatoire pour les lycéens français. Et ça depuis 1808 à l’instigation de Napoléon. Le programme est fondé sur des notions. Dans les autres pays européens, où la philo est souvent optionnelle et repose sur l’histoire des idées, seul l’enseignement portugais est proche de ça.

Les profs disent souvent qu’en terminale, on n’apprend pas la philosophie, mais à philosopher. L’examen suscite beaucoup de commentaires dans les médias: les sujets sont publiés ainsi que des réponses fournies par des experts.

Parmi les sujets probables: :la société, le bonheur, la conscience et l’État et les étudiants sont encouragés à illustrer leurs copies avec l’actualité. On espère ainsi que la philo ne se trouve pas seulement dans les salles de cours et les livres et qu’on va continuer à philosopher toute sa vie.

Lecture complémentaire: https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2017/06/12/nous-revoila-cest-la-saison-du-bac/

THE QUEEN OF EXAMS

Today, for four hours from 8 o’clock until midday, 750 000 baccalauréat candidates will sit the philosophy exam, a controversial and dreaded test virtually unknown to English teenagers.

The study of ‘philo’, as philosophy is commonly known, is compulsory for French secondary school pupils. This has been the case since 1808 at Napoleon’s instigation. The syllabus is based on ideas. In other European countries, where philosophy is often optional and concentrates on the history of ideas, only Portuguese teaching is similar.

Teachers often say that in the sixth form, you don’t learn philosophy, but how to philosophise. The exam causes a lot of media comment: the questions are published as well as replies provided by experts.

Amongst the probable subjects: society, happiness, conscience and the State and students are encouraged to illustrate their papers with current events. So it’s hoped that philosophy won’t only be found in classrooms and books and that people will continue to philosophize all their lives.

Further reading: https://saliannefrenchfocus.wordpress.com/2017/06/12/nous-revoila-cest-la-saison-du-bac/


LE PORT DE L’UNIFORME À L’ÉCOLE ÉLÉMENTAIRE

juin 11, 2018

Maman, qu’est-ce que je dois mettre aujourd’hui?”

À Provins en Seine-et-Marne, cette demande des enfants d’écoles élémentaires sera chose du passé à partir de la Toussaint. Après concertation avec les parents d’élèves, le maire de Provins, Olivier Levenka, a annoncé que, à partir du mois de novembre, les écoliers doivent porter un uniforme.

62% des parents ont approuvé la proposition, une majorité d’accord, mais loin d’être retentissante. Quatre polos, deux pulls bleu ciel, une veste marine, deux pantalons, un bermuda ou une jupe. C’est ce qui attend les enfants, qui, eux non plus, ne sont pas tous d’accord. Voici l’opinion d’une enfant au micro de Franceinfo:

C’est nul, c’est comme si on remontait en arrière. On est en 2018, on n’est pas en 1900 je sais pas combien”.

Certains parents refusent de mettre la main au portefeuille, même si le prix de l’uniforme ne remonte qu’à 145 euros. Mais le maire a expliqué que, dès le deuxième enfant, la ville prendra à sa charge 50% du coût et pour ceux qui en ont vraiment besoin, on propose un fractionnement du paiement en 3, 6, ou 10 fois. Pour lui, la gratuité de l’école publique n’est pas en question. L’égalité des élèves et la discipline sont plus importantes.

Pour les Anglais, habitués aux uniformes scolaires, ça pourrait sembler une tempête dans un verre d’eau, mais pour les parents de Provins, c’est le début d’un débat qui a de beaux jours devant lui.

WEARING UNIFORM AT PRIMARY SCHOOL

Mum, what am I supposed to wear today?”

In Provins in Seine-et-Marne, this question from primary school children will be a thing of the past after All Saints Day. Following consultation with pupils’ parents, the mayor of Provins, Olivier Levenka, has announced that, from November, schoolchildren must wear a uniform.

62% of parents agreed with the proposal, OK it’s a majority, but not exactly resounding. Four polo shirts, two sky blue pullovers, a navy jacket, two pairs of trousers, shorts or a skirt. This is what awaits children who are also not all in agreement. Here’s the opinion of one child interviewed by Franceinfo:

It’s useless, it’s as if we’re going back in time. This is 2018, we’re not in nineteen hundred and whatever”.

Some parents are refusing to put their hands in their pockets, even though the cost of the uniform is only 145 euros. But the mayor has explained that, for a second child, the town will subsidise 50% of the cost and for people who really need help, 3,6 or 10 staged payments are proposed. For him, school being free is not in question. The equality of students and discipline are more important.

For the English, who are used to school uniforms, this might seem like a storm in a teacup, but for the parents of Provins, it’s the start of a debate which will run and run.


TOUJOURS À L’AFFICHE À PARIS

juin 4, 2018

Deux pièces d’Eugène Ionesco, La Cantatrice Chauve et La Leçon, jouent sans interruption depuis février 1957 au Théâtre de la Huchette dans le Quartier Latin de Paris.

À Londres les amateurs du théâtre ont pu voir l’histoire policière The Mousetrap d’Agatha Christie depuis encore plus longtemps, depuis 1952 en fait. Par contre, les spectateurs Parisiens – qui comptent presque 2 millions au même théâtre ont un double programme plutôt avant-garde et absurdiste mais qui est devenu un classique.

Dans La Leçon, une jeune bachelière en sciences et en lettres qui prévoit de préparer un ‘Doctorat Total’ se présente à l’appartement d’un professeur afin de prendre des cours particuliers.

Dans La Cantactrice Chauve, un couple qui n’a plus rien à se dire après vingt ans de mariage passe la soirée avec un autre qui ne se reconnaît plus. Beaucoup des premiers spectateurs ont quitté la salle en plein milieu de la représentation, en disant ‘De qui se moque-t-on?’

Mais, plus d’un demi-siècle plus tard, ce petit théâtre d’une centaine de places fait toujours salle comble. Pas mal, quand même.

Pour connaître un peu l’histoire du Théâtre de la Huchette: http://www.theatre-huchette.com

STILL ON IN PARIS

Two Eugène Ionesco plays, ‘The Bald Opera Singer’ and ‘The Lesson’, have been playing non-stop since February 1957 at the Huchette Theatre in the Paris Latin Quarter.

In London, theatre-goers have been able to see Agatha Christie’s murder mystery ‘The Mousetrap’ for even longer, actually since 1952. On the other hand, Paris audiences – now totalling nearly two million at the same theatre – have a more avant-garde absurdist double bill which has become a classic.

In ‘The Lesson’, a young science and arts student who plans to prepare a doctorate of everything arrives at a professor’s flat for private lessons.

In ‘The Bald Opera Singer’, a couple who have nothing left to say to each other after twenty years of marriage spends the evening with another couple who no longer recognise each other. Many early audiences left the theatre in the middle of the play, saying ‘Who are they making fun of?’

But, more than half a century later, this little hundred-seater theatre is still playing to a full house. Not bad, all the same.

To find out a bit of the history of the Théâtre de la Huchette: http://www.theatre-huchette.com